Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
L’occupation majeure de ce peuple est de survivre.
L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans.
Mon fils de douze ans a perdu les yeux !
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A cause des bombes au phosphore blanc !
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Ma fille ainée reste toujours sous les décombres de l’hôpital que nous n’avons pas les moyens de déblayer !
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Mon époux est en prison, soupçonné de vouloir nuire à l’occupant !
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Je n’ai pas de droit de visite. Et quand bien même ! Je n’aurais pas les sous pour faire le voyage !
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Nous sommes tout près de la mer. Mais son accès est interdit !
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Nous n’avons presque pas d’eau, pas de sanitaires, et cette grande toile de tente que nous avons tirée entre les ruines sert à quatre familles de voisins !
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Bientôt l’hiver arrive et nous voudrions recevoir de la laine. Mais les approvisionnements de laine sont interdits !
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Nous voudrions reconstruire, au moins une pièce, mais le ciment est interdit !
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Bientôt, il nous sera interdit de vivre, alors que nous sommes sur nos terres !
Je ne sais pas quoi vous dire.
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Ne dites rien, ça aussi c’est interdit !
Soreya s’appuie contre un pan de mur. L’ombre cache son visage. On ne voit plus que ses mains levées au ciel.
Il ne lui reste que ses mains !
Il n'y aura plus que des mains à clouer sur un bois !