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  • : Le blog de topotore
  • : Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 21:23

Une douce caresse de brume scintillante

Pour te rendre belle comme une jeune étoile.

Une jardinière de pensées chaleureuses

Qui s'ouvre en bouquet parfumé

Pour que ma présence

Discrètement

Se faufile à tes côtés.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 20:29

Lorsqu'il était arrivé barbu du Kamtchatka...

Que pouvais-je lui donner, à part ses médicaments ?

Quel espoir ? Il avait une telle envie de ne pas mourir...

Je n'ai rien raconté à ma mère. Elle ne m'aurait pas comprise. Elle m'aurait blâmée. Elle m'aurait maudite. Car ce n'est pas un cancer ordinaire, dont tout le monde a peur. C'était celui de Tchernobyl, encore plus terrifiant ! Les médecins m'ont expliqué que si les métastases avaient frappé les organes intérieurs, il serait mort rapidement. Mais elles se sont répandues à la surface, sur le corps, sur le visage... Il était recouvert d'excroissances noirâtres. Son menton avait disparu. Le cou aussi ! Sa langue pendait. Des vaisseaux éclataient et il avait des saignements. J'apportais de l'eau froide, je faisais des compresses ; rien n'y faisait. C'était horrible. Tout l'oreiller se couvrait de sang... J'apportais une cuvette... Les jets de sang y tombaient avec le même bruit que le lait dans un seau pendant la traite de la vache... Ce son... Si calme, si campagnard... Je l'entends encore, la nuit. Tant qu'il était conscient, il tapait des mains. C'était notre signal convenu : "Appelle l'ambulance !" Il ne voulait pas mourir. Il avait quarante cinq ans... J'appelle les urgences, mais on nous connaissait. Personne ne voulait se déplacer : "Nous ne pouvons pas aider votre mari !" Une piqûre, au moins ! De la drogue. Je le piquais moi-même. J'avais appris à la faire. Mais l'injection ne faisait qu'un bleu sur la peau, sans se diffuser. Une fois, je suis parvenue à les convaincre et l'ambulance est venue.

C'était un jeune médecin... Il s'est approché de lui pour reculer aussitôt.

-Dites, ce n'est pas une victime de Tchernobyl ? Il ne fait pas partie de ceux qui ont travaillé là-bas ?

-Si !

Alors, je n'exagère pas, il s'est exclamé :

-Ma pauvre ! Que cela se termine le plus vite possible ! J'ai déjà vu mourir des Tchernobyliens !

Mais mon mari était pleinement conscient et il entendait tout. Mais il ne savait pas, ne devinait pas qu'il était le dernier de son équipe à être encore en vie. Le dernier...

Une autre fois, c'est une infirmière qui est venue. Elle est restée sur la palier. Elle n'est même pas entrée dans l'appartement.

-Excusez-moi, je ne peux pas.

Et moi, est-ce que je pouvais ? Je pouvais tout. Il criait... Il avait mal... Toute la journée... Alors j'ai trouvé la solution : je lui injectais de la vodka. Il se débranchait. Il s'oubliait. Ce sont d'autres femmes qui m'ont soufflé ce remède. D'autre femmes qui avaient connu le même malheur...

Ma mère venait : "comment as-tu pu le laisser aller à Tchernobyl ? Mais comment as-tu pu ?" Mais quel moyen avais-je de l'empêcher ? Et lui, l'idée de refuser d'y aller ne l'avait même pas effleuré. C'était une autre époque. Comme en temps de guerre. Une fois, je lui ai demandé : "Regrettes-tu d'y être allé ?" Il a remué négativement la tête. Et il avait écrit dans le cahier : "après ma mort, vends la voiture, vends les roues de rechange, mais n'épouse pas Tolik." Tolik, son frère, était un peu amoureux de moi.

Il y a des mystères... Je me tenais assise auprès de lui. Il dormait. Il avait de si beau cheveux. J'ai pris une mèche et je l'ai coupée... Il a ouvert les yeux et il a vu ce que je tenais dans la main. Il a souri... J'ai gardé de lui sa montre, sa carte militaire et la médaille qu'il a reçue pour Tchernobyl...

(Après un silence...) J'étais tellement heureuse ! A la maternité, je passais mes journées à l'attendre, près de la fenêtre. Je ne comprenais pas réellement ce qui m'arrivait, quand j'allais accoucher? Je n'avais besoin que de le voir... Je ne me lassais pas de le regarder, comme si je sentais que cela devait se terminer un jour. Le matin, je lui préparais le petit déjeuner et j'admirais sa manière de manger. Sa manière de se raser, de marcher dans la rue. Je suis une bonne bibliothécaire, mais je ne comprends pas comment on peut aimer son travail. Je n'aimais que lui. Lui seul. Et je ne peux pas vivre sans lui. La nuit, je crie... Je crie dans mon oreiller, pour que les enfants n'entendent pas...

