Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Les animaux ne s'en soucient guère. Il
passent le nouvel axe sans même avoir conscience de suivre le leur, juste perpendiculaire au premier. La route des temps modernes tout à fait déserte est croisée par la route du temps immuable,
imperturbable, de ce temps du désert, toujours fréquenté. Les grains de sable abandonnés sur le goudron par les vents latéraux laissent présager du passage des dunes sur les traces des chameaux, de
ces dunes qui recouvriront bien vite la chaussée, obligeant à les contourner dans des conditions souvent défavorables pour les véhicules qui n'ont pas quatre roues motrices. Pour les bêtes, ça ne
change rien. Elles semblent perpétuer une vie ancestrale qui croise l'axe étonnant des temps nouveaux.