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Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.

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L’occupation 29 : Au nom de quoi ?

  Septembre 2009

 

 

L’occupation majeure de ce peuple est de survivre.

L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans.

 

 

Je croyais ! Je croyais que ce serait fini à tout jamais ! Je croyais que les deux guerres mondiales avaient sonné la fin des humiliations ! Je croyais qu’il n’y aurait plus jamais d’occupations, de tortures, de camps, de réfugiés, de déplacés, de spoliés, de morts ! Je le croyais !

Me voilà prisonnier dans la bande de Paca, privé d’eau, privé de courant, privé de gaz, de farine, de matériaux, interdit de circulation, suspecté de terrorisme parce que je résiste à l’injustice. Aucun membre de ma famille n’est à l’abri des abus, ni des obus de l’occupant. Certains sont en prison, quelque part, sans visite, sans soins, soumis aux pires maltraitances que l’homme n’ait jamais imaginées, l’abandon dans l’incertitude et l’isolement. Même le temps leur est enlevé. Et pour certains, même le jour, ne serait-ce que de tout petits rayons !

 

Le monde entier nous ignore, dans son adoration du pouvoir idéologique des finances et de ses dérivés. Sur l’ancien Cours Mirabeau, rebaptisé les Cours des Générales de Banque, on défile à la gloire de la croissance. On chante le cap historique des dix mille points du Cac en déambulant à genoux pour qu’il ne redescende plus jamais ! On se signe avec l’eau de la fontaine du monument de la Spéculation, l’ancienne Rotonde, et les adeptes y baptisent leurs enfants !

 

Dans le même temps, les occupés de Marseille, ceux qui subissent l’apartheid sous le grand mur « de la sécurité », ceux qui croupissent dans les parkings souterrains ou plus récemment dans les tunnels du métro, les résistants qui ne veulent pas qu’on leur impose une vie d’iniquité et d’injustice, les utopistes qui rêvent encore d’un monde plus juste et d’une justice sociale, tous ceux-là ne peuvent plus vivre. Ils sont condamnés à débarrasser leur propre plancher au nom de la paix universelle dans la spéculation et la paresse du profit facile.

 

A quoi sert l’enrichissement s’il n’a d’autres conséquences que la production des armes de destruction. (Pléonasme !) On ne produit plus que des armes qui suscitent le profit ! Les résistants devront payer les quelques temps de ciel bleu dont ils peuvent encore profiter, le ventre creux, et la peur en dedans. Abdu dit que c'est pire là-bas !

 

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