Je n'imaginais pas une seconde la maison sans lui. Ma vie sans lui. Ma mère, mon frère me préparaient. Ils faisaient de discrètes allusions, me rappelaient que les médecins conseillaient de le faire entrer dans un hôpital spécial aux environs de Minsk. Là où, avant, on envoyait les malades incurables... Les victimes d'Afghanistan... Des estropiés sans bras ni jambes... Et maintenant c'était le tour des Tchernobyliens. Ils me suppliaient : il serait mieux là-bas ! Il y aurait toujours des médecins à portée de la main. Moi, je ne voulais pas en entendre parler. Ils l'ont alors persuadé et c'est lui qui me demandait : "amène-moi là-bas. Ne souffre pas."

Il a rempli de supplications tout notre cahier. Il m'a obligé à donner ma parole. Alors je suis allée en voiture, avec son frère. Au bout d'un village qui s'appelait Grebenka, se dressait une grande maison de bois avec un puits qui tombait en ruines et des toilettes dehors. Elle était tenue pas de vieilles femmes vêtues de noir. Des religieuses... Je ne suis même pas sortie de la voiture... La nuit, je l'ai embrassé : "Comment as-tu pu me demander une chose pareille ? Jamais je ne le ferais. Jamais !" Je l'ai couvert de baisers...

Les dernières semaines furent les pires... Pendant des demi-heures entières, je l'aidais à uriner dans un petit bocal. Il ne levais pas les yeux. Il avait honte. Et moi, je l'embrassais. Le dernier jour, à un moment, il a ouvert les yeux, s'est assis, a souri et a dit : "Valioucha !"

Il est mort seul... L'homme meurt seul... Des collègues l'ont appelé de son travail : "Nous allons lui apporter un diplôme d'honneur?" Je lui ai dit : "Tes gars veulent venir." Il a fait : "Non ! Non !" de la tête. Mais ils sont venus tout de même... Ils ont apporté de l'argent et le diplôme, dans une pochette rouge ornée du portrait de Lénine. En la prenant, j'ai pensé : "Mais pour quelle cause meurt-il ? Dans les journaux, on écrit que ce n'est pas seulement Tchernobyl qui a explosé mais le régime communiste. Et le profil sur la pochette rouge n'a pas bougé..."

Quand il est mort, personne n'osait s'approcher de lui. Selon nos coutumes slaves, les membres de la famille n'ont pas le droit de laver et d'habiller le défunt. On a fait venir deux employés de la morgue. Ils ont demandé de la vodka.

-Nous avons vu de tout, m'ont-ils dit. Des victimes d'accidents de la route, des cadavres d'enfant calcinés dans des incendies. Mais une chose pareille, c'est bien la première fois ! Les Tchernobyliens meurent de la façon la plus horrible...

(Elle s'arrête !) Quand il est mort, il était très chaud. On ne pouvait pas le toucher... J'ai arrêté l'horloge de la maison. Il est sept heures du matin. Elle est restée ainsi jusqu'à ce jour. Impossible de la remonter... On a fait venir un horloger. Il a eu un geste dépité.

-Ce n'est pas mécanique ni physique. C'est métaphysique ! (...)

On me l'a pris ! De quel droit ? On lui a apporté la convocation barrée de rouge le 19 Octobre 1986... Comme pour la guerre...

Valentina Timofeïevna Panassevitch, épouse d'un liquidateur.

Tiré de "La supplication" Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse

Témoignages recueillis par Svetlana Alexievitch. Collection poche "J'ai lu"

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 21:51

Bonsoir à tous,

Je vous renouvelle tous mes voeux pour cette nouvelle année. Et nous allons la placer sous le signe de la résistance, la résistance par le menu. Emission : Mets de résistance.

Non ! Nous ne pouvons pas continuer à laisser s'accroître les inégalités outrancières.

Non ! Nous ne pouvons pas nous résigner passivement à regarder la destruction de notre environnement.

Non ! Nous ne voulons pas de cet horrible désordre mondial imposé par une bande de prédateurs sans état d'âme, eux-mêmes possédés par l'idéologie à laquelle ils croient pour la seule raison qu'ils s'enrichissent, à outrance.

Non ! Nous ne serons pas de simples consommateurs aveugles et inconscients, avides comme eux.

Nous pouvons mettre en avant le pouvoir du peuple, base de la démocratie, nous pouvons refuser d'abdiquer parce que cette démocratie nous en donne le droit. Nous allons refuser de nous soumettre.

J'ai commencé à vous parler dans la dernière émission au sujet de l'éthique. Une fois indignés, sous l'inspiration de Stéphane Hessel, nous cherchons quels sont nos capacités pour agir. Eh ! Bien, une de ces possibilités, c'est de devenir des citoyens responsables. Pour cela, il est nécessaire de se pencher sur les problèmes d'éthique.

