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  • : Le blog de topotore
  • : Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 22:11

Témoins d'un passage. Témoins de plusieurs passages. Pas sages dans l'attente de l'oubli. La mer efface les traces. D'autre les ont vues. Certains s'en souviendront. La prise de vue leur donnent une vie comme une gravure dans l'argile. Gravure des sages pas.

Que restera-t-il de la vie dont ici les pas  témoignent ? Rien, sinon une trace, une marque que nous interprétons : quelqu'un est passé par là. Des humains ont marqués leur passage.

Il faut empreinter le sable pour que vive dans notre esprit l'un et l'autre qui ont pesé, ou peut-être les trois. La vie était avant. Avant moi.
Et toujours il y a un avant.

L'humain cherche à savoir d'où il vient. Quand il sait, il veut savoir d'où viennent ceux qui l'ont précédé. Nous cherchons l'origine de l'humanité mais nous ne pouvons, dans ce domaine, que créer une mythologie. Dans une plus petite échelle de temps, nous imaginons une mythologie néonatale. N'étions-nous pas bien dans la matrice ? Ne faut-il pas regretter le temps de cette métamorphose intra-utérine ? Y avait-il fusion, effusion, amour, angoisse, peur, joie, quiétude ou énervement ? Y avait-il rejet, dissociation, séparation ? Nous n'en savons rien.

Ce dont nous sommes certains par contre, c'est que de toute cette période restent des traces. Des traces réelles. Des traces dans le réel de notre être vivant. Des traces biologiques et physiologiques. Autant nous sommes capables de donner du sens aux événements qui nous bousculent sur notre chemin d'adulte, autant nous bégayons pour donner un sens aux traces dont nous ne connaissons pas les origines. Et pour cela nous avons recours au langage et à l'usage des symboles pour nous faire comprendre et raconter des histoires à notre sujet.

Le nouveau-né reste prématuré pendant quelques mois. Il est dépendant des siens sans pouvoir donner un sens aux événements. Il les vit néanmoins, il les souffre. Il crie et pleure ne sachant pas si la chose qui le gène vient de l'environnement ou de son être propre. Ses organes sensoriels permettent aux sensations de pénétrer dans son espace-temps singulier. Mais ce qui pénètre n'a ni sens ni direction. Ce qui pénètre n'a pas de forme. Ce n'est rien s'il ne reste pas une trace. La pénétration n'est autre que la trace laissée dans la matière vécue, trace dans le réel. Nul ne sait si la sollicitation a pénétré ou si elle est sortie au travers ses sens.

Avant que le sens ne s'affirme en tant que sens, il n'y a que des sensations.  Sensation d'une ambiance, d'une sécurité, d'un environnement bruyant ou clame, agité ou vide... Sensation d'une force dont l'orientation reste vague, dont la direction n'a aucun sens, et dont l'origine n'est pas découverte ! Ce qui est un signe vectoriel d'un mouvement d'énergie, d'un souffle animé, ou de l'organisation des esprits pour penser selons les voies orientales. La seule manière d'en parler ici, le choix des mots pour illustrer tant bien que mal les propos, cette ébauche de représentation n'est possible que grâce aux acquis éducatifs peu à peu assimilés, langage, manière de penser, croyances... Les acquis nous permettent de parler, de poser des actes, de penser passé, présent et avenir. Mais de nombreux éléments de notre vie restent mystérieux et indépendants de notre bon vouloir...

Le souffle animé n'est pas un acte.

Nous ne produisons pas d'effort pour animer notre souffle. Certains cas sont exceptionnels et présentent une pathologie handicapante, ceux qui respirent mal ou ceux qui oublient de respirer. Le plus souvent, nous sommes animés de quelquechose qui n'est pas représentable mais uniquement vécu.
Nous sommes là, et ça respire.
Comme tout vecteur, pourtant, il aura une origine, une direction et une intensité, mais elles ne sont pas représentables. Aucun mot n'arrive à décrire suffisament cette force.
Par contre il reste des traces. Si nous voyons par exemple un trou dans une membrane, nous en déduisons que quelque chose a percé la membrane Mais nous ne pouvons en dire plus. Et tout ce que nous imaginons à ce propos est très subjectif. La trace est là mais nous inventons tout le reste. Ce qui s'est passé nous échappe. La cicatrice elle même ne parle pas. C'est notre imaginaire qui en raconte quelque chose.

