Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Où va l’ombre des mots rouges
Quand s’en va le temps sombre du feu ?
Où vont les portes du désir ardent
Quand s’en vont les instants de souvenir ?
A désirer les dire tous nos songes s’évanouissent,
Dans le noir.
Mais, le temps d’une trace, ils ont dit cet endroit
Où se lisent, du dehors, les moments intérieurs.
Où s’égare un futur monnayé dans le présent
Quand s’égare en colère la nature abusée ?
Où s’éteignent les âmes sous les tortures grises
Quand s’éteignent à jamais les vestiges de la vie ?
A désirer les dire tous nos songes s’évanouissent,
Au néant.
Dans le temps d’une messe, ils avaient dit leur effroi
Où s’alliait notre mort aux instances supérieures.