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  • : Le blog de topotore
  • : Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 22:28

Où va l’ombre des mots rouges

Quand s’en va le temps sombre du feu ?

Où vont les portes du désir ardent

Quand s’en vont les instants de souvenir ?

 

A désirer les dire tous nos songes s’évanouissent,

Dans le noir.

Mais, le temps d’une trace, ils ont dit cet endroit

Où se lisent, du dehors, les moments intérieurs.

 

Où s’égare un futur monnayé dans le présent

Quand s’égare en colère la nature abusée ?

Où s’éteignent les âmes sous les tortures grises

Quand s’éteignent à jamais les vestiges de la vie ?

 

A désirer les dire tous nos songes s’évanouissent,

Au néant.

Dans le temps d’une messe, ils avaient dit leur effroi

Où s’alliait notre mort aux instances supérieures.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 22:22

Chantez, chantez, cigales de ce jour

Car demain changera la vision de chacune.


Aux beaux jours cessera,

Et ces jours sont tout proches,

La quiétude de l’été, sous des climats furieux.


Chantez encore, chantez cigales

Tant que le temps se passe qui vous laisse à loisir


Ventiler votre corps

Et grimper aux écorces,

Tant que l’air est clément à vos accouplements


Pondez, pondez cigales car demain sera chaud,

Et l’argile, votre nid, aucune vie n’offrira.

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 11:04

        Temps perdus, tels des coulées de nœuds dérisoires qui n’ont servi que de prétextes à ne rien serrer, d’aucune manière ni de quelque matière,

temps perdus qui ont passé, comme poussés par une longue lassitude de l’agitation futile d’une vie qui n’en est pas une,

temps perdus, lassés de ne rien faire ou de faire quelque chose qui ne sert à rien et qui laisse le temps, lentement, devenir un passe-temps,

temps perdus qui ne se rattrapent jamais et que seul peut juger l’œil qui perd son temps à l’estimer ou le jauger sans instrument de mesure,

temps perdus ailleurs qu’en soi-même à chercher l’endroit où se trouver, à se chercher dans une ambiance où personne ne trouve sa place, démesurément décalé,

temps perdus là, dans l’écriture que nul ne comprendra ni même n’aura l’audace de lire, avec cette suspension du temps qu’impose la lecture, au risque de se perdre,

temps perdus à perte de vue, dans la musique qui nous berce et nous berne parce qu’elle nous fait voyager sans aucun déplacement, jusqu’au bout du monde des sons, 

temps perdus à aimer l’autre jusqu’à ce que, sincèrement, il vous le reproche par la prise de conscience qu’il n’en est pas digne, comme nul n’est digne d’autre chose que d’une perte de temps, amoureusement donnée ou furtivement abandonnée,

temps perdus dans la méditation au cœur de cette vie d’alternance entre efforts vains et paresse active, douceâtre douleur d’un but jamais atteint,

temps perdus à prendre conscience qu’il n’y a plus de temps à perdre, bien qu’il soit toujours trop tard, et qu’il est bien assez tôt pour vainement s’affairer à quelque cause,

temps perdus à pleuvoir, à mincir, à neiger, à courir, à baigner, à sourire, à geler, à nourrir, à émouvoir, au soupir, à pleurer, au rire, à crier, au jouir, et à chanter pour finir,

temps perdus à penser le passé pour le retracer, à changer le futur qui, jamais, ne sera comme prévu, à gérer un présent qui échappe subtilement, au moment même où l’impression vient qu’on ne perd pas son temps, justement,

temps perdus à faire la liste des temps qui n’existent pas, à se plaindre de n’avoir jamais le temps de rien, à se dire que peut-être demain on aura le temps, si le temps le permet,

temps perdus comme le pain qu’on partage avec les enfants sans qu’il soit tout à fait perdu.

Seuls les enfants savent profiter du temps perdu, à renouveler inlassablement leurs gestes, jeux, mimiques et paroles, afin de grandir avec les adultes qui leur donnent du temps, le temps qu’ils n’ont pas perdu, afin de s’élever jusqu’à devenir adulte et commencer joyeusement, inlassablement, inconsciemment aussi, à perdre leur temps. 

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 09:05

Même si deux restent sur terre

Pour punition des plus sévères

Ils se tiendront à vos côtés

Pour partager et vous aimer.

Ils seront là, témoins des noces.

Gaïa, Vulcain aux yeux d’Eros

Vesta, Neptune bénits des cieux,

L’homme avec eux, signant radieux.



Oui ! Je les vois ! Humbles et doux !



Qu’aux éléments, dans l’harmonie

S’unissent les dieux et toutes les vies !

Sachez que l’homme a tout compris

Et que vous n’êtes plus ennemis !

Au vent, au feu il veut s’allier

Pour assainir et purifier

Chaque sillon de terre et d’eau

Qui pousseront le blé très haut.



