Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Clair de brumes vaporeuses
Où s’étire la longue chenille
Où s’alanguit le nocturne fatigué
Où s’obstine à dormir le calme de l’eau.
Clair de brume élégante
Où s’allonge l’ombre éveillée
Où s’appellent les oiseaux musiciens
Et se mouillent encore les épis tout surpris.
Clair de terre charbonneuse
Où se terrent les rongeurs apeurés
Où se brûlent les serpents rectilignes
Où se meuvent les abeilles survivantes.
Clair de terre en désert
Où le vert a troqué son ocre croûte
Où la mer a mouillé son esquif « Equilibre »
Et le temps suspendu brusquement son battement lent.