Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Limpide et pure au tout début
Cristalline dans ses cascades
Océane dans l’étendue
Sauvage dans ses escapades
J’ai supporté tous vos affronts
J’ai effacé chacun des crimes
Que vous les hommes avec aplomb
Vouliez pousser jusqu’à l’extrême
Je vous maudis dès aujourd’hui
Je vous maudis, enfin, c’est dit.
Continuez à me salir
Persévérez à m’enlaidir
Assainissez vos cales noires
En me prenant pour dépotoir
Je n’en peux plus de digérer
Tout ce que vous venez jeter
A faire de moi l’égout primaire
Vous m’incitez à la colère
Je vous maudis dès aujourd’hui
Je vous le dis c’est bien fini
J’étais la vie, je suis la mort
A vous plonger dans le malheur
Je serai là, telle vengeresse
Qui vous destine à votre sort
Je vous le dis, je vous punis
Je vous maudis, je vous détruis
Mes eaux seront hautes montagnes
Qui couvrent tout cols et campagnes
Point d’horizon, plus de limites
Où cieux et flots brûlent les mythes
En tsunamis et ouragans
Ne prenant plus soin de vos gens
Je détruirai toutes les nations
Pendant mille ans de déraison.
Je vous vomis et c’est acquis !
Soyez maudits ! Soyez détruits !