Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
J’ai vu l’oiseau plumé
Par un voleur agile
Qui n’savait pas voler,
Tout recouvert d’argile.
J’ai vu le chien grillé
Par un plus vif que lui
Qui n’avait pas de blé
Mais plutôt des ennuis.
J’ai vu la mer sortir
Pour s’allonger sur l’herbe
Et le loup s’y blottir
Qui parlait en arabe.
J’ai vu le ciel chagrin
Inondé par la terre.
Il perdait tous ses grains
Aux jeux pourtant pépères.
J’ai vu chanter l’jav’lot
Qui se changeait en piste
Et le cracher de marteau
Jusqu’en bas de la liste.
J’ai vu marcher des nez
Qui sentaient le bon vin.
J’ai vu pisser au rez-
D’chaussée le p’tit lapin.
Mais que tout ça est drôle
Pour qui croise un blaireau
Qui coiffe un dernier rôle
Dans son lit de château.
Petit, petit, ne t’en
Fais pas, tout ça n’est que
Dans les images d’avant.
Aujourd’hui saches que :
C’est bien plus dramatique !