Tout d'abord, c'est quoi l'éthique ? Est-ce différent de la morale ? Y a-t-il un lien entre l'éthique et la légalité ? Y a-t-il un lien entre l'éthique et la légitimité ? Autant de question qui nous poussent à penser, à nous informer, à dialoguer avec les autres, à créer des nouveaux liens, autant de questions qui nous poussent à créer. Et je vous l'ai souvent dit, créer, c'est résister. Résister, c'est vivre.

Beaucoup de gens n'ont pas résisté, dans des temps difficiles. Ils ont tout simplement obéi aux ordres. Tout simplement, tout bêtement, sans plus de conscience que de suivre l'ordre, mais quel ordre ! Ils ont laissé faire. Et nous savons que toutes les conditions aujourd'hui sont réunies pour que chacun de nous laisse faire, préoccupé par son propre train-train, englué dans le désir de posséder en oubliant que le plus important c'est d'être. Toutes les fenêtres médiatiques nous assomment, nous envahissent de suggestions pour créer des désirs toujours renouvelés, toujours inassouvis. Le but de ce matraquage c'est de nous faire oublier qu'il faut parfois prendre le temps de penser à ce que nous faisons, de penser à ce que nous acceptons, de penser à ces incohérences que l'ordre nous impose.

Juste un exemple. Nous achetons pas cher des fringues qui valent le coup. Et moi aussi ! A Décathlon, des produits marqués Queshua. A Auchan, des produits marqués Inextenso. A Lidl, des produits marqués Livergy. A vous de compléter la liste. Nous savons qu'ils sont fabriqués dans les pays asiatiques où les travailleuses et les travailleurs ne sont pas respectés, où le salaires sont misérables, où les conditions de travail sont inqualifiables, où le code du travail n'existe pas, où finalement s'est installé l'esclavage moderne. N'ayons pas peur des mots.

Quand un immeuble du Bengladesh s'est effondré, (Rana Plaza), il n'y a pas si longtemps, les jeans Inextenso s'éparpillaient dans les décombres parmi les mille cent vingt sept morts. Des morts vivants qui avaient succombé déjà bien avant l'accident, à vivre comme des chiens affamés que personne ne considère et qui bossent 12 h par jours 7 jours sur 7 à longueur d'année. Parmi eux, des mineurs ! Des enfants !

L'Ethique serait peut-être ce lieu précis, ce croisement de routes où tout le monde s'accorde sur une prise de décision. La position d'un comité d'éthique détermine le champ d'action recommandé pour la satisfaction de tous. Par exemple, la dignité de l'être, quel qu'il soit, est une valeur qui doit toujours être respectée. Une autre valeur éthique, c'est la pérennité de notre habitat. L'extraction des ressources de la terre ne peut se faire qu'à cette seule condition que la terre puisse reproduire les quantités qui lui sont extraites. On voit les problèmes que ça pose. Ce sont des questions éthiques. Elle ne remplace pas la loi. Elle invite au bon sens. Elle n'est pas une loi.

J'ai connu la vie des paysans du Morvan dans les années 50 et 60. Les petits hameaux vivaient presque totalement en autarcie. On tuait le cochon pour passer l'hiver avec quelques protéines animales et du saindoux. On stockait les châtaignes qui aidaient à faire les soupes. Les fromages de chèvres séchaient en septembre ! Le miel ne se gaspillait pas. Les volailles assuraient toujours les oeufs, et les vaches le lait. Le foin comblait les étables...Quelle femme ne savait pas tricoter ou filer ? Qui jetait les chaussettes trouées ? Qui saccageait les bosquets et les bouchures au point de n'avoir même plus de lieu où placer le collet pour piéger un lièvre ? Bien souvent ces haies abondaient de noisettes et de mures quand ce n'étaient pas des noix ou des pommes sauvages, parfois des framboises. Mais je m'égare ! Je vous racontais ça pour vous dire que la culture vivrière était la règle et que chacun savait demander de l'aide à son voisin dans les moments difficiles, pour les moissons par exemple.

L'éthique n'était pas sur le devant de la scène comme elle l'est aujourd'hui. Les atteintes à la pérennité de notre maison, la terre, sont d'une gravité jamais égalée. Le pouvoir ne peut pas rester aux seules mains des scientifiques et des financiers, de tous ces soit-disant experts irresponsables qui sont en train de scier la branche sur laquelle tout le monde est assis, même eux.

Je vous lis ici une page du très beau livre de Pierre Rabhi. « Manifeste pour la terre et l'humanisme. » Edition Babel en livre de poche.

