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  • : Le blog de topotore
  • : Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 21:57

Nous avons marché bien haut dans la montagne, marché, marché sans arrêt, juste pour arriver avant seize heures au refuge. Lui, guidé par le devoir et la responsabilité, regardait souvent sa montre pour se rassurer. "Nous serons dans les temps si l'orage de nous ralentit pas." Moi, touché par le merveilleux spectacle de la nature, étonné de nouer au présent la folie des contraintes, je n'avais qu'une envie, celle de faire un pas vers l'immortelle qui vit là, sans avoir besoin de nous. Je l'aurais sentie, car leur parfum singulier me rappelle la consultation de vieux bouquins reliés, tout au fond du grenier. Je l'aurais admirée dans sa parfaite candeur. Elle est tout simplement là, sans la peur de l'orage, sans appréhension face aux gelée qui viennent, sans eau, sans terre, juste accompagnée de sévères roches et de quelques grains de sable. Elle n'attend rien et vit de sa sècheresse, sage dans son destin.

"On presse le pas !" lance-t-il pour s'accrocher au concret. " Mieux vaut arriver en avance que pas du tout !"

C'est imparable ! Qui pourrait se mettre en travers ?

Adieu la rêverie ! Adieu la poésie ! Le devoir d'abord ! On aura tout le temps  de rêver demain, si nous arrivons à temps.

Mais demain, ce sera pareil ! L'homme de devoir se trouve toujours une bonne raison pour éviter de rêver. Alors que moi, je rêve pour fuir les contraintes et je trouve toujours une bonne raison pour avoir dérogé à la règle et manqué la cible.

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 22:17

Au Toursky, le film de Gérard Mordillat d'après la pièce de Frédéric Lordon, pièce du même titre.

 

Je retiens ces mots du réalisateurs : banquiers et politiques tournent dans le même espace, (une friche industrielle dans le film), et leur langue, celle que nous diffusent les médias, n'est qu'une tromperie permanente.

Le texte de la pièce est en alexendrins, et le fait pour nous d'utiliser une autre langue que la leur est un premier acte de résistance au mode d'occupation sémantique qu'ils nomment la communication.

Un exemple, nul ne parle plus de " plan de licenciement ", mais " de plan de sauvetage de l'emploi ", appelé aussi plan social ! Celui qui a pondu cette audacieuse duperie est un génie !

 

Je donne un autre exemple. On ne parle plus de la "sécurité de l'emploi " mais de la " flexsécurité ", ce qui nappe le tout d'un épais brouillard.

Et si chacun pensait, au lieu de "crise", au mot "escroquerie", nous aurions instantanément l'image des escrocs qui sont en train de spolier toutes les richesses du peuple. Et nous savons qui ils sont.

 

Mais pour revenir aux alexendrins, il faut reconnaître que c'est une langue absolument merveilleuse, et que l'artisan de ce langage, l'artiste du verbe, développe ici une arme puissante à laquelle nos soi-disant élites ne sont pas préparées.

 

Un film à voir et à revoir, pour en savourer de plus amples morceaux. On peut craindre qu'il ne soit pas beaucoup diffusé dans les circuits officiels, alors, ne le ratons pas.

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 20:48

Dire que la lecture n'est jamais perte de temps

Dire que la poésie toujours ouvre l'esprit

Dire aussi sa langue comme le précieux trésor qu'il faut sans cesse enrichir

Dire que le mot juste relève du mystère et résonne comme un miel cristallin

Dire tout le plaisir à cerner la pensée par ces mots qui ne disent pas tout

Dire cette jouissance à jouer de la chance qui permet de jongler avec eux

Enfin ! N'oublions pas cette affreuse responsabilité d'avoir à en user

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 23:35
De toutes celles dont j'ai souvenir, la plus mystérieuse des créatures
me tourmente par la seule aura de son être, me bouleverse au seul
souffle de sa voix, me transporte sous l'effet inattendu de son charme
incandescent.

