Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Tous les deux magnifiques comme ceux de la boulangère ! Madame Chiffre
De son vrai nom, ne l’ignore pas et les tient haut pour le confort du son client qui souffre.
Tout habile qu’il soit de ses mains, l’artisan trouve dur de les classer en tableaux
Et de devoir sans cesse à chacune de ses visites les regarder sur le bureau
Creuser ce vide en trésorerie comme un trésor au fond du gouffre.
Chacun d’eux mis en perspective laisse paraître un trou que l’on dit beau
D’un an à l’autre à trop pencher dans la balance on a vite chaud
Tant et si bien qu’il a fallu qu’on s’y engouffre
Tous les deux magnifiques.
La boulangère, en tout honneur, les tient serrés comme des fifres
Tout alignés en râtelier. Les posséder sans brin d’oseille sent fort le soufre
Pour qui s’avance avec fierté comme au désert le grand chameau.
Mais de les voir donne l’espoir et dans l’espoir le mâle en peau
Trouve réconfort de bien aimer frissons et chiffres,
Tous les deux magnifiques.