Un des objectifs thérapeutiques est de découvrir ce lieu hypothétique d'où viennent les éléments qui ont laissé des traces. Les mots ne suffisent pas puisque nulle représentation n'est possible de ce lieu qui est de l'ordre du réel.  Dans ce monde du réel, tout est cru, dépouillé, archaïque. Le réel ne ment pas. Le réel, c'est notre bio-physiologie. Ce lieu n'a pas de définition topique, on ne peut en faire une carte, et pourtant c'est de là que viennent les angoisses, que naissent les sentiments profonds, joie, mélancolie, euphorie, spleen, dynamisme, stress... Ce lieu ne peut s'inscrire dans le monde des réminiscenses puisque celles-ci sont représentables par le symbolisme des mots.
Le plus surprenant tient au fait que le lieu en lui-même ne souffre pas mais ce sont les traces laissées dans les circonstances de confrontation au réel qui provoquent des souffrances. Elles se manifestent comme des sensations intemporelles, jamais périmées et cependant toujours prématurées dans la projection vers le futur. Elles se montrent avant même de se répéter. L'environnement est transformé, par nos mots et notre manière de penser, pour produire cette adéquation entre un vécu qui ne cesse de se répéter et une réalité présence qui offrirait pourtant des occasions de changer et de se comporter différemment.

Le retour au passé n'a pas de sens dans la mesure où cette souffrance est présente. Ce n'est pas la souffrance d'un passé, mais bien la souffrance de ses traces. L'anamnèse ne sert à rien (façon de parler), sinon à faire du thérapeute un archéologue égaré sur des fausses pistes et grattant en pure perte un monde sans surprises. Le discours verbal ne pourra pas ouvrir la porte au passage délicat de l'informe au formulé parce que l'informe n'est pas dans le monde du langage. L'informe est ailleurs, dans un monde sans représentation.

La seule matière qui puisse réveiller avec douceur la souffrance par une exploration lente, c'est le réel lui-même, réaménagé dans un cadre sécurisé et réduit, plus contenant, moins rude et sec, moins cru que le vécu archaïque. Et cette matière, c'est notre corps, bercé, bousculé, choyé, frappé, égaré, griffé, adoré, banni, éxilé, humilié, honoré... C'est notre corps enveloppé du monde, traversé par le monde comme l'anneau torique est traversé en son milieu. Le corps n'a pas de limite puisque notre peau même est poreuse, respire et se nourrit des élements qui l'inondent en sollicitations de part et d'autre, puisque notre regard porte loin, puisque notre ouïe saisi les murmures distants, puisque notre nez flaire les parfums comme les dangers, puisque nous anticipons sur les situations ( nous savons si ça va brûler ou si la situation risque de devenir explosive pour un rien) ...

Il s'agit donc de créer des circonstances précises dans la séance thérapeutique, que ce soit en institution ou dans le privé, qui révèlent le mode d'inscription des fameuses traces dont nous sommes en partie tributaires pour toutes nos actions et réactions quotidiennes. Il importe peu finalement que la thérapie soit du type analytique ou psychocorporelle avec ou non l'autorisation du toucher. Il importe peu que les sensations corporelles aient lieu dans un atelier d'écriture ou dans une séance de théatre, de mime ou de bioénergie. Ce qui compte le plus, c'est la capacité du thérapeute à permettre l'émergeance des signaux, et surtout à autoriser leur manifestation dans l'enceinte d'un cadre bien précis. Or, pour maintenir un cadre, il convient de savoir accepter la frustration, surtout de la part du thérapeute qui en est le garant.

- "J'ai décidé de me lever pour te tapper dessus". Crie un stagiaire en joignant le geste à la parole.
- "Si tu fais semblant, c'est OK ! Dans le cas contraire c'est un non catégorique !" Répond le thérapeute ! "Par contre c'est possible de tapper dans le matelas que je dresse entre nous. Mais on peut faire autrement, maintenant que tu as ressenti cette force, et maintenant que tu l'a exprimée, c'est d'en parler."
- "Je ne suis pas d'accord. Je veux te tapper dessus."
- "C'est non ! Trouve une autre solution."
Bouderie ! Isolement ! Ca va durer un moment ! Mais la solution, ce n'est pas au thérapeute de la trouver ! Il trouvera le moment propice pour que le dialogue s'établisse, soit dans les mots, soit dans la création. L'échange se fera toujours dans un monde symbolique où l'être s'efforcera de s'approcher du réel, sans jamais y parvenir. Mais peut-être que la trace prendra sens !

La mise en forme du réel
Donner du sens à l'action pour un "pas sage" vers l 'acte impose que le réel prenne forme. Une des formes des plus élémentaires serait un modelage simple qui sépare le plaisir du non-plaisir. Les traces laissées par le plaisir donnent une impression de repos, de quiétude, d'extase. Nous sommes satisfaits, repus, enivrés. Celles que laissent le non-plaisir créent l'excitation, l'énervement, l'impatience. L'être se tend, s'anime à la recherche d'un nouveau plaisir. Nous pourrions comparer cette alternance primitive à une courbe sinusoïdale qui va d'un extrême chaos au profond anéantissement. La mythologie de la création du monde ne nous donne-t-elle pas cette image du néant que rejoint le chaos comme seules instances, prémisses de toute mise en forme ?

