Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Rien ne peut éclairer le cœur plein de remords.
Nul ne peut réveiller le corps de tous les morts.
A pousser violemment la porte de l’intime,
Corps, cœur et langage l’agresseur mésestime.
Sans avoir découvert la sévère frustration
Le petit déjà jouit de toucher l’interdit.
Plus puissant que jamais, au moment en question,
A dire « non, mon fils ! »… « Le manque t’est permis ! »
Est poussé ce désir de transgresser la loi
Mais aussi la pensée qu’il ne le faudrait pas.
Des élans vers ce plus s’inscrit la connaissance
Qu’il n’est pas d’être humain sans un vide d’aisance.
Incomplet de toujours, l’homme acquis aux repères
Cherche à donner un sens aux conseils de son père.
De ce fils reconnu, le statut affirmé
Fait que l’homme est debout, l’interdit exprimé.
A le taire il se meurt, à le dire s’épanouit
Qui se connaît manquant et peut dire ses ennuis
Sans pour autant passer à cette déraison
De nier le réel et plier aux passions.
Ce qui manque souvent, c’est le manque à manquer.
Pour être fier de soi et s’estimer un peu
Il convient qu’au regard se soutienne l’animer
Du petit qui se voit écarté de tels jeux.
Oh ! Mon fils ! Deviens grand ! Intégre cette loi
Qui te pousse vers l’autre loin de ceux de ton toit !
Tu hérites d’une vie pour qu’à ton tour bientôt
Tu fasses don d’un fils au grand monde des mots.