Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Patrice Crucy 11/2009
Du haut de ma falaise
Je te respire et je te souffle
Je t’espère et te redoute
Je veux savoir enfin…
Que sais-tu des milliers d’êtres silencieux
Et des étoiles sereines vivant dans tes fonds
Que t’inspire le ciel,
Toi qui t’élance vers lui
Frôlant les ailes des migrants
Que cherches-tu à terre
Abreuvant sable et galets
De ton écume généreuse
Sais-tu combien les hommes et les bateaux
Sont ivres de ton étoffe langoureuse
Qui habille voluptueusement
Leurs corps dénudés et leurs coques dures
Ô Déesse des nuées marines
Dénude-toi, fais-moi goûter jusqu’à la lie
L’écume suave de tes flots mystérieux
Le sel de tes ardentes lames dangereuses
Ô ma divine des mers, princesse des récifs
Toi qui m’aspire dans tes abysses
Je voudrais voguer sur tes ondes lascives
Au large des atolls, des lagunes et lagons
Me baigner de toi, Ô sirène danseuse
Toutes les fois que mon corps
Depuis cette falaise
Tente de s’y noyer