Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Le grand plaisir de la rencontre avec les dessinatrices et les dessinateurs tient en ceci : ils ne se prennent pas pour dieux et leur regard, bien que très affûté, trahit leur bienveillance envers l'être de chair qu'il rencontre.
Oh, bien sûr, ils savent reconnaître les cons, mais ils leurs sont reconnaissants parfois pour les idées ou les images qu'ils leurs ont inspirées. Dans la sphère des accros à l'image médiatique, ils ne sont jamais privés d'inspiration.
Ils ont conscience de jouer le rôle de bouffon, et ne peuvent que difficilement comprendre que la cour n'ait pas besoin d'eux. Le monde médiatique, la télé, la presse écrite, sauf rares exceptions, se prennent tellement au sérieux qu'il ne saurait être question d'une remise en cause de leurs faits et gestes. Aussi, les caricaturistes sont de vrais résistants, vivant chichement, obligés de quémander auprès de quelques journaux une hypothétique parution de leur croquis. Ils s'organisent en collectif pour se soutenir les uns les autres afin de promouvoir leurs carnets ou expositions et leur souhait le plus vif reste celui de dessiner pour la bonne cause. Ils succèdent en cela aux illustres prédécesseurs qui se sont saisis bien avant eux du second degré pour se gausser des élites, ou de ceux qui se prennent comme tels.
La caricature n'est pas seulement le trait de crayon, c'est aussi le trait d'humour, c'est aussi la mise en scène des situations, c'est aussi l'art de la marionnette comme le Guignol.
Molière ne se privait pas de caricaturer la cour dans "Les femmes savantes" ou "Les précieuses ridicules", "Le médecin malgré lui" ou le malade imaginaire", "Don Juan" ou "Tartuffe"... Les titres seuls en disent long sur ses intentions.
La Fontaine bien sûr qui fit parler les animaux pour mieux ridiculiser les hommes.
Une superbe exposition sur les dessins d'illustrations de la guerre 14-14 nous donne à réfléchir sur le précieux rôle des dessinateurs. Et de telles archives sont rarement exposées.
A l'Estaque, on aurait dit que tout le village s'était rassemblé pour cet événement. Et les exposants, les caricaturistes qui nous ont offert de dessiner pour nous, qui ont fait souvent de longs voyages pour s'approcher ainsi de ce beau rivage, n'ont pas eu à se payer en plus une chambre d'hôtel. (D'ailleurs, ils ne l'auraient pas trouvée dans le 15-16)
Non, ils ont été hébergés chez l'habitant, grâce au travail d'une coopérative trop peu connue qui s'appelle "Hôtel du Nord" et dont le propos est de redonner de belles couleurs aux quartiers Nord de Marseille, en proposant des accueils chez les particuliers.
On souhaite que la prochaine édition du Festival attire encore plus de visiteurs.
Allez soutenir les artistes en cherchant le site de Feco-France et trouver leur journal en ligne : Fécocorico.