Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Lien vers le blog d'Anne Vidal 2009
Feuillets d'automne
Quand la rentrée des classes a sonné,
Que les premières pluies sont tombées,
Au vent léger de l'automne,
Glissent les feuilles en couronne,
Virevoltant en tombant sur l'auvent
Des maisons de nos grands-parents.
Que reste-t-il alors de l'été,
De nos jeux, de nos rires, de nos secrets?
Un petit goût de regret demeurant
A l'abri du regard de nos parents,
L'ardeur de nos élans encore vifs,
La chaleur intérieure de nos coeurs actifs
Et puisant encore la vigueur de la nature,
Vibrant, dansant en valses pures,
Coeurs chatoyants de couleurs rousses et brunes
De l'automne le soir au clair de lune.
Nous courons encore dans les flaques d'eau,
Dans les campagnes, les chemins, tard ou tôt,
Nous goûtons, nous humons le vent léger,
Et les grappes de raisins chaudes et sucrées.
Le soir, au coin de la cheminée, nous réchauffons
Nos doigts mouillés et nos cheveux blonds;
Puis, épuisés, nous nous jetons dans nos draps,
Et nous rêvons de dragons et de chats.