Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de topotore
  • : Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
  • Contact

Recherche

12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 23:24

Le second prix du concours me fut attribué pour ce poème à la Maison de l'Ecriture et de la Lecture de Marseille. Poème libre : dix mots pour dire demain, mots écrits en italique.

 

 

 

 

 

 

Bientôt se profile, alerte, en démesure d’inventions,
Le futur des nuées musicales.

 

Tel un conteur éthéré, le musicien saisit les visions colorées

De son intime ailleurs,

Pour déployer ses bras souples et ses longs doigts habités

                De mille capteurs discrets.

 

Il enlace l’espace en corps à corps, sous la harpe boréale

Qu’il griffe délicatement, en accords d’images et ondes tendres,

Puis il détend son visage à transformer les astres

En mélodies sensibles, d’un regard calme et profond.

 

Des lumières douces se rangent sur l’échelle du génome universel,

Ouverte sur une vie sans heurts ni désaccords.

S’y pressent en symphonies vibrantes le clic des comètes vivaces

Et le clac des planètes cendrées.

 

Au clair de terre ombrée, jointe au grand chœur des galaxies,

Chaque voix s’émeut à désirer tellement que toutes les vies

Deviennent compatibles au tout nouveau monde enchanté.

Chacune harmonise les éléments en unité pérenne.

 

Allèle, Séquence, et d’autres savourent un acide pour se désoxyder.

Ribode, et Nucléïdes, grandes solistes des nuées, lancent l’hymne au temps.

Le maître captivé, de ses longues mains frémissantes, module en inimitables sons

Le flamboyant orchestre de la fête sidérale.

 

Et l’échelle, échevelée, celle où s’agitent les jeunes étoiles, ballerines lumineuses

En colliers d’étincelles, de se recoiffer sur les bases rythmées

Du feu harmonieux d’un mambo d’artifices asymptotiques.

 

                        Stellaires brillent les cuivres. Galactiques tonnent les puissants cors.

                        Et sur les cordes filantes, on rêve les notes qui s’illuminent

                        Comme l’artiste s’allume dans son univers cosmique.

Partager cet article
Repost0
3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 23:32
Joli cœur !
Je l'avais sur la main,
Je te l'ai donné,
Tu l'as pris !
Tu as tout pris,
Tu es partie !
Mon cœur !
A rire je ne l'ai plus,
Mais plutôt à mourir,
Tel écœuré je suis.

Cœur de pierre me suis fait.
Vaines tes railleries,
Futiles tes discours !
Si tu veux, à cœur perdu,
Me reprendre la main,
Sache, dame, que plus rien n'y fera,
Qu'il est fini, le temps du cœur,
Et que ma main, posée dessus,
Ne bougera plus, ne bougera jamais plus !

Partager cet article
Repost0
1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 13:03

L'adoption d'un genre est un exercice délicat.  Voici la requête d'une jeune épouse pour son fils né d'un autre père.

La mythologie nous donne mains exemples de poème épique.


 


 

Oh ! Roi ! Entends mes cris par delà les eaux !

Et porte attention à ma cause ici plaidée.

Par amour, j’ai engendré cet enfant de Philippe

Sans consulter nos aïeux bien aimés.

Quand leurs yeux m’aperçurent enceinte,

Dans le creux de leur souffle et la joie de notre union

Ne m’ont-ils pas soutenue de leur accord favorable,

Et n’ont-ils pas béni leur heureuse progéniture

Non sans organiser de glorieuses festivités.

Entends ! Oh ! Roi ! La joie de tes enfants !

 

Soit béni à présent parmi ceux que tu aimes

Et rends grâce à la fortune de celle qui t’a engendré.

Crée l’office sacré que tu présideras chaque année

Pour nous rappeler les bonheurs d’autrefois.

Qu’il en soit ainsi, et je te présenterai, moi, Arsinoé,

Mes guerriers les plus sûrs et les plus valeureux.

Ils te seront fidèles et sauront à jamais,

Même au combat, te connaître toi seul, Lagos,

Comme l’heureux inspirateur de ce doux cantique.

Entends ! Oh ! Roi ! Le chant de tes guerriers !