La glaise n'est rien sinon la trace possible de ces passages entre néant et chaos. Cette empreinte appelle comme la sinusoïde à une lecture du réel avec le bout du doigt, ce qui fait naître la perception d'un espace-temps. Toucher le réel serait ma première lecture. Ce toucher me parle en terme d'agréable ou de non-agréable, en bon ou en absence de bon. Il existe la sensation de bon. Il existe la recherche du bon dans le temps de l'absence du bon.

La mise en forme de cet espace-temps dans les perceptions du nouveau-né se voit au goût croissant qu'il prend à découvrir les courbes du sein et à faire durer le plaisir, après quelque temps, fort de l'expérience vécue que la fin de ce plaisir existe réellement et que le repos extatique du repu n'est pas une fin en soi puisqu'il précède sa prochaine quête irrépressible du bon.

 

Cette lecture du réel du bout du doigt sur la courbe du plaisir apporte aussi son lot de moments où le plaisir n'est plus. Le doigt se referme, les poings se ressèrent et le chaos de l'excitation prend forme vers la colère. De l'impression satisfaisante du lait chaud qui parcourt les conduits en prolongement du plaisir bucal, il passe à l'expression de la non-satisfaction. Le cri déjà manifesté à la fin du premier passage de la naissance se revit cette fois comme l'expression même de ce passage du bien-être à son contraire. Le cri est devenu un langage pour autant qu'il soit reçu comme tel par un tiers qui puisse l'entendre. Ainsi naît sens. (Remarquez que le bébé ne pleure pas des chaudes larmes. Il crie et module ses cris !)

La mère est la tierce personne qui berce l'enfant dans l'alternance néant-chaos, elle est ce tiers puissant, (phallique disent les psy)  qui pénètre et se retire à dessein comme nul autre pareil, et qui aussi a des seins que nul autre n'a pareils. (Sourire !) Sein que l'enfant touche, sein qui se prolonge par le mamelon qu'il tête et la colonne de lait qui descend en lui, comme un mât qui étaye le soi ! Massage du contenant et mât sage du contenu ! Force énergétique nourrissante qui vient réchauffer le germe croissant ! Concours de la puissance d'en haut avec la puissance d'en bas ! Alternance de l'inspir et de l'expir, lecture des traces que laisse la vie dans la matière !

L'enfant touche de ses doigts et de sa bouche la ligne balbutiante du passage cahotique de l'informe au formé, du réel qui s'organise en informant le monde des représentations.
(Parenthèse dramatique ! De nos jours, "l'information" que diffusent les media ressemble beaucoup à un gavage déformé pour nous éviter la lecture du réel ! Le message symbolique, plombé par l'image médiatique, essaye de nous faire croire que le réel correspond au monde dont on parle ! Heureusement que le réel nous rattrape quelque fois et nous rappelle sans concession que nous sommes dans l'erreur !)

 

Il n'y a pas de conclusion à la recherche mythologique de nos origines. La tentative de ce texte n'est autre que de noter quelques éléments simples qui font le lien entre les sensations primaires dont les traces ne disparaîssent jamais, et le langage que nous utilisons pour tenter de modeler le monde. Il s'agit bien du passage du réel au symbolique, pont mystérieux que nous ne savons pas avoir traversé un jour. C'est une passerelle de lianes sur laquelle nous évoluons écartelés entre la jungle que nous croyons naturelle et sauvage et ce monde de cinéma que nous pensons avoir créé pour notre plus grand bonheur.

Mais tout ici est manière de parler. Le réel nous échappe encore parce qu'il est bien au-delà du langage, inaccessible et mystérieux. Pourvu qu'il le reste !








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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 23:30

Arrêt sur image !

Il nous explique, l'historien, Emmanuel Todd, que les deux prérogatives majeures du Président de la République française sont :

1) Le droit de "démissionner" le premier ministre;

2) Le maintien et le contrôle de l'orientation de la France en matière de politique internationale.

 

Il est évident que tout récemment, le premier ministre a été imposé au Président de la République. Sacré François !

Il est évident aussi que notre ministre des Affaires étrangères ne laissera pas la main sur le sujet et gardera ses atouts.

 

Nous pouvons en conclure que le pouvoir a changé de main. L'acclamation de Monsieur Zémour devant le parterre des membres de l'UMP manifeste une dérive dangereuse, très dangereuse, sur une pente de plus en plus fascisante que le Président ne peut plus contrôler.

 

La question qu'il est possible de se poser : comment Nicolas devra-t-il pactiser avec cette droite putride pour s'accrocher aux wagons s'il veut toujours rester au poste de chef de train ?