Le tourment tient à cette question : mais qui est-elle pour que je vibre
à tenir sa douce main dans les miennes ?
A cette autre question surgit la peur : vers quel ciel serai-je lancé
quand je pourrai l'enlacer jusqu'à toucher les battements de son cœur ?
Et l'angoisse de venir à ces mots : qu'adviendra-t-il de la tempête des
sensations quand le brouillard enrobera le mystère, quand les ombres
terniront les couleurs ?

La muse se rit des tourments de l'homme et s'amuse à simuler chacun des
attributs de la déesse, pourtant, de l'Olympe elle descend pour consoler
l'humain dont elle se sait aussi la fille.
L'homme gravit lentement les marches et lui témoigne sa gratitude, il
s'élève et se tend vers elle, il grandit et se trouve beau dans les yeux
de celle qui l'illumine de sa gracieuse flexion.

A la réflexion, le tourment nait de la distance !
C'est la chute.

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 22:35

Printemps de feu, printemps des intimitiés serrées, temps des éclosions de chaque force où la ferveur le dispute au repos lassif du froid, temps des espoirs que nulle ombre n'étouffera, vibration des ardeurs en vagues de tension qui illuminent les sangs, émotion des naissances où s'effacent les déceptions et se dresse l'oubli des soirs tristes.

Nombre de projets gravissent les perrons de l'imaginaire, réjouissances avant les faits, plaisirs à précéder les avances et sensations de sentiers de liberté que traverse un réel invisible.

Vite, la terre se réchauffe et le germe brûle de sa soif de lumière. Semis, plantations, observations donnent rendez-vous tôt le matin, jusqu'à rajeunir les articulations. Bientôt, l'exhubérance du végétal généreux n'aura de cesse d'étonner les papilles et de bouleverser les regards.

Sans hâte, sculptons le jardin. Son rythme régule celui du citadin perdu.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 17:28

Il est à terre, non pas abattu mais bien victorieux, fier de tenir dans ses serres la proie tant désirée. Il est à terre.

 

Il tournoyait dans le ciel sombre, fixait de son regard avide les mouvements incohérents du monde, savait que ce nouveau monde cupide lui serait favorable, se glorifiait en vol de voir les échanges débridés se faire avec ces petits billets verts gravés de son portrait.

 

Pendant des heures, il planait sans broncher, maîtrisant jusqu'aux vents et courants ascendants qui assuraient sa superbe. Son plan ne se compliquait jamais de détour ni de biais. Son plan ne souffrait pas la moindre erreur qui l'eut condamné à la déchéance. Non, son plan de vol avait tout de la plus grande simplicité, en même temps que nul n'y trouvait la pointe d'une quelconque inhumanité.

 

Voler tout ce qui peut l'être, et le plus légalement du monde. Il fallait attendre donc d'avoir de suffisants soutiens dans les gouvernements et parmi les législateurs. Il arrive que la loi encourage le vol et le dépouillement... C'est fait !

Pour un aigle, c'est dans sa loi, le vol, et même au dessus des nids,audessus de nous. Sa proie est là. Il ne sera pas inquiété. Aucun autre prédateur ne lui fera la guerre. Les états lui sont acquis. Il peut se comporter en charognard, tout est sans vie.

 

Et même au plus haut de sa gloire, la maîtrise du monde serrée à ses pieds, certains continuent à le servir, l'aigle impérial. L'Europe n'a pas fini de lui garantir son gain. Elle fait un nouveau traité pour dominer sur tous ces petits peules qui ne savent plus comment faire. Il se nomme le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l'Union économique et monétaire. (Que des gros mots pour dire que plus personne ne gouverne).

 

L'aigle impérial a gagné une bataille mais la guerre ne fait que commencer. La France s'est toujours débarrassée des empereurs. Encore faut-il les identifier !

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 22:17

Sur une idée de Christine, une déclinaison infinie ! Tout le monde peut y jouer !

 

Y en a marre du sérieux, le masque raisonnable des grands voyous !

Y en a marre du mensonge, la voie que prend la raison d'Etat !