 

Oh ! Roi ! Nous savons les malheurs du pays

Qui ne freinent pas l’ardeur de tous ses citoyens

A s’entendre bien, par delà l’océan des douleurs.

Nous aimons notre roi et craignons son amour.

A faire justice qu’il n’éprouve nul remord,

Fier de tuer sa proie comme un aigle royal.

Qu’il nous protège des nations belliqueuses,

Et soutienne Ptolémée son futur successeur,

Cet enfant tout à lui dévoué qui, dans ses pas,

Marchera ! Oh ! Roi ! Qu'il te soit consacré !

 

 

Partager cet article
Repost0
13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 23:18

A vouloir embellir son récit poétique

N’en déplaise au diseur, l’attention, là, s’en va.

Quand tourne à mesure cadence ou petit pas,

Qu’il déclame un non-sens et l’oreille panique !

 

L’auditoire grogne et de quelques mimiques

Pousse le poèteux qui baisse les yeux, las,

Son allure alourdie des quolibets si bas,

A vêtir en travers le bonnet de comique.

 

Que la honte lui sied dit celui qui dormait !

Comme orgueil abêtit s’étonne un qui mourait 

Du plaisir de jeter sur le fier un reproche.

 

Qu’un poète ait la fibre à vendre des marrons !

Aucun trouble à ce fait ! Qu’il se mette au charbon,

Et sa vie d’apprenti nous le rendra plus proche !

Partager cet article
Repost0
13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 23:15

Quand le temps se répand, au fond d’une vieille âme

Se surprend à flâner aux échos d’un doux chant,

Il ménage un endroit d’où paraît, nonchalant,

Onde chaude en fil d’or, un désir vers la dame.

 

C’est mentir que de croire, et l’associer au blâme,

Que désir est malsain pour qui l’offre et souvent

Sait en vivre à l’aimer plus encor que ce vent

Dont l’ardeur fait tout voir et ranime la flamme.

 

Qu’il dévoile une jambe et le souffle à couper

Lui donne un tel émoi qu’il se perd tout entier,

Car c’est dur qu’être vieux et prolonger la vie.

 

Croyez-le jeunes gens, la plaisir est d’agir,

Et quand vous l’attrapez ne le laissez pas fuir,

Car si frêle os devient quand l’âge fond l’envie !

Partager cet article
Repost0
26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 22:00
 

Nuages enrhumés, vos contours s’enrubannent

De fils gris et cendres aux volumes gonflés,

Où creux noirs et sombres, en cyclone envolés,

A tout puissant éclair, de vibrances s’haubanent.

 

La plombée de ciel fauve en déluge ricane.

La tornade en habit déchaîne sa beauté

Dans le saut des gros grains qui détruisent le blé.

C’est là que, sans détail, le feu prend ma cabane.

 

Non ! Non ! Il ne pleut pas ! Les forces font effroi,

La terreur de l'orage et les couteaux du froid.

Par tant d'eau assomé, je dénie toute envie.

 

Soit ! La pluie n'est pas là ! La peur des éléments

Tétanise mon être et c’est pourquoi je mens.

Ne serait-il pas mieux que tombe l'Eau de vie ?

Partager cet article
Repost0
7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 13:39

Usé de n’être pas,

Usé de n’avoir pas.

 

Etre endormi de cette usure,

Usé même de cette usure,

Je me suis, suivant que j’étais,

Je me suis. Tout ce que je fais !

Je fais tout suivant que je suis,

Devant, derrière, où je fuis.

 

Usé de n’être pas,

Usé de n’avoir pas.

 

Halluciné de l’usurper,

La place qui m’aurait aidé

A être là ce que j’étais,

Sûr du seul fait que je serai.

Je fuis devant ce que je suis,

Derrière aussi ! Reste l’ennui !

 

Etre pas si usé !

N’avoir pas ! C’est osé !

 

De tes pensées là tu abuses,

Et la risée, ça, ça m’amuse.

Tu es bien ce qu’avant tu fus.

Et ce ne sera pas refus

De croire que, oui, tu seras,

Là, le plus gentil des papas.

