Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Depuis quelques heures, je suis réveillé et prends mon temps. J'ai lu un petit texte et vous confie ce moment où se plie la vie comme un soufflet d'accordéon, respirant letement.
J'ai pris un train. Du monde qui passe devant les baies je n'ai rien emporté. Et je prends mon temps. C'est le mien. Il ne se compte plus comme dehors. Il ne se compte plus. Il ne compte plus.
J'inspire. Je souffle. Je n'ai pas mal. J'ai tout mon temps. Je suis mon temps. Je vis mon temps. Je chante mon temps. Je déplie mon temps et je le replie en respirant.
Quelques douleurs m'accompagnent sur ma promenade solitaire, sentier des douanes entre le monde et moi. Mon corps et moi, nous allons. Mon corps est moi, tôt ou tard, chaud ou froid, allongé ou debout, las ou alerte, faible ou fort ! Il est moi, tout ça à la fois. Je passe dans la nuit. Les mots signent mon parcours et scellent l'enveloppe.
Voyage dans ma présence ! Mots éclairs dans une ombre sombre ! Mèche allumée ! Halo chaud qui ne permet que l'approche des paumes pour un regard fasciné ! Mots sensibles qui m'emportent au delà
du site où je me repose, mots dociles qui aménagent ma quiétude, là, encore et en corps. Corps mystère, centre de mon être, antre de mes maux, chantre de ces mots.
Je sais que tu auras fait un bout de chemin avec moi. Ca fait plus d'une heure que je prends mon temps pour passer sur ta toile.
Je lis tout doucement pour accorder mes inspirations et le jeu me comble. C'est un fondant qui fond inlassablement. Un tout petit moment infini.