Le chef tient les armes que je redoute, son couteau égorge
Le forgeron qui cherche encore à nourrir sa forge,
Le boulanger dans le pétrin qui ne voit plus sa farine,
La ménagère et ses enfants qui bientôt crient famine,
L'acteur et l'écrivain qui se sentent pris à la gorge.
Pour souffler sa puissance, il écarte les narines,
Signe la pierre des mosquées, se joue des matines,
Scandalise les laïcs et si alors le bon résultat urge
Le chef tient les armes que je redoute.
Des bougies d'anniversaire il tranche la parafine
De son fouet dur tape fort dans chaque usine.
Quand un peu trop se montre l'autre, il purge
Et trahit l'éthique même du digne démiurge.
Le chef tient les armes que je redoute.