Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Si Mistral tourbillonne au jardin, le jeu du feuillage, des peupliers aux chênes, entonne
la valse des bourrasques qui claquent tuiles et persiennes. Abandonnées par les herbes, mélisse et luzerne, menthe et citronnelle, aneth et jasmin, les effluves sautillent en volutes. A l’heure
du goûter, les chats se glissent dans le lierre rampant comme des chasseurs dans une jungle sombre.
Deux noirs ! Lui, imposant, Charlot, elle toute menue, Noiraude ! Selon les vœux de l’enfant ! Deux blancs ! Elle menue, Neige, et son petit, Flocon ! Selon les vœux de l’enfant !
Moi, je sais bien qu’ils courtisent le voisin. Sentir leur présence à plus de cent mètres ne m’est pas difficile. Mais le mistral, très orienté, retient certaines informations. Et cette procession féline me pose question. Comment se donnent-ils rendez-vous, sans même que la cuiller ait fait tinter la gamelle en fonte ? L’odeur du menu n’a pu leur parvenir ! Alors ?
Pour questionner mon maître, j’aboie, en direction des chats.