 

Quant à ce professeur, expert en politique extérieure, nul ne peut nier qu'il a quelques comptes à règler avec son patron et qu'il ne lui fera sûrement pas de cadeaux. Ce que j'en conclue : c'est que malgré tout ce que peut imaginer le Président sortant, et malgré l'énergie qu'il n'économisera pas, il ne sera pas visible dans un second mandat.

 

Il a déjà perdu le pouvoir ! Good by , Monsieur le Président !

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 14:00

Aucune organisation sociale n'accepte de se transformer sans la pression de la rue. Nous le voyons en ce moment même dans les pays du nord de l'Afrique. Aucun pouvoir ne lâchera ses privilèges sans que le rapport des forces ne s'inverse.

 

C'est le moment privilégié où certaines vérités se déversent dans les esprits, où l'intérieur des gants de l'autorité se montre parce que les gorges serrées osent hurler la souffrance et l'injustice que les mains de fer tiennent prisonnières.

Nous assistons à un retournement de situation, et si les gestes manipulateurs des mains gantées tennaient en respect les sujets administrés, c'est maintenant l'inverse qui se produit, et le peuple tient en respect ces mains qui ont tant volé, ces mains qui ont tant humilié, ces mains qui ont tant trahi, gantées des apparences de la justice et de l'équité, quitte à couper s'il le faut ces mains maculées de sang.

 

Mais pour cela, il a fallu arracher les gants en les retournant pour que le sang apparaisse au grand jour. Et le pouvoir a montré, il montrera encore maintes et maintes fois que l'opération ne lui convient pas. Avant de lâcher quoi que ce soit, il cherchera par tous les moyens à garder ses poings serrés même s'il faut mettre le pays à feu et à sang. Il préfèrera pratiquer la "politique de la terre brûlée" plutôt que d'accepter sa déchéance.

Tant qu'il sera ganté, c'est à dire reconnu dans sa majesté, adoubé par des complices bien arrosés de nombreux avantages et de grands privilèges, corrompus par les cadeaux et les carrières honorifiques, mais engagés aussi par ces mêmes opérations dans la caste des privilégiés qui se soutiennent du secret et sont garants de la langue de bois, tant qu'on ne lui aura pas arraché ces gants jusqu'à mettre au grand jour ses exactions et ses méthodes criminelles ou mafieuses, il règnera, tenant avec respect le sceptre de l'honnêteté.

 

Sans détour, parler de" l'élite dirigeante" ne permet pas de modifier le rapport de forces. Ce n'est plus une élite. Ils ne sont plus des hommes politiques. Elles ne sont plus des femmes politiques. Les enjeux de l'accumulation des richesses ont eu raison de leur dignité. Ils ne méritent plus d'être respectés comme une élite.

Nommer ainsi des voyous qui se gantent d'éthique et de droiture, c'est leur reconnaître une supériorité qui n'est pas. Seul une grande absence les distingue du commun des hommes, c'est l'absence de moralité. Bien souvent d'ailleurs, cette absence s'accompagne d'un manque de décence dont le peuple devrait avoir honte.

 

La "caste" qui domine ne soutient sa force que du sang versé par les innocents sous le fracas maléfique de leur armement. Elle ne survit que par la force des liens soudés autour des secrets les plus monstrueux qu'ils entretiennent précisément pour garantir leur pérennité. Elle ne survit que par le détournement des richesses communes, détournements déguisés des gants de la "bonne gouvernance", cachés dans les comptes occultes et les cavernes paradisiaques. Elle ne survit que par l'instrumentalisation des besoins élémentaires du vivant, l'eau, l'énergie, les déplacements, les transports, et bientôt l'air, comme on l'a vu au Japon qui vend l'oxygène par les bornes à pièces de monnaie. Elle ira jusqu'à privatiser le vivant, en imposant des brevets sur le germe de la semence, sur le génome de la cellule.

 

Nous acceptons et nous accepterons toutes les perversions jusqu'à ce moment dramatique où nous n'aurons plus rien à perdre, jusqu'à ce temps privilégié qui nous rassemblera dans la rue, désoeuvrés au point de ne penser à rien d'autre que d'arracher les gants des nantis pour nous sentir exister.

La vie est violente. La vue est courte. Les gants se retourneront. Un jour !

 

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 09:19

La naissance de la patapsychologie présente ne date pas d'hier. Elle eut lieu sous le Garlaban, dans les grandes Bouches du Rhônes, et sous le soleil de plomb du premier juillet de l'an 2010. Etaient présents pour l'assister deux hommes sages dont la mission se décline ainsi, en toute responsabilité : psychanalyser la ville d'Aubagne. Comme Boris Vian, dans "l'Arrache Coeur", deux psychanalystes se rendirent bien compte qu'ils n'avaient jamais donné la main lors d'une naissance, ne serait-ce que pour tirer fort sur ce qui vient, ne serait-ce que pour soulager l'instance féminine qui souffre de cette mise bas.