Il résume en quelques mots le fond de notre pensée. Il nous pousse à penser l'éthique d'aujourd'hui. Et c'est là une des spécificité de l'éthique, c'est son actualité. L'éthique d'hier n'était pas celle d'aujourd'hui. Nous devons la penser avec les spécificités de notre environnement, et de notre temps.

Je vous disais que tout le monde, savant ou pas savant, pouvait participer à des commissions d'éthique. Je vous disais aussi, même si cela déplaît à certains, qu'il ne peut pas y avoir d'expert dans ce domaine. Dans une commission d'éthique, tous ont la même voix. Le poids de chacune est égal. Un spécialiste dans sa discipline peut éclairer certaines pensées en s'appuyant sur ses connaissances mais il ne peut pas emporter une décision éthique. Celle-ci appartient à la commission, avec une unanimité des participants. Sinon, la décision ne peut être prise. On voit ce problème aujourd'hui avec le récent jugement sur l'acharnement thérapeutique des médecins, que les juges n'ont pas considéré comme tel. Il leur faudrait tous se rencontrer pour échanger jusqu'à l'unanimité d'un choix. Ce serait un choix éthique, aussi délicat qu'il puisse paraître, un choix possible qui est le terme ultime de très longs dialogues .

L'éthique n'est pas la morale. Certes la morale change et évolue dans le temps, mais l'éthique ne se réduit pas à cette morale et ne se définit jamais par des règles. Il ne peut y avoir de règle éthique. Il n'y a que des positions éthiques, ou des dispositions éthiques, lesquelles ne peuvent pas toujours s'exporter ailleurs dans le monde... Il n'y a pas de règle parce que l'évolution des dispositions éthique se fait plus rapidement que l'évolution des règles. Par exemple, on pourrait imaginer que les éleveurs bretons s'accordent finalement sur des dispositions éthiques quand à l'élevage du porc. On peut rêver ! Les règles n'en découleraient que bien des années après. Il pourrait même y avoir des usages selon quelques nouvelles concluions issues de ces choix éthiques bien avant que la loi ne légifère finalement sur l'élevage des porcs.

Je ne veux plus faire un commerce quelconque avec la société Unilever, parce qu'elle est hors la loi en l'occurrence dans le bras de fer avec Fralib à Gémenos. La société ne respecte pas la loi française. Nous avons le pouvoir de citoyen responsable, celui de ne plus faire commerce avec cette société. Nous savons en plus qu'elle a accepté de louer des centaines d'hectares au Kenia, pour sa culture intensive de thé, usage des pesticides réglementé par l'ONG Rainforest Allaince. Nous savons qu'elle exploite douloureusement les habitants de ces terres qui ont étés spoliés et violés, avec l'accord de leur gouvernement. Unilever n'est pas une entreprise soucieuse d'un minimum d'éthique. La dignité des êtres ne rentre pas en ligne de compte dans ses choix. Pourtant elle soutiendra que oui. « Mais on s'en fout. » Nous ne voulons plus de ses productions, et c'est là le plus grand pouvoir dont nous disposons. Et, pour savoir quels sont les produits de cette multinationale, il suffit d'aller chercher sur internet, sur le site de Fralib.

L'entreprise BDS contre Israël commence à faire son effet sur l'économie de cette enclave en Asie mineure. Je dis enclave à cause du mur de la honte qui les isole du monde. C'est l'économie comme l'ont connue tous les pays colonisateurs.

BDS, ça veut dire Boycotte, Désinvestissement, Sanction.

Le premier ministre reconnaît depuis peu que cette attitude peut jouer énormément sur l'économie du pays. Il nous faut continuer à faire pression. A Montpellier le 23 Janvier prochain, il va y avoir le procès de Yamina, Jeanne et Bernard que l'on accuse d' incitation à la haine raciale, selon la loi Alliot Marie. S'il n'y avait pas eu de boycotte de l'Afrique du Sud, il y aurait toujours le régime de l'Apartheid, et Nelson Mandela serait mort en prison...

Le boycotte fait peur à n'importe quel pouvoir ? C'est la force du peuple. Nous pouvons par ce moyen imposer aux dirigeants de respecter une certaine éthique, et faire que les multinationales comme Orange, par exemple, ne pactisent plus avec les gouvernements qui pratiquent la discrimination et qui occupent illégalement des territoires. Il y a beaucoup de raisons qui vont nous pousser à éviter de faire commerce avec telle ou telle entreprise. Un autre exemple : les Cafés Malongo qui se targuent de pratiquer le commerce équitable alors que la transparence n'est pas leur fort à ce sujet. On peut reprocher aussi à France Inter comme aux autres radios de faire de la pub pour de telles entreprises. Est-ce que EDF opte pour une éthique de la distribution de l'énergie ? Est-ce que les commissaires européens agissent après avoir adopté des engagements éthiques ?

