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Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.

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L’occupation 50 : La guerre médiatique

  Septembre 2009

 

L’occupation majeure de ce peuple est de survivre.

L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans.

 

 

Un territoire occupé ne pose problème, dit-on, qu’à ses habitants, occupés, ceux dont les interdictions de multiplient sans cesse afin qu’ils comprennent qu’ils n’ont plus le droit de vivre sur leur propre terre, dans leurs propres biens.

 Mais la situation pose beaucoup de problèmes aux occupants. Certes ils ne sont pas du même ordre, néanmoins, le problème majeur de l’occupant tient au fait que le maintient de la situation lui coûte très cher, de plus en plus cher. Il arrive un point délicat où l’occupant fait face à un dilemme, c’est quand il n’y a plus rien à piller chez l’occupé, c’est au moment où l’occupé est tellement privé de tout qu’il n’a plus les forces pour travailler, quand l’occupé n’existe plus sauf dans les camps de réfugiés ou dans les pays où il s’est fait accueillir. Ce moment de l’histoire est celui où l’occupant ne peut que constater son échec et découvrir qu’il est impossible d’effacer toute trace de vie au point que la mémoire même serait anéantie.

L’occupant sait alors qu’il aura des comptes à rendre à la communauté des hommes, il sait que ses efforts pour maquiller la vérité auront été vains. Il sait que ses amis d’hier seront devenus ses ennemis d’aujourd’hui. Il sait que son œuvre de destruction, même vouée à l’échec doit se poursuivre parce qu’il s’est engagé sur une voie sans retour. La marche arrière n’est plus possible et, dans les années prochaines, quand des survivants prendront la parole, il devra se cacher ou mourir. La condamnation anticipée le condamne à poursuivre ses exactions. Ayant passé une certaine avancée sur le chemin de la honte, il ne peut plus reculer. Quand l’occupant se défait, les générations nouvelles ne comprennent plus l’histoire et subissent les haines rétrospectives, sans possibilité d’y échapper.

 

La bande de Paca ne sera jamais anéantie, quand bien même trois cent mille morts joncheraient ses rues et boulevards.  De nombreux résistants vivent cachés dans les territoires libres. Beaucoup sont réfugiés dans des camps de fortune où les cœurs, sans rancune, ont appris à vivre de peu, et à tisser des liens de solidarité qu’aucune arme ne peut faire exploser. Même à Oslo, même à Stockholm, même à Moscou, même à Montréal, des sympathisants soutiennent les réfugiés de la bande de Paca. L’armée d’occupation ne sera jamais libérée du poids de ses actes et les pouvoirs financiers qui ont organisé l’oligarchie européenne ou mondiale seront déchus et traînés devant la justice internationale.

 

Tous les empires se sont succédé. Il en sera de même de celui-ci.

 

Je parle de mon utopie avec Abdu, mais il me répond quelque chose qui me sidère. « De nos jours, dit-il, l’évolution de l’histoire s’accélère selon une courbe exponentielle. Les moyens mis en œuvre pour conquérir le monde sont tels qu’ils sont inexploitables.

A quoi servirait de conquérir un monde détruit ?

La seule guerre qui ait encore pignon sur rue, c’est la guerre des manipulations médiatiques. Les enjeux sont tellement considérables que les options géopolitiques peuvent se modifier en l’espace de six mois, ou un an. A la moindre erreur, un pays se voit mis au ban de la communauté internationale. C’est la règle. Elle est malheureusement confirmée par une exception dont nous savons qu’il en va de la survie de toute la planète, symbolisée par l’instabilité maintenue dans cette région du monde que nous appelons le proche orient. »

 

Si j’ai bien compris, la guerre froide est terminée, mais la guerre idéologique ne fait que commencer.

 

 

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