Ces gentils messieurs de l'ANPU, Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine, sont mandatés par la ville pour diagnostiquer ses névroses principales et pour proposer des solutions thérapeutiques à diluer dans le temps. Leur site rampe sur la toile du net et la plus nette des attitudes du rampeur serait de s'y rendre. Chacun peut alors se rendre compte qu'un véhicule peut parfaitement vous transporter alors qu'il est déjanté. On peut même jouir de ce transport et se faire du bien. On peut aussi rire du bien et se faire le transport. La chair des mots n'a pas de coùt, mais elle a du goût.

 

Revenir à la patapsychologie ! Certes, elle est née d'un désir et d'une rencontre. Nul ne sait ce qu'elle deviendra parce qu'elle se cache déjà derrière l'inconscient pour se voiler du mystère de ce derrière. Bien que caché, l'inconscient fait souvent face sans être visible. Mais s'il arrive qu'il soit vu, sa rapide volte face lui fait présenter son cul, l'espace de l'instant de sa disparition. Voilée, la patapsycho surprise dans sa cachette, se met à gesticuler pour faire croire qu'elle n'est qu'un fantôme égaré. Mais elle profite de cette situation cocasse pour dévoiler quelques vilaines vérités auxquelles nous ne voulons jamais accorder un quelconque crédit. Tout, en effet, est affaire de sous et de dessous ! Elle nous montre par exemple que la balayette n'est jamais au cul de l'inconscient, malgré ce qu'on croit. Elle nous dit aussi qu'en cet endroit n'existe aucun trou pour la seule raison qu'elle s'y trouve et que ce n'est pas rien. Mais le plus important, c'est qu'elle semble nous assurer que toute la mythologie sur nos origines et tout le tralala qui en coule n'est qu'une vaste farce. Une farce qui nous éclaterait en pleine face comme un pétard pour peu qu'un vent sec ne la desséchât.

 

Mais, ce que je vous annonce là, c'est comme un pétard mouillé. Nulle surprise sinon que Michel Onfray ne sera jamais un patapsychologue pour la seule raison qu'il se prend au sérieux en faisant de l'or avec du vent, un vent d'encre où pèse la plume. Heureusement il se rachète avec sa gratieuse université populaire de Caen.

 

Au delà de la porte, au derrière de ce qui ferme l'ouverture, on pouvait entendre un long râle, grave et perturbant, non pas celui de la parturiante, mais bien celui de l'enfant. Ce ne fut pas un cri ! Ce fut un râle ! Et cette information est capitale, car de ces premiers instants découleront bien des évênements tout au long des frissons de la vie, comme de la vie des frissons.

Mais la porte eut son mot à dire. "Je me tiens sagement fermée pour les prévenir d'un tel désastre, pour éviter qu'ils n'y perdent leur regard."  Ils, ce sont ceux de la ville !  Ceux qui ne sont pas là où on les attend !  Ceux qui n'attendent pas, quand ils sont enfin là, pour partir d'un pas rapide !  Ceux qui comptent et ne s'adressent pas à ceux qui ne comptent pas !  Et la stupeur se décline en questions bizarres?

 

Quelle est la fonction d'une porte ouverte ?

Pourquoi cette suspicion envers celui ou celle qui l'enfonce ?

N'y aura-t-il donc jamais une opération sans portes ouvertes ?

 

Toute la patapsychologie tient en ceci : c'est qu'elle ne répond pas aux questions. Bien au contraire, c'est elle qui pose les questions ! Si, en effet, la question est bien posée, c'est qu'elle n'a pas de réponse. Et bien évidemment il ne se passe derrière la porte que les suppositions de celui qui n'en sait rien. Il se peut qu'un patapsychologue y travaille à comprendre pourquoi lui-même suspecte les autres de chercher à découvrir à quoi il pense, derrière une porte.

 

Tout cela n'apporte rien, sinon de faire taire qui se targue de comprendre et râler qui sympathise avec le nouveau né. La porte ici se retient de dire ce qu'elle pense !

 

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 09:01

Enfin quelques mots de Philippe Guidau, l'artiste sculpteur qui se démène comme un diable pour que vive Val Coucou.

Vous pouvez l'écouter, malgré le soufle de la petite brise du soir, sur le lien qui suit. L'identifiant demandé n'est autre que mon adresse email, et le code : la date d'hier 030710.

