Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
Où es-tu, toi qui tant me manques ?
Descends-tu tout en bas des Calanques
Où se rejoignent roc et eau ?
Que fais-tu donc sur les restanques ?
Retiens-tu les fruits si murs tant que
Frémissent les feuilles d’été, là haut
Sur un barreau élevé de l’escabeau ?
Jouerais-tu à la pétanque
Sur la grand place de Salamanque
Sans te soucier du petit rien
Qui m'attache comme un lien ?
Ou bien restes-tu en planque
Tout près, tout près de la banque
D’un minuscule bistrot ?
Je te cherche en vain dans les bouleaux,
Je cours là-bas jusqu’au ruisseau,
Et chute à l’ombre de quelques os
Dont le temps sécha la peau.
Reviens ma belle que je te vois
Souris encore et serre tes doigts
Sur les pensées que je t’envoie
Te touchant là, là dedans moi.
Je te sais là...ma mie...
Ne parle pas...minuit !
Présence de toi ! Te voilà !