Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Quand le temps se répand, au fond d’une vieille âme
Se surprend à flâner aux échos d’un doux chant,
Il ménage un endroit d’où paraît, nonchalant,
Onde chaude en fil d’or, un désir vers la dame.
C’est mentir que de croire, et l’associer au blâme,
Que désir est malsain pour qui l’offre et souvent
Sait en vivre à l’aimer plus encor que ce vent
Dont l’ardeur fait tout voir et ranime la flamme.
Qu’il dévoile une jambe et le souffle à couper
Lui donne un tel émoi qu’il se perd tout entier,
Car c’est dur qu’être vieux et prolonger la vie.
Croyez-le jeunes gens, la plaisir est d’agir,
Et quand vous l’attrapez ne le laissez pas fuir,
Car si frêle os devient quand l’âge fond l’envie !