 

http://dl.free.fr/oeDwi7fBj

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 07:18

valcoucou69.jpg

 

 

 

Sur cette page, le lien pour écouter le reportage réalisé le jour de l'inauguration de Poséïdon. Mais, il faut me contacter pour avoir accès à ce fichier mp3 déposé sur dlfree. (Je n'ai pas encore trouvé comment faire autrement !)                                                                                 Photo0202-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://dl.free.fr/cMhSslb91

 

  L'identifiant demandé n'est autre que mon adresse email et le mot de passe le 26061

 

 


 

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 10:28

valcoucou60.jpgChercher  Val Coucou, c'est déjà ce qui peut animer l'impatient, lassé de la braderie dominicale ou déçu de la rangène des vides greniers hebdomadaires. Chercher Val Coucou, c'est penser que des possibles surgissent tout près de chez soi, que d'autres se rencontrent pour vivre et ne courent plus dans la direction que leur indiquent les sorciers du bonheur coûteux, que le peu que l'on choisit vaut mieux que l'opulance imposée.

Trouver Val Coucou, c'est freiner les cadences infernales du quotidien. C'est se freiner à la descente du chemin parce que des figures font la surprise qui jaillissent des herbes hautes et saluent le visiteur de leur stature immobile et pourtant vivante, là même où personne ne s'y attend. C'est freiner la frénésie du consommable. Rien ne s'y consomme sauf la pêche qu'elle donne, l'énergie qu'elle anime, cette oeuvre qui se décline en plus d'une quarantaine de signes insérés dans les arbres. Passée l'émotion, il est possible d'aller vers la contemplation voire la méditation, et Val Coucou ne pourra plus jamais sortir de vos souvenirs. Il s'y passe dans le rien d'une clairière, un tout qui dépasse le prévisible. Les rencontres se sculptent au gré des pas, sages ou fous, les liens se soudent au fer des monuments dont le mouvement donne à réfléchir sur la perte du temps. Ils semblent statiques et pourtant, ce sont eux qui dominent sur le temps.Quand le fer se cache, la pierre se réjouit des caresse du soleil.

 

Prenez votre temps et emplissez-le comme un panier de cueillette, comme une coquille d'eau fraiche, comme une source dont l'énergie se boit au goulot, dans le haut de la Font de Mai. Ce qui sort du goulot, là-haut, c'est le Garlaban, le fils de Poséïdon, et toute l'eau de Manon qui règne sur ses sources.

 

Marcel ne savait pas que du haut de l'escalier qui, dans un champ, monte à la bastide, on pourrait assister à l'éclosion d'un Dieu, de celui qui de son trident perce les écorces pour dominer sur les eaux que se réserve la montagne, à Aubagne.

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 16:03
La lignée des aïeux de chaque être humain se compose de personnes particulières dont la langue, la nôtre, dans son usage courant dit le plus souvent qu'elles ont été uniques. Chacun d'entre nous serait donc unique. Cette vérité ne me satisfait pas suffisemment. 

Nous sommes des êtres singuliers. Cet attribut me convient beaucoup plus et la raison en est toute simple. L'unique suppose le "un" qui précède le "deux" et le "trois", dans une collection d'éléments qu'il est possible de classer, de ranger, de sélectionner suivant certains critères comparés. Le singuliers ne se range pas dans un jeu de plusieurs. Le singulier ne peut être possédé. Les singuliers ne peuvent être comparés. Les conséquences de cette affirmation déterminent bien des contestations de notre vie citadine actuelle et de ses moeurs.

Je ne peux par exemple supporter que la compétition permette à troix élus de monter sur le podium en jettant aux oubliettes les suivants qui manifestent des talents tout aussi exceptionnels que ceux qui sont honorés.
Le singulier ne peut se mesurer. Tout récemment, un homme très grand, affirmait se sentir humilié de ne paraître aux yeux du monde médiatique que comme la seule mesure de sa taille." Je ne suis pas qu'une mesure."

Combien de comparaisons n'avons-nous pas supportées depuis le plus jeune âge ? "Tu pourrais travailler aussi bien que ta soeur ? Ton courage me déçoit, regarde ton frère ! Le petit, là, il sait déjà faire du vélo, et sans les petites roues !" etc.

Si nous sommes imcomparables, et nous le sommes puisque singuliers et singulièrement exceptionnels, à quoi sert-il de faire des efforts pour devenir le meilleur ? Lutter contre soi-même pour grandir et s'accomplir, oui, mais pour avoir l'ambition de dépasser un autre singulier, non, sauf à déjà amputer une partie de sa propre singularité. Ce qui revient à dire que les jeux du cirque ont toujours quelque chose d'humiliant autant pour ceux qui concourent que pour les spectateurs et les organisateurs. Dans les jeux du cirque de la Rome antique, les esclaves devaient combattre. Les gladiateurs vivaient l'humiliation de sous-homme alors que le peuple se régalait des souffrances infligées à d'autres.

Humiliant est ici employé dans une acception précise : l'humain est destitué de sa position d'être singulier et exceptionnel, digne de respect et surtout gardien de son humanité, c'est à dire de sa singularité.

