Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Usé de n’être pas,
Usé de n’avoir pas.
Etre endormi de cette usure,
Usé même de cette usure,
Je me suis, suivant que j’étais,
Je me suis. Tout ce que je fais !
Je fais tout suivant que je suis,
Devant, derrière, où je fuis.
Usé de n’être pas,
Usé de n’avoir pas.
Halluciné de l’usurper,
La place qui m’aurait aidé
A être là ce que j’étais,
Sûr du seul fait que je serai.
Je fuis devant ce que je suis,
Derrière aussi ! Reste l’ennui !
Etre pas si usé !
N’avoir pas ! C’est osé !
De tes pensées là tu abuses,
Et la risée, ça, ça m’amuse.
Tu es bien ce qu’avant tu fus.
Et ce ne sera pas refus
De croire que, oui, tu seras,
Là, le plus gentil des papas.