Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
L'adoption d'un genre est un exercice délicat. Voici la requête d'une jeune épouse pour son fils né d'un autre père.
La mythologie nous donne mains exemples de poème épique.
Oh ! Roi ! Entends mes cris par delà les eaux !
Et porte attention à ma cause ici plaidée.
Par amour, j’ai engendré cet enfant de Philippe
Sans consulter nos aïeux bien aimés.
Quand leurs yeux m’aperçurent enceinte,
Dans le creux de leur souffle et la joie de notre union
Ne m’ont-ils pas soutenue de leur accord favorable,
Et n’ont-ils pas béni leur heureuse progéniture
Non sans organiser de glorieuses festivités.
Entends ! Oh ! Roi ! La joie de tes enfants !
Soit béni à présent parmi ceux que tu aimes
Et rends grâce à la fortune de celle qui t’a engendré.
Crée l’office sacré que tu présideras chaque année
Pour nous rappeler les bonheurs d’autrefois.
Qu’il en soit ainsi, et je te présenterai, moi, Arsinoé,
Mes guerriers les plus sûrs et les plus valeureux.
Ils te seront fidèles et sauront à jamais,
Même au combat, te connaître toi seul, Lagos,
Comme l’heureux inspirateur de ce doux cantique.
Entends ! Oh ! Roi ! Le chant de tes guerriers !
Oh ! Roi ! Nous savons les malheurs du pays
Qui ne freinent pas l’ardeur de tous ses citoyens
A s’entendre bien, par delà l’océan des douleurs.
Nous aimons notre roi et craignons son amour.
A faire justice qu’il n’éprouve nul remord,
Fier de tuer sa proie comme un aigle royal.
Qu’il nous protège des nations belliqueuses,
Et soutienne Ptolémée son futur successeur,
Cet enfant tout à lui dévoué qui, dans ses pas,
Marchera ! Oh ! Roi ! Qu'il te soit consacré !