Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Dans quel art fuit, ce soir, la main qui bat le temps
Et nous dit d’un seul trait qu’on perd un jour sa joie ?
Vers où s’en va le noir qui crie son chant, la voie,
Du son fort et si lourd des peaux que son pied tend ?
Il met nos yeux en pleurs ! Ca luit, puis on le sent :
Tout pris d’un feu, il dit : « la peur, le dur, la proie,
Les vents, le froid, les temps, la faim, le mal au foie ! »
Il joue des mots en mi, en si, tout en blues lent !
« J’ai vu les miens, la soif, les coups, et la peau nue !
Plus rien pour eux ! Pris pour des rats ! Leur vie est tue !
J’ai su le peu ! Si peu ! De leur lot, tout en bas !
Je joue le ré, le la, les cris de joie, la vie !
Je plais aux gens ! Mon jeu ? Du sel ! Du pain de mie !
Par là, dans mon art brut, ça sent chaud » a dit M’Bâ !