L’homm’ tout petit vit de cueillette,

Cess’ de poser toute requête !



Il se blottit au creux des pierres

Bien réchauffé par le soleil.

Fait des outils et des tanières

Sans perturber les souhaits du ciel !



Feu, vent, eau, terre attend, attend,

L’homme est aussi un élément !



S’il prend à cœur de partager

Tout le contrair’ de ravager,

S’il tient à jour toutes ses notes

En oubliant ce qu’il mijote,

Il prendra part au grand festin

De ceux qui ont même destin.

Nous aimons tous les harmonies,

Que soit scellée la nouvelle vie !



Allons, allons fêter Chronos

Qui de sa main serre Ouranos !

Et célébrons avec Hermès

Les noces d’Héra au bel Arès !

Allons, allons vivons le temps

Où l’élément court dans le vent !

Allons, vivons avec la terre !

Avec le feu fêtons la mer !

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 08:08

Pardon la terre, je t’ai pliée,
Pour mon profit, je t’éventrais.
De tes largesses j’ai profité
Je te pillais, je te violais.
Je te glaçais de mes tortures
Sans me soucier des déchirures
Te dévorais jusqu’aux poumons
Orgueilleux de mes déraisons.


Mais tu es là, tu agonises !
Qui te donn’ra juste un peu d’air

Puisque j’ai mutilé le vent ?
Depuis le jour où je fus fier,
Où je jouai le grand savant,
Il m’a fallu tout maîtriser
Changer les vents, tordre l’éclair
Tourner sa force en ses repaires.
Que n’ai-je vu changer les temps !
Et je suis là qui me répands !

Pardonnez moi ! Fermez l’enfer !
Je suis brûlé de bile amère !

Tombe le feu qui me dévore
J’avoue bien haut que j’ai eu tord
Que cessent cendres et folies
Des jets de laves en furie !

Mer, mer entends ma longue plainte,
Abandonne toute contrainte.

Reste géante et reine des lunes,
Rends ta colère, borde les dunes.
Dorénavant je me repends
Confus, contrit de tout ce temps
Où j’atteignais ton équilibre
En faisant croir’ que j’étais libre.
Terres et mers soyez mon sang,
Feu, air, mes os, tout mon élan.

Avec vous tous, il est grand temps !
Que je devienne un élément.
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 12:10

Un nuage passe dans le ciel azuré.

Une ombre s’étire sur un sol asséché.

La ligne des tombes noires noircit encore.

Les ciel gris et pluie fine assombrissent la mort.


Un voile déchire en pur silence ma pensée,

Ouverture au passé comme terre brûlée.

Plus rien n’y pousse où le cerveau dort sa paresse,

Où la tendresse dérobée devient détresse.


La langueur des journées, lasse, s’étire en vain,

En si longues heures, noires dès le matin,

Sur la vieillesse, là, pas à pas prolongée.


La vie rit au passé, pleure sur un futur,

Et descend dans un creux sa plus belle parure

Puis repose sans bruit, en perle abandonnée.

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 08:34

Rouge dans l’air et rouge au sol

Terre et nature en furie folle

Le sang bouillonne et les os craquent

Les dieux s’étonnent et les mains frappent.

Vulcain ne cesse de chauffer

Et dans sa forge d’usiner

Les plus gros fers d’un blanc cerise

Qu’il frappe sur l’enclume grise.


L’homme a voulu ! L’homme est foutu !

L’homme est de cendre ! Il est déchu !


De la forêt je fais bois mort

De la nation je fais brûlis !

Je ne fuyais pas les efforts

Pour réchauffer vos petites vies

J’étais à tous et partagé

Pour éclairer tous les foyers

Vous avez fait de moi produit

Qui se marchande pour vos profits !


Oui je vous hais ! Pilleurs de paix !

Même les dieux craignaient vos feux !


Mais pour un grain d’embout phosphore

Vous pourriez semer la mort

Pour une mèche de nucléaire

Vous détruiriez toute la terre !


Soyez honnis ! Hommes ennemis !

Soyez réduits ! Poussière de vie !


Fuyez l’orage et les éclairs

Priez l’oracle et le tonnerre

Artisans fous de l’énergie

Je vous décime en vos folies

Mon fer est feu brûlent les âmes

Ardente est l’eau bleu le tison

Vous étiez fous ! Et feu les hommes

Trouvent l’enfer comme maison !


Saisir, tordre ! Brûler, surprendre,

Tout laisser cendre ! Plus rien à vendre !


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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 18:08

Bouge la terre déplie tes armes

Envahis tout de feu de cendres

Consume à cœur le cœur des hommes

Fais taire ainsi toute Cassandre

Parle de forge agis dragon

Hurle de flamme et d’éperon

Déchire-toi sourde crevasse

Déchaîne-toi volcan vorace.


Que l’homme brûle ! Ainsi est dit !

Qu’il soit poussière et enseveli !