On peut se poser ces questions. On peut se poser la question de savoir combien de temps encore auront-nous la liberté de résister de la sorte aux exigences éthiques. La résistance des citoyens responsables sera plus grande que la leur.

Nous aurons encore l'occasion d'en parler. Heureusement il existe une autre arme, c'est l'art. Et Marseille est une pépinière tout à fait exceptionnelle d'artistes en tout genre, de créateurs d'associations qui vont voir leur subvention diminuer comme peau de chagrin mais qui vont résister de toutes leurs forces.

Il faut que je vous parle de ce vieux gréement tout en bois qui pèse 43 tonnes et qui est au carénage de Port Corbière, au delà de l'Estaque. L'association cherche des amis bénévoles pour aider à peindre et fignoler l'extérieur du bateau ? Et ces bénévoles pourront participer aux voyages organisés autour de notre belle rade et près des Iles du Frioul, voyages prévus dès la moitié du mois de Février. Pour ceux qui aiment la mer, c'est une occasion unique de rencontrer des gens fort dynamiques et créatifs. Visiter me site l'association Goel'en et rendez-vous au Port de Corbière pour voir le bateau hors de l'eau ? C'est impressionnant. Vive le Liberté III.

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 09:14

Allégresse et tristesse nous ont enchantés, rythmes et silences nous ont transportés dans le profond de son univers poétique. Univers si délicieusement délicat et subtilement mélodieux que lui-même y puise son énergie comme s'il se délectait de la source fraîche de ses aïeux. Après le spectacle qui a soulevé les admirateurs, qui les a fait respirer, qui les a fait murmurer, qui les a tenu en haleine durant quelques longs silences chargés de sons et de questions, durant les soupirs et les poses qu'il soutient avec justesse, Elvas me confiait s'être chargé d'énergie au point de désirer chanter encore et reprendre sa guitare pour rythmer son plaisir jusque tard dans la nuit. Une pêche d'enfer !

Lisbonne, Marseille, Kingston est un recueil de pépites comme on le souligne au Point de Bascule. Le Sweet Quartet en a magistralement montré ses joyaux pour terminer sur une surprise émouvante dans laquelle le chanteur donne tout : joie, colère, tristesse, espoir, désirs et rêves, le tout dans le plus grand silence d'une salle chaleureuse, touchée et parfois même bouleversée.

Elvas, au chant, s'accompagne de sa guitare, ou peut-être l'inverse. C'est un artiste inspiré du Fado portugais, des vers de Pessoa, de la Jamaïque, et riche de la multitude marseillaise. C'est un jongleur de notes, des diminuées, des transposées, des mineurs et des majeurs. Couleurs et blancs s'accordent, douceurs et puissances se déclinent, reggaes et ballades alternent, chuchotements et cris surprennent, une palette riche que souligne en rythme le Sweet Quartet. Anne Gambini au violoncelle donne rondeurs et réconforts, Stéphane Lopez à la contrebasse bâtit avec assurance les fondements de chacun des assemblages, Patrice Porcheddu à la rythmique garantit la netteté de cette trame invisible sans laquelle ne se conjugueraient aucune improvisation, et enfin, réservée pour la fin, la présence d'Alix Gomez, choriste lanceuse de sourires. Elle mesure le battement des cœurs, et son jeu, (pas seulement au casou!), dans l'ombre d'Elvas, ajoute au chant le relief coloré que chaque spectateur aura pu admirer. Tous les deux, dans cette musique, sont complices comme des voyelles dans les poèmes de Fernando Pessoa.

Un vrai spectacle en 3 D bien plus savoureux que bon nombre de shows lourdement médiatisés.

Vivement sa prochaine prestation au Point de Bascule, ce lieu si sympathiquement atypique de Marseille

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 10:00

Chronique du 09.12.13

Créer, c'est presque toujours se heurter aux règles et à la norme. Créer c'est exister. Créer c'est résister.

Je sais que beaucoup de groupes se forment et marchent hors des sentiers battus. Eh bien ! C'est possible qu'ils saisissent le micro d'une des dernières radio libres de Marseille, Radio Galère.

Mets de résistance ouvre le regard sur les alternatives par le menu. Il n'y a pas qu'une seule voie vers la démocratie. Et nous avons découvert, avec beaucoup de retard, certes, que l'économie libérale ne fait que détruire le monde, notre monde.

Destruction de nos aspirations à cette démocratie tant rêvée !

Destruction de la biodiversité qui fait la richesse de la planète. Notre habitat est menacée !

Destruction des politiques sociales par la marchandisation de tous les biens communs !

Une petite entrée pour cette émission : le statut du silence.

Le met de résistance : le futur accord d'alliance commerciale transatlantique. Une imposture majeure qui va grignoter encore plus le pouvoir de gouverner.