Les exemples ne manquent pas dans la vie de fou que nous traversons maintenant. La grande compétition se veut amorale, mais elle est immorale, celle qui fait des moyens les pratiques les plus sordides pour arriver à ses fins le plus souvent pécuniaires.
Quels déterminants animent la mafia tout comme les grands trusts ou les terroristes ? Encore que certains, les derniers, prétendent lutter pour des idées ou des utopies. N'y croyons guère. Tout ce beau monde ne cherche qu'à s'enrichir. Nous savons combien de familles sont affamées dans les pays "en voie de développement" (l'appellation cache une autre réalité) pour le seul profit des groupes pétroliers. Nous savons combien d'enfants travaillent plus de dix heures par jours afin de fournir les puissances financières qui se cachent dans les grandes surfaces ou les fonds d'investissement qui souhaitent paraître socialement dévoués...

Que faire ? Au niveau de chacun, considérons déjà l'autre avec lequel nous commerçons comme un être singulier qu'il n'est possible de comparer à aucun autre. L'échange enrichit chaque partenaire ou alors il ne s'agit que d'une instrumentalisation de l'autre. Nos habitudes se trouvent là rudement remises en cause et j'avoue que je me trompe souvent sur ce point. Notre culture nous impose des plus et des moins dans la comparaison incessante des attributs de tous. Le monde du travail est impitoyable sur ce point. L'école ne sert pas de modèle. La famille ne vaut guère mieux. Très rares sont les espaces où l'être humain se sent considéré dans son entier et dans sa singularité. Les medias n'ont de cesse de faire l'éloge des quelques uns qui "réussissent".

Que cette page soit mon utopie !  Chaque rencontre de l'autre est la première rencontre de ce type dans toute l'histoire de l'humanité car aucun des partenaires ne l'a jamais vécue. Chaque regard croise un autre regard pour la première fois dans toute l'histoire de l'humanité. Chaque main serre une autre pour la première fois... Même si la scène eut lieu déjà la veille, le temps à modifié le singulier qui existe parce qu'il marche en avant et la rencontre sera nouvelle une fois encore. Demain, il sera un autre singulier.
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 20:27

Les mots courtisent les sens. Et l’essence de l’âme ne dit mot qui ne parle de sens.

 

Une douce peur de dire excite les muscles d’un sourire furtif et les mots dits là, quelque fois en retard, donnent le sens de la vie, cette vie qui, saisie, les précède quand ils tardent et, lascive, les suit quand ils caracolent au devant.

L’avis des mots sur la vie n’a de prise avec les sens qu’à se fondre dans la vie décalée des mots qui s’échappent par le devant, galopant sans retenue, ou qui souffrent quand ils sont tenus.

 

Certains s’échappent comme une volée d’étourneaux. On le voit à la surprise de la bouche qui se forme en mâchoire dévoreuse de pomme ou de pêche mûre et qui supporte, honteuse de son impudique nudité, la main qui vient lui demander de se taire. D’autres forcent le passage. On le voit à cette bouche qui, de peur de s’ouvrir, garde les lèvres pincées comme pour les empêcher de sortir. Mais ces mots retenus poussent les dents à s’entrouvrir et se glissent au travers des lèvres humides, comme des corps mous glisseraient sur un toboggan huilé.

 

La vie des mots devient parfois surprenante, haletante, indépendante.

La mèche, enfin allumée, illumine la mine radieuse du mineur de la mine qui lamine d’un coup tout un pan de la montagne minée. C’est, mine de rien, le mineur lui-même qui l’allume et mime le signal de l’explosion pour que ses compagnons de mine, comme lui, explosent de leur sourire illuminé de mineurs à l’air animé. La lecture de leur mine satisfaite parle de leur mine de mineur assidu. Depuis des générations, la mine les fait vivre, eux et toute la famille. C’est une mine de bonheur. Nulle impression minable dans la mine !

 

Qu’un fort des halles réconforte une souris en larme, et ses forces se font douceur de persuasion, empathie et compassion. La souris le retourne comme une omelette, pour quelque goutte qui roule sur une joue poudrée. J’ai besoin d’un café bien fort et de ta présence chaleureuse.

Le géant, qui porte d’habitude quatre cent kilos de viande fraîche, se plie alors à soutenir un petit cœur de plume qu’il n’ose caresser de peur d’être maladroit ! Tes lèvres, ton parfum, tes seins, tes hanches, si délicatement dessinées sont plus forts que tout. Je tremble de me déposer. Je titube autour de mon axe d’acier. Je glisse en rappel à vos appels.

Comme à chaque fois, je fonds de vos yeux humides. Je baigne dans vos prunelles fauves et remue mes tripes en paquets pour boire ce pot, au feu de vos amours soulagées. Nous nous aimerons ce soir ! La puce ! Sa main puissante remonte doucement le menton de la puce !

