Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Elle est là ! Tout simplement là ! Elle ne dit rien, et même le silence qui l'embaume réchauffe sa présence ! Sa lente respiration creuse les formes au bas de son cou pour animer l'emprunte de ses fines clavicules. Ses yeux, fermés comme des voiles sur...
Le chauffeur de bus regarde dans le rétroviseur central et ne s'étonne de rien. Les enfants ramassés pour l'école et tout au fond du véhicule paraissent calmes. Pourtant, à jeter encore un coup d'œil, quelque chose le surprend maintenant. Tous les regards...
C'était un maître queue de la belle époque, portant, fier, sa blanche toque, mais parfois secoué par de vilains tics. Au piano de sa cuisine, il faisait merveille et se jouait des difficultés à préparer plusieurs plats simultanément. Un autre piano, droit...
Depuis six mois, je ne vois plus mon visage et je sens bien que j'ai perdu un œ il tant le bandage est mou sous la pression de mon doigt. L'hôpital spécialisé dans le traitement de la face et des mains, me laisse une enveloppe malodorante et permanente...
Je ne sais si vous voyez la grange, tout près, en contre bas, dans laquelle on a rentré le foin depuis peu. Les grandes portes grises aux bois disjoints restent toujours ouvertes à cause de la rouille qui a soudé les gonds. La charette, sur ses énormes...
Dans quel art fuit, le soir, la main qui bat le temps. Sur la peau réchauffée, là, fa lourd qu'un pied tend ? Vers où s'en va ce noir dont le chant crie son mal Et dit à tous la joie qu'on prend ce soir au bal ? Un tel jeu de blues lent au gré des si,...
Qui es-tu jeune femme pour nous aimer au plus profond ? Qui sommes-nous, toi et moi pour te savoir tout au dedans ? Par quel fil nous reliant sommes-nous tirés en silence ? Par quel regard nous voyons-nous même à distance ? T'aimer et te le dire dans...
J'ai gardé le silence comme une braise ultime qui réveillerait le feu, mais tu n'étais pas là ! J'ai mijoté l'élan qui ne devait pas s'enflammer comme si je faisais les cent pas dans l'attente d'un possible, mais il n'est pas arrivé ! Je me suis peint,...
Septembre 2009 L’occupation majeure de ce peuple est de survivre. L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans. Effervescence autour d’un feu, rond point Zino Francescatti, devant le Parc du XXVI° centenaire de Marseille. Trois jeunes...
Septembre 2009 L’occupation majeure de ce peuple est de survivre. L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans. La rumeur court qu’un train entier de bouteilles d’eau minérale vient d’arriver en gare d’Arenc. Il est vingt heures, le...
Septembre 2009 L’occupation majeure de ce peuple est de survivre. L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans. Depuis un mois, Yanis et Sonia ne sont pas rentrés à Marseille. Leur séjour se prolonge à Cuges-Les-Pins, chez les parents,...
- Salut ! J'ai reçu le petit livret hier ! Il nous permet de commencer le boulot ! Mais si le scénario me paraît facile à retenir, les notes écrites dans la marge le sont moins ! - Fais voir ! Me dit Cécile en piétinant. - Tiens, là, regarde. "Henri et...
Août 2009 L’occupation majeure de ce peuple est de survivre. L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans. Maryse va accoucher. La plus proche des cliniques est à dix minutes à pieds. Moussa, décide de s’y rendre pour attirer l’attention...
Août 2009 L’occupation majeure de ce peuple est de survivre. L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans. Rue d’Italie déserte ! Boulevard Salvatore bloqué ! La préfecture barricadée ! Les chars Marta-Drasaud armés sur la Place Castellane...
La machine infernale est en marche. L'énorme déferlante ne s'arrêtera pas, sauf si ... La soit-disant crise a bon dos. L'opportunité est trop belle et trop évidente pour modifier toutes les règles de régulation du travail, pour supprimer tous les acquis...
L’occupation majeure de ce peuple est de survivre. L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans. Marseille ne veut pas plier. Le maire s’est retiré à Aix, craignant qu’il ne soit reclus dans sa mairie, au milieu de tous « ces terroristes...
Août 2009 L’occupation majeure de ce peuple est de survivre. L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans. Les chars Leclerc sont entrés par la Pomme. Dans moins de dix minutes, ils descendront la Rue de Rome, jusqu’à la préfecture....
Maya sort du lycée à dix huit heure accompagnée de quelques copains et les abandonne à la Brasserie de la Butte sous le prétexte d’une petite fatigue. Elle grimpe très vite les sept étages raides qui la mènent jusqu’à sa chambre de bonne tout au fond...
Cher univers, Dans ma brasse et ma conviction contre la charge des flots, il se passe quelque chose. La Grande Bleue se donne toute entière à mes caprices, et, tumultueuse à souhaits encourage les forces que je mobilise jusqu’à leur limite sans craindre...
Très tôt, l'éducation nationale prive l'enfant de ses capacités créatrices en muselant sa curiosité. Très tôt, l'éducation nationale empêche les jeunes d'aimer et de s'aimer, ce qui motive au dépassement de soi. Très tôt, l'éducation nationale prône la...
Bonheur et prospérité nourrissent ses parents d’espoir et de joie, les renforcent dans leurs convictions et leur donnent l’assurance du bien fondé de leurs choix, tant sur le plan religieux que sur le plan éducatif dont les méthodes sont déjà éprouvées...
Toi qui laisses les ouvriers bâtir ta prison Toi qui restes assis pourtant, hébété, passif, Devant le travail de tous ceux qui t'ensevelissent, Pose dans un pan de mur factice, une porte dérobée Dont tu auras seul préservé le secret, et, un jour, un jour,...
La fleur est flétrie. Souffle, et volent les pétales. Toute sa pudeur ! L'arbre est dégarni. Vents, faites tomber ses feuilles. Froids et nudité. L'homme aura vieilli. Les cieux otent sa superbe. Nu et si pudique. Les mots toutes fleurs Dessous l'arbre...
- Eh ! Le vieux ! Tu t'es encore fait engueuler ! Sinon, personne ne te verrait dans les parages ! Pourtant vous êtes touchants tous les deux, chacun sa canne et un bon pas sous le soleil du matin. - Bof ! Hier, on est allé au cinéma. On a vu Sex and...
Il a intercepté ma pizza, cette tête d’enflure fascisante. L’autre calbassé de bistrotier me l’avait envoyée, chauffée à blanc. Elle n’est pas arrivée jusqu’à moi. Il avait tellement faim, le merlan, qu’il se serait bouffé le melon si j’avais laissé pisser....