Partager cet article
Repost0
5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 14:31

    Temps suspendus au fleuve incandescent des laves d’un volcan de désirs où l’amour impossible s’épanche en coulée de larmes,

   Temps suspendus aux vaines agitations qui trahissent l’inerte lassitude d’un temps qui ne compte plus les déboires, d’un temps que le présent efface après chaque instant,

    Temps suspendus comme les nœuds coulants aux bois mouillés d’un temps qui passe et repasse en roulant comme se meuvent les reflets d’un courant calme,

    Temps suspendus aux désirs cachés d’un autre qui attend l’écho de la chute du cailloux jeté tout au fond du puits,

    Temps suspendus à la rencontre de soi, là même ou le décalage s’accroît entre les figures diverses et obscures de sa personnalité complexe

    Temps suspendus à la découverte de l’illumination qu’une écriture imprimerait sur la marge révélée d’un feuillet sourd de sa vie secrète,

    Temps suspendus, là, dans le long silence d’un son que l’on attend, ne sachant pas vraiment s’il vient du musicien ou du bout d’un autre monde où l’on s’en va,

    Temps suspendus à l’indignité d’un autre qui nous reproche sans égard la suspension de notre être, lui-même suspendu à notre chute hypothétique,

    Temps suspendus au résultat de vains efforts, suspendus peut-être au plaisir d’une sincère incarnation de la paresse, dans cet effort tendu vers son effet attendu,

    Temps suspendus au moment d’une émergence de la conscience ou de la découverte de la futilité des affaires engagées,

    Temps suspendus au bain d’un soleil doré qui brunit la peau comme un pain trop cuit, au train qui s’essouffle à grimper jusqu’aux pentes enneigées d'une neige qui étouffe ses efforts énergiques,

    Temps suspendus aux traces du passé que nous lisons pour un sens à notre futur, accrochant le présent à des clous qui rouillent de tout leur ferraillage,

    Temps suspendus à la fin des listes de nos plaintes, point d’exclamation que nous repoussons dans l’imaginaire, justement pour l'éviter,

    Temps suspendus comme les suspensions qui illuminent le salon où se réunissent enfants et parents pour se surprendre et se dépendre réciproquement.

 

    Suspendus à leurs rêves afin de découvrir la vie, seuls les enfants décrochent les temps suspendus de leurs parents, pour devenir à leur tour adulte et s’accrocher avec joie, persévérance, obstination, et jalousement à tous ces temps que leur temps suspendra bientôt.
Partager cet article
Repost0
5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 08:22

Adieu, adieu, liberté

                        Et autre fierté de la République !

                                                Au diable les sensations,

                                                Les intuitions,  et les émois !

                        Chaque membre est guidé

                        Chaque geste est préparé à l’avance

                        Chaque doigt est animé sans forcer,

Sans effort, ceci grâce

Au concours des batteries de capteurs,

Pilotés en haut lieu

Par un Dieu méconnu.

Adieu, adieu, liberté

                        Et autre fierté de la République !

                                                Fonctionnement des capteurs oblige,

                                                Pour aimer choisissez :

                        Tapez un pour masculin

                        Tapez deux pour féminin

                        Tapez trois pour les autres

Et laissez-vous guider

Par les mots synthétisés,

Pilotés en haut lieu

Par un Dieu mieux connu.

                                                Oh ! Futur sans lendemain,

                                                Tu fais peur et nous glace !

                                                Terreur dans nos âmes humiliées !

Partager cet article
Repost0
4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 08:17

Clair de brumes vaporeuses

Où s’étire la longue chenille

Où s’alanguit le nocturne fatigué

Où s’obstine à dormir le calme de l’eau.


Clair de brume élégante

Où s’allonge l’ombre éveillée

Où s’appellent les oiseaux musiciens

Et se mouillent encore les épis tout surpris.


Clair de terre charbonneuse

Où se terrent les rongeurs apeurés

Où se brûlent les serpents rectilignes

Où se meuvent les abeilles survivantes.


Clair de terre en désert

Où le vert a troqué son ocre croûte

Où la mer a mouillé son esquif « Equilibre »

Et le temps suspendu brusquement son battement lent.

Partager cet article
Repost0