Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Poème de Fernando Pessoa dans "Je ne suis personne" édité chez Christian Bourgois
Elle s'éclaircit de gris, la nuit pluvieuse,
Car le jour est arrivé,
Et le jour ressemble à un habit de veuve
Aux couleurs déjà passées.
Encore sans lumière, sinon la clarté de l'obscur,
Le ciel pleut ici,
Et c'est encore un ailleurs, encore un mur
De lui-même absent.
Je ne sais quelle tâche m'attend aujourd'hui,
Mais je la sais inutile déjà...
Et je fixe de loin mon âme déjà froide
De ce que je ne ferai pas.