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Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.

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L’occupation 13 : Le terrorisme

Août 2009

 

L’occupation majeure de ce peuple est de survivre.

L’occupation de ses terres en fait un enfer depuis soixante ans.

 

 

L’occupation d’un territoire, d’un pays et du peuple, ne peut jamais être légitime, même si elle se décline en conséquence d’un conflit. L’occupant n’aura de cesse de s’occuper à légitimer sa position par des discours pervers et par des théories tellement élaborées qu’elles arriveront à manipuler, non seulement les masses,  mais surtout les universitaires. Ces derniers, historiens, sociologues, ethnologues (...), experts en tabous de toute sorte, ne pourront plus jamais accepter qu’un dissident, même universitaire, balaye la théorie d’après des recherches élaborées.

L’occupation majeure a cette tâche de légitimer les souffrances infligées par l’occupant à l’occupé, oblige l’occupant à dresser dans le monde entier des sentinelles espionnes et des forces de persuasions scientifiques dans tous les milieux, civils et politiques. L’appartenance à une race à part et supérieure n’est pas une vieille histoire mais une histoire permanente et sans cesse actualisée. La recherche des preuves génétiques de ce fait ne date pas d’aujourd’hui. Le ségrégationisme et l’apartheid font partie des méthodes perverses dont usent et abusent les occupants, et cette phrase n’est pas seulement historique mais aussi, malheureusement, universelle.

L’occupation de l’occupant n’a d’autre propos que de persuader le monde que l’occupé n’est pas dans son droit. On peut dire qu’il s’occupe à faire plier l’occupé, non seulement, par les méthodes ancestrales de l’humiliation, de la diffamation, des privations et des tortures, mais aussi par cette manipulation théorique et idéologique de l’opinion jusqu’au discrédit irréversible de l’ensemble du peuple occupé. Bien qu’il soit résistant, on le dit terroriste. Bien qu’il reste digne et fier, on le dit belliqueux et intégriste. Bien qu’il n’ait plus aucun moyen de se défendre, on le dit guerrier et rebelle. Bien qu’il soit sur ses terres, on le dit usurpateur. Bien que son pays soit morcelé en enclaves séparées par des zones interdites, on le dit désorganisé. Bien que son inteligencia ait dû fuir à l’étranger, par peur de représailles, on reproche à ses institutions d’être bancales.

Aux jeux du lance-pierres, on se doit de répondre par les chars d’assaut. Aux jets de lance-roquettes, on se doit de répondre par les bombes au phosphore. Aux marchés de survie à travers les tunnels, on se doit de répondre par les privations humiliantes, comme l’eau, le gaz, l’électricité, le ciment, le bois, la laine, les médicaments...

 

« La bête immonde se présente toujours sous son meilleur jour ! » C’est Lamia qui l’a dit en serrant sur sa poitrine son garçonnet, Yanis, tout juste sorti des décombres de l’hôpital, mort parce que l’armée d’occupation avait perdu un de ses soldats.

 

 

 

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