Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Nous captiveraient couleurs de midi
Transparence jaune à portée de main,
Touches de rosée sur lande fleurie,
Palette de rouge, coquelicots nains
Pour garder encor nos deux yeux mis-clos.
Et nous saisirait musique aquatique
Leste vaguelette en fredonnement
La grève attentive aux bourdonnements
D’une jetée longue en rythme et musique
Qui nous laisse aller allonger nos dos.
Ravirait nos vies le dense maquis
Qui souffle le thym, parfums épicés,
Vent de romarin, de sauge envolée,
De pommes de pins, d’aiguille aplatie
Pour nous soutenir sur la terre et l’eau.
Nous égayerait le ciel de Provence
Couleur bleu azur, force du Mistral
Qui souffle et souffle comme une vengeance
Le petit nuage en forme de cristal
Pour nous rassurer, tous deux et le sceau.
Nous envoûteraient regards sans paroles,
Battements d’ailes du grand cormoran,
De gais gazouillis du beau rossignol,
Les petits mots doux et les chants d’amants,
Pour donner la vie au cœur des désirs.
Elan printanier, pur et spontané,
Si peu réfléchi, pas du tout mûri !
Nous aurions à vivre une matinée,
Etonnés du temps qui allait sans bruit,
Car déjà le soir il faudrait partir !