Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
CLAUDE ROMASHOV
Sur son chapeau, il y avait des fleurs
Des antennes désorientées
Et des capteurs de vie.
Quand passaient les dames
L’homme galant
Soulevait son chapeau.
Elles reculaient horrifiées
Quand elles découvraient
Dans l’intimité du crâne béant
Le bouillon d’inculture
De son cerveau.
Je n’ai pas eu le temps
De sécher mes idées sur le fil
Disait-il aux abeilles effarouchées
Qui s’enfuyaient à tire d’aile.
Alors confus,
Il recouvrait sa tête.
Les antennes affolées
Vibraient de sons
Diatoniques dans les oreilles.
Les capteurs
Remplissaient leur mission
De souffleurs de vie.
C’est ainsi que l’homme étrange
Put compléter les synapses
De son cerveau.
Si jamais vous croisez un homme à chapeau…