En dessert : la joie malgré tout. La fête autour du bateau pirate au Port de Corbières, Le Liberté III.

Je reprends la citation magnifique d’Orson Welles:

« la radio présente un grand avantage sur le cinéma, c'est que l'écran y est beaucoup plus grand. »

Les mots dessinent les tableaux que personne ne vous impose. Et Le silence, c'est l'écrin des mots. (citation d’André Dusselier)

L'écoute permet de laisser l'auditeur vivre ses propres images. Et les imaginaires ne se limitent pas aux bords d’un écran. Ecoutez le son des vagues. Ecoutez passer l'avion. Ecoutez les pas dans la neige. Ecoutez le silence qui suit le mot juste. Et voyez les images qui se projettent dans vos têtes.

La tendance du jour, c'est de meubler le silence. C'est au point que des programmes informatiques lancent la musique de façon systématique au bout de 7 secondes de silence radio. Et si je vous laisse un silence d'une telle longueur, vous allez vous demander ce qui se passe. Vous allez trouver que c'est presque insupportable. Certains vont même toucher les boutons de leur poste pour vérifier s'il n'est pas tombé en panne.

Personnellement, je trouve qu'il n'y a pas assez de silence dans bien des situations. Un interlocuteur vient de dire une phrase importante, et j'aimerais qu'on me laisse le temps de la ré-entendre dans ma tête, comme pour la mémoriser, comme pour la savourer, la déguster comme on déguste un bonbon au miel. Pour faire l'expérience radiophonique du silence, voici un petit peu de poésie. Titre évocateur !

Feuilleté de souvenirs

Une mandarine corse sans feuilles

Un carnet de voyage ouvert sur un deuil

Sont autant d’amours privées d’effeuillage.

Une forêt sans feuillage

Un porte-feuille dépecé de son cuir

Me donnent envie de fuir.

Mais quand j’effeuille la douce Clémentine

Ou feuillette le petit journal de Martine

Tel Adam je suis nu et je bénis la vigne.

Sur la page blanche tout en bas je signe

Et m’engage à aimer la belle Amandine

Ou encore la toute candide Ondine.

Toutes ces gamines ont tracé sur ma page

Les arabesques des frissons du jeune âge

Et sur les cahiers qu’elles ouvraient le soir

Les douceurs de nos câlins se gravaient en miroir.

Heureux les enfants qui s’égayent dans les bois

Et dégustent les feuilles tendres de leurs émois.

Antonin Bauchant

Dans les silences que j'ai prolongés jusqu'à 7 secondes, parfois, vous avez peut-être ré-entendu les mots. Vous avez peut-être vu des images qui ont rappelé de bons souvenirs d'enfance. C'est la magie du silence. Il se déguste. Il se savoure comme une petite liqueur. A condition qu'il soit rempli !

Nous sommes inondés de sons, nous sommes, surtout en ville, agressés par les bruits en tout genre. C'est au point que parfois, il nous faut une musique douce, une chanson douce, « une chanson douce que me chantait ma maman ! ». Il nous faut un moment de silence pour retrouver nos esprits.

Il y a beaucoup à dire sur le silence, et tout spécialement sur le silence des partitions de musique. A noter qu'il est tellement important en musique qu'il a fallu le marquer par des signes distincts pour désigner ses longueurs dans la mesure. Un silence de deux temps. Un silence d'un temps. Un demi temps, un quart de temps, ou même un point d'orgue, un silence qui n'a pas de limite...

Pour finir cette petite entrée du menu de ce soir, le statut du silence tient en ceci : il est, non seulement l'écrin des mots, mais il est aussi le miroir des sons. Une pause est le reflet des sons qui la regardent... Chut ! Il réfléchit ! Il réfléchit les sons !

Mani Carneiro est un musicien brésilien qui jongle avec les silences. Ecoutez !

Musique !

Le met du jour.

Un nouveau pas vers la jungle sociale se franchit dans le plus grand secret. Ce sont deux accords de libéralisations commerciales, le TPP, Trans Pacific Partenership, et l'APT, l'Accord de Partenariat Transatlantique. Ce sont deux nouveaux marche-pieds vers la domination despotique et autoritaire de l'ensemble des grandes multinationales, industrielles, commerciales et financières

L'AMI, l'accord multilatéral sur l’investissement, négocié très secrètement entre 1995 et 1997 par les vingt-neuf Etats membres de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE). La transaction avait été divulguée in extremis, notamment par Le Monde diplomatique, et sa copie souleva une vague de protestations sans précédent, au point de contraindre ses promoteurs à la remiser. Eh bien ! Quelques années après, le revoilà, à peine déguisé, mais toujours négocié dans le plus grand secret.

