Je caresse le coussin de velours rouge qu'elle tient sur son ventre et le rouge semble avoir un effet sur elle sans que nous puissions en deviner les conséquences. Son parfum
me fait rêver et nos mains se rejoignent sur un coin de velours. Une sensation de chaleur, de quiétude nous entoure. Ses bas soyeux glissent vers ses chevilles, une main, comme un petit reptile
aura glissé sur sa peau rafraîchie, la mienne sûrement. Son accord tacite me surprend.
Des ondulations simultanées attisent nos feux dans une sereine confiance, en progression lente. Je lui parle en chuchotements. "Comme ta peau est douce !"
La pointe de ses seins s'érige sous le léger coton de son chemisier au moment ou je penche la tête vers son cou qui s'allonge sous mes baisers. Je respire intensément quand la
jeune femme accélère le mouvement de ses doigts dans mes cheveux. Sur mon dos, ses caresses signent les invitations à notre rencontre, à notre ivresse, à notre offre. Je déboutonne son
chemisier en ayant soin de saisir l'acquiescement discret que libère son souffle embaumé et le gonflement de sa poitrine. Le coussin descend sur son bassin. Mes lèvres piétinent sur ses courbes
envoûtantes et sautillent depuis le lobe de ses oreilles jusqu'aux mamelons dressés comme les sentinelles du jardin des trésors, du chemin des promesses.
Humides de cette moiteur de l'amour, surprenante réaction qui marque l'ardeur d'une forte pression dans mes membres inférieurs, mes mains découvrent ses hanches. Mes bras font
glisser le coussin. Je me mets à genoux pour reculer l'instant de ses investigations, pour augmenter ses désirs, pour les entendre et prendre la mesure de leur profondeur. Enveloppantes,
entreprenantes, réchauffantes, mes mains accompagnent ses mouvements de sirène dans les ondes amples comme au fond d'un bleu outremer. Sa peau frissonne sous mes baisers. Ses doigts se dispersent
sur ma nuque et les miens sur le bas de son ventre. Son buste se cambre et ses jambes se relâchent, invitant à l'extase dans le dessin d'une rencontre imminente. Ses longs cheveux flottent au
delà des limites du sofa, son torse épouse les courbes de l'accoudoir, toutes les touches irrisent le velouté de sa peau. Son visage abandonne un sourir de béatitude.
Je chuchote : "Enlace moi. Serre moi fort contre tes seins. Laisse tes jambes à l'ouverture de tes lèvres."
Mes doigts se font insectes ou papillons qui butinent le miel de la fleur, légèrement, jusqu'à ce qu'elle s'épanouisse. Nos respirations se soutiennent de ce désir que nous
sentons avancer sur la pointe des pieds. Mon érection souffle le chaud sur ses vapeurs iodées. Ses mains délicates m'entraînent vers le plus secret de son corps et nos murmures retenus deviennent
comme des petites plaintes saccadées qui rythment la synchronisation de nos corps.
Nous sommes enlacés à rouler sur la moquette et ses reins retrouvent le velours du coussin qui ajoute à cette cambrure sublime la force rouge de son abandon.
La belle s'épanouit sous les mouvements appuyés de mes reins, les yeux perdus dans un ciel mystérieux. Nos membres s'embrasent et se consument dans l'étreinte de toutes les
amplitudes.
Envolée, noyade, jaillissement de l'inspiration et du souffle rauque de l'extase. Ses bras me serrent encore. Son étreinte me bouleverse. Ses ongles me lacèrent. Même Eros
s'étonnerait de notre frénésie soutenue, s'arrêterait pour nous encourager.
J'ai cru entendre ma compagne : "encore, encore !" Mais je doute de moi et me persuade : "encore, encore !" et je tombe à la renverse, exténué, cherchant ma respiration entre
deux spasmes de bonheur.
Les peaux semblent dialoguer dans la chaleur et les soubresauts. Entre ses seins, son coeur bat comme un tambour joyeux. Ses lèvres tremblent sous le bout de mes doigts
aimantés. L'effleurement l'envahit. L'amour serre encore ses cuisses sur mes chairs émues.
Elle se relâche maintenant sur mon corps et j'aime à sentir l'odeur de son amour. Nos jambes se remercient dans un entrelacs dansé. Ses baisers hérissent mes poils et son
doux regard me dit les "je t'aime" que nous ne disons pas.
Je garde tout, même le coussin rouge. Oui ! Je garde tout !