Je m’allongeais support des pas

Je prolongeais l’apport des bras

Fidèle et sûre en chaud et froid

Vous fournissait toujours de quoi

Vous l’avez fait le trou d’ozone

Détruisez tout tel ces Gorgones

Qui s’attelaient à ne laisser

Que les curieux tous pétrifiés.


Qu’il soit maudit ! La terre a dit !

Au feu d’enfer l’homme est détruit !


Je nourrissais mais j’empoisonne

Réjouissez-vous mais le glas sonne

Ma gorge s’ouvre et crache le feu

Mon œil éclaire tonnent les Dieux !


Soyez maudits ! A terre ennemis !

Sortez haïs ! Le monde a fui !


Répandez-vous déserts arides

Sillons fossés restez stériles

Feuilles roussies séchez vos rides

Routes et ponts choquez vos piles

Que tout soit feu sur le rivage

Lave rougie ou d’avantage

Cendres bien noires et fumées acres

Gaz puants et vrai massacre !


Tout est fini ! Elle a détruit

L’être en habit, son ennemi !

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 17:57

Limpide et pure au tout début

Cristalline dans ses cascades

Océane dans l’étendue

Sauvage dans ses escapades

J’ai supporté tous vos affronts

J’ai effacé chacun des crimes

Que vous les hommes avec aplomb

Vouliez pousser jusqu’à l’extrême


Je vous maudis dès aujourd’hui

Je vous maudis, enfin, c’est dit.


Continuez à me salir

Persévérez à m’enlaidir

Assainissez vos cales noires

En me prenant pour dépotoir

Je n’en peux plus de digérer

Tout ce que vous venez jeter

A faire de moi l’égout primaire

Vous m’incitez à la colère


Je vous maudis dès aujourd’hui

Je vous le dis c’est bien fini


J’étais la vie, je suis la mort

A vous plonger dans le malheur

Je serai là, telle vengeresse

Qui vous destine à votre sort


Je vous le dis, je vous punis

Je vous maudis, je vous détruis


Mes eaux seront hautes montagnes

Qui couvrent tout cols et campagnes

Point d’horizon, plus de limites

Où cieux et flots brûlent les mythes

En tsunamis et ouragans

Ne prenant plus soin de vos gens

Je détruirai toutes les nations

Pendant mille ans de déraison.

Je vous vomis et c’est acquis !

Soyez maudits ! Soyez détruits !

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 09:48

Je ne suis pas bien dans ma tête et j’ai mal dans mon cœur.

Accroché au piton de l’espoir, sur cette corniche de la mort,

J’ai froid dans mon enveloppe, je pense aux proches en exil.

Sur ma tête encapuchonnée cogne la tempête glaciale,

A mes pieds le vide d’un autre froid vertigineux

Que les abruptes parois d’une lutte pour la survie

Rendent plus menaçant que la tourmente enragée.

Dessous, l’oubli qui dévale les éboulis et s’échappe en passant.

Ils sont là qui tremblent pour moi entre l’exploit et la chute.

Je les entends qui pleurent et qui prient collés à ma vie,

Suspendus aux lustres et aux temps de cette longue nuit.

Babette et Romain ont laissé leurs jumelles pour le poste.

Ils tendent l’écoute au moindre signal. Mais je serre les dents.

Un fond de neige dans le réchaud pour un succédané de réconfort !

S’arc-bouter contre les maux de tête ! Eviter le sommeil !

Au dessus l’espoir au sommet d’une gloire éphémère !

Deux cordes essentielles qui soutiennent ma vie !

Mais aussi l’horreur des roches décrochées qui craquent

Au gel de la nuit, qui menacent de m’atteindre dans ma fierté.

Le ciel s’assombrit et le noir se répand comme un sort maléfique.

Mon cœur se perd dans les remords. Pourquoi suis-je là ?

N’y plus penser mais réfléchir ! Ce serait trop nul d’échouer ici !

Ne pas dormir ! Respirer ! Bouger lentement chaque muscle !

Un par un depuis les pieds jusqu’au crâne et redescendre !

Mobiliser les extrémités, ne pas les abandonner comme les gosses !

Rester en vie, éveillé, pour vaincre la montagne transie dans sa nuit.

Que ne suis-je un rapace qui se jouerait de ses détours ?

Que ne suis-je un géant qui gagnerait dans la journée ?

Plus que six heures à se suspendre au son de son souffle !

Courage ! Mon âme ! Tant que pulse chacun des ventricules

Je ne t’abandonnerai pas. Demain sera le grand jour ! Grand !

Ce sera le premier et le dernier ! Je l’oublierai pour attaquer encore

Les plus hauts défis et me soumettre aux passions dominatrices.

Ils seront fiers de moi. Mais ils ne sauront jamais combien je lutte.

Plus que cinq heures à veiller l’éveil à la veille de l’exploit.

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