Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Un chien tout excité flairait ne sais quelle trace,
Montrait tout son émoi, queue haute et museau bas.
Que nous disait-il donc par cet élan vorace,
Sa détermination pour un solide repas ?
Ou, pour une quelconque promesse fugace,
Une femelle l’attirait-elle sur la grand-place ?
Bien assuré d’avancer dans ses pas,
Ne sachant pourtant pas où il va,
C'est au pied de l’escalier du palace
Qu'il trouve une crotte, ce qu’il tient pour farce.
Comment se peut-il qu’à cet endroit-là
Ne soit ni promise ni abats ?
Le chien dérangé refait le tour du perron
Quand sort très énervé le plus haut des patrons,
Présente ses grands pieds chaussés de mille euros,
Botte les flans bien gras du malheureux éros.
La marche certes du destin est un don
Qui anime certains, il est vrai sans réflexion.