L'APT, accord de partenariat transatlantique, négocié depuis Juillet 2013 entre les USA et l'UE, prévoit entre autre que les législations spécifiques à chaque pays de chaque côté de l'Atlantique devront se plient aux normes du libre échange établies par les grandes entreprises. Il prévoit des sanctions commerciales pour les pays contrevenants. Il prévoit que chaque grande entreprise peut attaquer en justice l'Etat du pays qui ne respecte pas les normes commerciales nouvellement décidées. Bien sûr, les indemnisations se chiffreront en millions d'Euros, voire de Dollards.

S’il devait entrer en vigueur, les privilèges des multinationales prendraient force de loi et lieraient pour de bon les mains des gouvernants. Imperméable aux alternances politiques et aux mobilisations populaires, il s’appliquerait de gré ou de force, puisque ses dispositions ne pourraient être amendées qu’avec le consentement unanime de tous les pays signataires.

On voit quel danger cela représente pour les démocraties...

Je reprends ici le texte du Monde Diplomatique écrit par Lori M.Wallach.

Parce qu’elles visent à brader des pans entiers du secteur non marchand, les négociations autour de l’APT et du TPP se déroulent derrière des portes closes. Les délégations américaines comptent plus de 600 consultants mandatés par les multinationales, qui disposent d’un accès illimité aux documents préparatoires et aux représentants de l’administration. Mais rien ne doit filtrer. Instruction a été donnée de laisser journalistes et citoyens à l’écart des discussions : ils seront informés en temps utile, à la signature du traité, lorsqu’il sera trop tard pour réagir.

L’impérieuse volonté de soustraire le chantier du traité américano-européen à l’attention du public se conçoit aisément. Mieux vaut prendre son temps pour annoncer au pays les effets qu’il produira à tous les échelons : du sommet de l’Etat fédéral jusqu’aux conseils municipaux en passant par les gouvernorats et les assemblées locales, les élus devront redéfinir de fond en comble leurs politiques publiques de manière à satisfaire les appétits du privé dans les secteurs qui lui échappent encore. Sécurité des aliments, normes de toxicité, assurance-maladie, prix des médicaments, liberté du Net, protection de la vie privée, énergie, culture, droits d’auteur, ressources naturelles, formation professionnelle, équipements publics, immigration : pas un domaine d’intérêt général qui ne passe sous les Fourches Caudines du libre-échange institutionnalisé. L’action politique des élus se limitera à négocier auprès des entreprises ou de leurs mandataires locaux les miettes de souveraineté qu’ils voudront bien leur consentir.

Il est d’ores et déjà stipulé que les pays signataires assureront la « mise en conformité de leurs lois, de leurs règlements et de leurs procédures » avec les dispositions du traité. Nul doute qu’ils veilleront scrupuleusement à honorer cet engagement. Dans le cas contraire, ils pourraient faire l’objet de poursuites devant l’un des tribunaux spécialement créés pour arbitrer les litiges entre les investisseurs et les Etats, et dotés du pouvoir de prononcer des sanctions commerciales contre ces derniers.

L’idée peut paraître invraisemblable ; elle s’inscrit pourtant dans la philosophie des traités commerciaux déjà en vigueur. L’année dernière, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ainsi condamné les Etats-Unis pour leurs boîtes de thon labellisées « sans danger pour les dauphins », pour l’indication du pays d’origine sur les viandes importées, ou encore pour l’interdiction du tabac parfumé au bonbon, ces mesures protectrices étant considérées comme des entraves au libre-échange. Elle a aussi infligé à l’Union européenne des pénalités de plusieurs centaines de millions d’euros pour son refus d’importer des organismes génétiquement modifiés (OGM). La nouveauté introduite par l’APT et le TTP, c’est qu’ils permettraient aux multinationales de poursuivre en leur propre nom un pays signataire dont la politique aurait un effet restrictif sur leurs avantages commerciaux.

Composées de trois avocats d’affaires, ces cours spéciales répondant aux lois de la Banque mondiale et de l’Organisation des Nations unies (ONU) seraient habilitées à condamner le contribuable à de lourdes réparations dès lors que sa législation rognerait sur les « futurs profits espérés » d’une société.

A lire donc dans le monde diplomatique du mois de Novembre. « Le traité transatlantique, un véritable typhon qui menace les Européens. »

Musique ! On a besoin du silence !

Mais voici le dessert.

Sur le Liberté III, hier dimanche, applaudis par un soleil généreux, nous étions conviés à la fête organisée par Cati et ses compagnes, au nom de l’association Goel’en.

J’ai rencontré des artistes musiciens, des conteurs, des saltimbanques éclairés, et surtout beaucoup de farouches allumés qui résistent au marasme social de façon lumineuse. Ils ont conscience que leur rôle de créateur doit être pris au sérieux, devant le monstrueux bulldozer populiste qui nivelle par le bas tout ce qui reste de culture, dans notre paysage provençal.

