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Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.

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Val Coucou 2

valcoucou60.jpgChercher  Val Coucou, c'est déjà ce qui peut animer l'impatient, lassé de la braderie dominicale ou déçu de la rangène des vides greniers hebdomadaires. Chercher Val Coucou, c'est penser que des possibles surgissent tout près de chez soi, que d'autres se rencontrent pour vivre et ne courent plus dans la direction que leur indiquent les sorciers du bonheur coûteux, que le peu que l'on choisit vaut mieux que l'opulance imposée.

Trouver Val Coucou, c'est freiner les cadences infernales du quotidien. C'est se freiner à la descente du chemin parce que des figures font la surprise qui jaillissent des herbes hautes et saluent le visiteur de leur stature immobile et pourtant vivante, là même où personne ne s'y attend. C'est freiner la frénésie du consommable. Rien ne s'y consomme sauf la pêche qu'elle donne, l'énergie qu'elle anime, cette oeuvre qui se décline en plus d'une quarantaine de signes insérés dans les arbres. Passée l'émotion, il est possible d'aller vers la contemplation voire la méditation, et Val Coucou ne pourra plus jamais sortir de vos souvenirs. Il s'y passe dans le rien d'une clairière, un tout qui dépasse le prévisible. Les rencontres se sculptent au gré des pas, sages ou fous, les liens se soudent au fer des monuments dont le mouvement donne à réfléchir sur la perte du temps. Ils semblent statiques et pourtant, ce sont eux qui dominent sur le temps.Quand le fer se cache, la pierre se réjouit des caresse du soleil.

 

Prenez votre temps et emplissez-le comme un panier de cueillette, comme une coquille d'eau fraiche, comme une source dont l'énergie se boit au goulot, dans le haut de la Font de Mai. Ce qui sort du goulot, là-haut, c'est le Garlaban, le fils de Poséïdon, et toute l'eau de Manon qui règne sur ses sources.

 

Marcel ne savait pas que du haut de l'escalier qui, dans un champ, monte à la bastide, on pourrait assister à l'éclosion d'un Dieu, de celui qui de son trident perce les écorces pour dominer sur les eaux que se réserve la montagne, à Aubagne.

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