Depuis deux semaines, chaque journaliste insiste sur la proposition suivante : "il n'y aura pas de plan de rigueur !"
C'est le mot de passe du gouvernement, matraqué à longueur de temps par Fillon, Borleau, Bachelot, etc.
Ce matin, le plan est annoncé. Sept milliards d'euros à économiser, coupes sombres dans les budgets, suppression de postes, réduction des aides, et sûrement beaucoup d'autres mesures qui ne seront
pas médiatisées.
C'est l'exemple illustré de ce fait simple : les journalistes sont les heureux colporteurs du pouvoir.
En ont-ils conscience ? Savent-ils que notre mémoire ne retient que des propositions, sous leur forme positive ? Savent-ils qu'à reprendre le vocabulaire même des gouvernants, ils jouent leur jeu
?
Il n'y a pas longtemps, le "plan de restructuration Power 8" concernait une des plus grandes manoeuvre de destruction d'EADS accompagnée de superbes délits d'initiés qui ont permis de faire
transiter des fonds publics dans les poches privées de quelques uns. L'usage alors du terme même "Power 8" sans le moindre travail sur son impact relève de la légèreté des journalistes conscients
de ces phénomènes et de l'inconsciences des ignorants du même phénomène.
Je suis heureux pour ceux qui restent candides car c'est un peu garder de son enfance pour faire son travail avec plaisir. Je crains seulement que la découverte du marché de dupes entre le pouvoir
et les media ne provoque des remises en cause difficiles.