Le sourire de sa souris fond les soucis et lui de froncer les sourcils pour lui demander de le laisser refaire le fort jusqu’à la pause. Elle, de prendre la pause de la mijorée qui se sent aimée et feint de ne pas le montrer. Fort de café ! Les larmes ont séché ! Le fort refait le fort ! Il est lumineux, fier sous sa charge au point de manquer la marche. Hésitant, il disparaît dans l’office du boucher. Les autres le voient ! C’est clair, il éclaire !

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 16:18


 

 


L’interdit de l’inceste est constitutif de notre société. Il contribue à trois fonctions majeures.

Il permet d’instituer pour chacun une place dans la génération.

Il autorise chacun à porter un nom dans la filiation.

Il vise à donner un corps à l’humanité vivante.

 

Toutes ces fonctions construisent un lieu où le sujet peut advenir, dans l’intégrité ouverte d’une peau dont la mission la plus humaine consiste à servir de support à la parole.

Ce lieu est appelé corps, et ce corps, tout familier qu'il soit, n’est approché que dans et par la symbolique du langage. Il n'est corps que dans la mesure où nous l'investissons ainsi en le nommant et tant qu'il est parlant. Quand il ne parle plus, à son décès, il devient dépouille où cadavre. C'est mesurer ce que nous appelons corps.

 

Serions-nous à ce point touchés par la parole de l’autre si ce mot touché lui-même ne participait pas de cette force tactile qui lui vient de sa naissance dans la texture de la chair et sur le bout des doigts ?

Toutes les paroles qui nous touchent jusqu’à l’intime de notre cœur sont soutenues par les métaphores qui relèvent du corps et de ses organes. J’en mets ma main au feu. Et que mon sang se fige dans mes veines si je m’égare, dans un aveuglement soudain qui me ferait trébucher à en avoir la larme à l'oeil. Que voudrait dire l’avoir dans la peau ou bien  lui trouver le cœur sur la main, ou encore s’arracher les yeux à la lecture d’une infamie ?

 

Le corps de l’homme a ceci d’exceptionnel qu’il a des mains pour toucher, saisir et dé-saisir, douées d’un sens tactile perfectionné, mais aussi d’une voix pour parler, crier, chanter, dire, avec tous ces symboles élaborés que sont les mots. Ce qui fait contact, chez l’homme, c’est un corps à cœur et non un corps à corps qui serait plus caractéristique de la risque. Ce corps à cœur révèle la nécessité d’interprétation de la parole adressée à l’autre dans le risque de l’échange des symboles qui touchent, parfois même dans le silence. Chacun traduit la parole de l’autre depuis le lieu où il se sent touché. Ce qui a pour effet que le sujet ne sait pas ce qu’il dit quand il parle puisque que ses mots n’ont de sens que pour l’autre qui les transcrit. Même son silence est messager parce que l’autre sait que l’être-là en sa présence est un corps qui parle, ou encore un être parlant qui se tait.

 

Parler à l’autre, se soutenant du geste des mains, c’est désirer l’approcher avec tact et tout à la fois lui signifier la séparation entre les corps, lesquels se trouvent déplacés par les mots dans leur émotion ou leur sensation. Refuser le respect de cette distance des corps, c’est faire main basse sur l’autre, c’est le réduire à une saisie, comme dans l’ordre juridique. Cette main mise sur le corps devenu objet se noue à l’étouffement de la parole qu’il s’agit de faire taire. Empêcher de parler, c’est une volonté qui accompagne toujours la capture de l’autre en son corps dans une proximité pétrifiante. Il faut nommer ceci le viol, toujours incestueux dont les effets sont l’amputation de la voix, cet organe qui est au cœur ce que la main est au corps, dans un prolongement des sens vers l’expression, et la privation de l’usufruit de son corps. Si l’expression est réprimée, l’impression creuse des traces profondes à même la peau.

La mutilation du corps par l’obturation des ouvertures provoque l’exil de cette place attribuée dans la génération, remplace le nom par les injures portées à la victime et empêche le bon développement du corps dans l’humanité vivante. L’être violée par un parent témoigne qu’elle n’est plus qu’une béance sombre depuis les cuisses jusqu’aux poumons et que son cri ne sort plus des tripes mais se construit depuis l’abîme qui lui est intérieur, marquant ainsi l’exil de son corps meurtri, et de son être étouffé.

 

A décrire l’horreur de l’incestueuse consommation, nous voyons combien sont liés le corps, les mains et la parole dans une danse incessante du réel, de l’imaginaire et du symbolique qui poinçonnent l’homme de son empreinte dans l’humanité.

 

La parole s’organise en corps de texte et le corps se plie au langage qui le décortique avec tact. La parole fait le corps d’où elle s’extirpe en s’y appuyant.

 

L’homme est ainsi fait, des effets de langage.

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