Y en a marre du mépris, la semelle écrasante des grandes pointures !

Y en a marre de la casse, la colère déguisée d'une bonne gouvernance !

Y en a marre de la surveillance, l'ambition sécuritaire des pions désoeuvrés !

 

Y en a marre d'en avoir marre, signe de la déprime ou prémice de la révolte !

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 23:10

L'éducation culturelle donne une chance à chacun, celle de pouvoir grandir, celle d'apprendre à penser.

Mais penser n'est pas dépenser. Cela ne fait pas l'affaire des cupides. Aussi, les nouvelles orientations culturelles ou plutôt les économies culturelles ne provoquent pas seulement l'absence de culture, mais elles obligent chacun, non plus à penser, mais bien à dé-penser. Dépenser, voilà qui plait aux mafieux organisateurs d'un monde meilleur ! (Mais pas pour tout le monde !) Allez, braves gens ! Ne pensez plus mais dépensez, pour votre bonheur ! ! !

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 10:21
"Au revoir et merci d'être passé me rendre cette petite visite ! Portez-vous bien !"
Il faut absolument que je change les numéros du digicode !

"Votre texte me plait beaucoup. Il y a vraiment un ton particulier qui fait toute l'ambiance !"
Le joli blanc de la feuille de 100 grammes lui donne toute sa valeur !

"Mes félicitations, Madame, pour l'éducation de vos enfants ! Ils n'ont pas bronché de toute la journée au château !"
Dès les premières minutes, je leur ai fait visiter, dans les sous-sol de la vieille tour, la salle des tortures et le couloir qui menait aux oubliettes.

"Je suis très content des propositions que vous me faites. Considérez que l'affaire est dans la poche. J'ai juste besoin de deux jours de réflexion. A bientôt !"
Le concurrent est à moitié prix. La réflexion de me prendra pas deux jours !
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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 18:46
Très tôt, l'éducation nationale prive l'enfant de ses capacités créatrices en muselant sa curiosité.
Très tôt, l'éducation nationale empêche les jeunes d'aimer et de s'aimer, ce qui motive au dépassement de soi.
Très tôt, l'éducation nationale prône la compétition, tout le contraire du vivre ensemble.
Pourtant, l'homme est fait pour créer, aimer, et vivre en commun !

- Je fais quoi, moi, en bout de phrase ?  - Tu fais le point !

Pervertir la lumière, c'est en faire une ombre alors qu'elle est claire.

La vie s'illumine à la seule pensée qu'elle pourrait s'éteindre.

La plus belle des histoires est celle que je lis dans le regard de l'enfant qui écoute.

Faire le point, c'est choisir la route.
Faire la route, c'est partir d'un point.

L'autre, c'est toujours un peu moi ! Mais je ne voudrais pas que la réciproque se vérifie !

Ne dit-on pas : "c'est de bonne guerre" alors que ça n'existe pas !

C'est un vrai plaisir de repenser à tous ces petits bonheurs que je n'ai pas épuisés. Ils vivent encore !

En politique, le peuple est concerné par les décisions à prendre. Il est ensuite consterné par les décisions prises.

L'envie de ce qui manque c'est comme la curiosité au bord du gouffre.

La dignité est un mythe. On la perd à chercher d'où elle vient.

Si Léonard de Vinci était le génie du croquis, on dira, plus tard,
que M. Huillard de Vinci était le génie du profit !

Je n'ai pas de courage ! A moins qu'il soit courageux de n'en avoir pas !
Je ne suis pas triste ! Bien qu'il soit triste de ne l'être pas !
Je suis comme tous les hommes ! Soucieux pourtant de n'être pas comme eux !

Je sais que je suis inutile ! Bien que l'inutilité soit aussi utile que tout le reste !
Du reste, il en reste toujours quelque chose, aussi futile qu'inutile !

L'inquiétude ne dit pas la quiétude qu'elle procure !

La meilleur preuve d'une humanité, c'est l'ardeur montrée par les hommes à la détruire !
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