Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.

Publicité

Système familial

A chacun ses grands vers qui du coup font l'histoire
De l’enfance malmenée d'où surgit le déboire.
Loin, du fond d'un système il arrive inspiré
Le malin serrurier qui en fournit la clé.

Tout comme une mère envahit notre enfance
Le social étourdit ceux qui vont grandissant,
La famille entre deux favorise l’aisance
A l'image pourtant d’un milieu éprouvant. 

Si la mère interdit qu'en gueulant il s'oppose
La fratrie décalquée s'appuyant sur ces choses
Préviendra le manant de risquer les combats
Et bientôt chaque enfant aimera porter bas. 

L'aîné dut, de ce pas, supporter les essais
Du galop d'un cheval maîtrisable jamais.
On le voit, trottinant, qui desserre l'étrier,
D'un prenant engouement à soulager ses pieds. 

Le suivant fit l'armée, substitut de la mère,
Et chassé par son père, dut boire très amère
La douleur du chemin qui l'a mené surtout
Aux folies du plumard d'où sortirent cinq hiboux. 

C'est plus tard qu'il comprit qu'honorer sa famille
C'était faire des petits, des Faber plus que mille.
Oui-da ! Le système s'équilibre en faisant
Tout l’inverse de cet acquis : l'avortement. 

Le temps n'y peut rien faire et la troisièm' fut née
Pour servir à tous deux d'alibi insensé.
Du Docteur Ogino il faut prendre l'ensemble
S’étonner après ça du "comme il te ressemble !" 

Torturés par le "rien", l'amour eut le dessus
Et la prise amoureuse a mis là le "p'tit homme".
Trop c'est trop pour les deux; le confier à la bonne
Qui est fraîche et pucelle en sera le bonus. 

Son temps ne compte pas, on peut faire encor' mieux
Et la cinquièm' s'ébroue dans ses pleurs et ses vœux
Détestant à la fois ce qui donne et reprend
Ne sachant pas, jamais, où trouver du bon temps.

Quand au tout petit rien qui surgit en sixième
Nul ne sait, ne devine en quoi elle se démène.
Mais ça va, malgré tout, et des hauts et des bas
Nous la voyons sortir bien qu'elle cache ses émois. 

Las de n'oser mentir, las de ne pas tout dire
Ils finissent par sourir' tous ensembles et vomir
Ce qu'ils ont avalé, comme des oies gavées,
Et finissent serrés pour se réconforter. 

Mais de grâce acceptons qu'il n'en soit pas un seul,
A oser le crier, qu'en tournant le linceul,
Vit la méchanceté parfaitement maquillée
Comm'un miroir en face qui salit sa beauté. 

Qu'on découvre ici bas qu'à se couvrir ainsi
Les risques sont très grands d'un subit dévoil'ment.
Il faut bien se résoudre à ces mots interdits
Qui pourtant font du bien à qui se sait méchant. 

Qui peut dire avoir eu, torturé par amour,
La vision du réel et des combats du jour ?
La beauté et la mort sont liées d'amertume
Tels méchants et vivants sont soumis au posthume. 

Il est bon d'accepter que l'autre soit pourri
Pour oser avouer l’être soi-même aussi !
Quel plaisir que d'aller à la
médiocrité
Pour saisir l'heureux temp d'un bout d'humanité !


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article