Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Le discours politique rabaché par les médias ne prète guère à la poésie. Il est certain pourtant qu'une pointe de parfum le rendrait audible.
La créativité qui donne goût à la vie devrait être enseignée dans les grandes écoles afin de transformer toute austérité en juste frugalité et tout emprun toxique en odeur macabre. Si l'impôt se présente comme la douce contribution aux éléments du vivre ensemble, si la taxe sur l'audiovisuel devient cette heureuse participation aux distractions familiales, nous avançons dans un monde poélitique où toute intervention magistrale se veut politésie.
La très prochaine règlementation européenne qui concerne les vieilles automobiles, celle qui défavorisera les plus pauvres encore une fois, n'aura pas la chance de partir en campagne de communication sur d'autres thèmes que celui de la sécurité. Nul n'ignore plus ce que l'autorité peut faire subir au nom de la sécurité !
La poélitique voudrait que le communicant éclairé se lance dans une belle description du parc automobile du futur avec force plaidoirie pour l'économie des vies humaines et le renouvellement des liens sociaux par le transport propre et convivial. Il donnerait goût à l'acquisition facilitée des engins électriques dont les perturbations sonores ne rivalisent qu'avec le doux murmure des colombes et qui respectent le sommeil des tous petits tout autant que la qualité de leur respiration. Il comparerait les nouveautés aux carosses dorés d'antant et préciserait qu'il ne sera plus nécessaire d'être pressé tant le confort changerait les usages.
Nous le voyons déjà, la politésie fait de nos élus les nouveaux créateurs de la vie.
Vivre, c'est créer, et créer c'est faire de la poésie.