Après un court silence je leur laisse la parole.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 20:44

Source : Média Part

http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-elman/291013/face-la-catastrophe-de-fukushima-par-naoto-kan-ancien-premier-ministre-du-japon

Face à la catastrophe de Fukushima, par Naoto Kan, ancien premier Ministre du Japon

Traduction de l'article écrit par Naoto Kan dans le Huffington Post

en date du 28 octobre 2013.

L'accident qui s'est produit dans la centrale de Fukushima Daiichi est le plus grave

de l'histoire de l'humanité.
Dans le réacteur N° 1, les barres de combustible ont fondu en cinq heures environ

après le séisme ; le combustible a fondu entièrement et percé la cuve du réacteur.
Les cœurs ont également fondu dans les réacteurs 2 et 3 dans la centaine d'heures

qui a suivi l'accident.
À peu près au même moment, des explosions d'hydrogène ont eu lieu dans les réacteurs 1, 3 et 4.
Chaque bâtiment de réacteur comporte une piscine de combustibles pour stocker

le combustible usé.
À un moment donné, on a aussi failli avoir une fusion des combustibles nucléaires

de ces piscines.
Une fusion survenant dans une piscine de désactivation, à l'extérieur d'un réacteur,

entraîne le rejet direct dans l'atmosphère d'une quantité phénoménale de matières

radioactives.
Qu'un tel rejet se prolonge, et le scénario du pire se met en place : une situation où 50 millions de personnes dans un rayon de 250 kilomètres autour de Fukushima, dont Tokyo et sa région

métropolitaine, auraient dû être évacuées.
Par chance, grâce aux efforts infatigables et à l'abnégation des travailleurs

de TEPCO, des Forces d'autodéfense, des pompiers et de la police pour alimenter

en eau de refroidissement les réacteurs et les piscines de combustibles ça n'a pas

été jusque-là.
En fait, nous sommes passés à deux doigts du pire scénario. Si c'était arrivé, le

Japon aurait basculé pour longtemps dans le chaos et l'énorme quantité de

matières radioactives émises aurait également touché d'autres pays.
Avant l'accident de Fukushima, persuadé qu'aucun accident nucléaire ne pourrait

arriver tant que les mesures de sécurité étaient correctement observées, j'avais

favorisé l'énergie nucléaire.
Mais après avoir été confronté à un accident véritable et, en tant que Premier ministre,

avoir été à deux doigts d'ordonner l'évacuation de 50 millions de personnes, mon point

de vue a radicalement changé aujourd'hui.
De graves accidents d'avion peuvent faire des centaines de victimes, mais, à part une

guerre, aucun autre événement n'est susceptible de provoquer l'évacuation de dizaines

de millions de personnes. Quelles que soient les mesures prises pour éviter les accidents,

elles n'empêcheront jamais un accident de se produire, en particulier si des facteurs

humains comme le terrorisme sont pris en compte.
En fait, ce n'est pas si difficile d'éviter un accident dans une centrale nucléaire :

il suffit de supprimer les centrales. Et cette décision appartient à tous les citoyens.

Il y a un autre problème. Exploiter des centrales nucléaires signifie aussi produire des

déchets nucléaires.
Il faut d'énormes ressources financières et énormément de temps pour traiter les déchets

nucléaires.
Cela signifie que nous laissons cet immense problème des déchets nucléaires à la charge

des générations futures. Pour nos enfants et petits-enfants, nous n'avons pas d'autres

options qu'abandonner totalement l'énergie nucléaire Nous, les humains, avons créé

des armes nucléaires capables de nous exterminer - c'est un paradoxe fondamental de

notre existence.
Beaucoup a été fait pour prévenir les guerres nucléaires. Un exemple en est le Traité

de non- prolifération des armes nucléaires.
D'un autre côté, les lois qui régissent les centrales nucléaires, hormis celles qui interdisent

le nucléaire à des fins militaires, sont essentiellement laissées à la discrétion de chaque

pays. Je crois qu'on a besoin aussi d'avoir des règles internationales sur la construction

des centrales nucléaires. Il y aura des accidents nucléaires un jour, quelque part,

même si personne ne peut dire ni où, ni quand. Pourrons-nous éviter une telle situation

catastrophique où de nombreuses personnes seront obligées d'évacuer à cause d'un

accident ?
Est-il possible de traiter les déchets nucléaires en toute sécurité ?
Nous avons besoin de règles internationales pour répondre à ces inquiétudes.

L'humanité peut obtenir suffisamment d'énergie sans avoir recours à l'électricité

d'origine nucléaire --en utilisant des énergies naturelles comme l'énergie solaire,

l'éolienne et la biomasse.
Pour aider à freiner le réchauffement climatique, nous devons arrêter aussi bien

l'utilisation de l'énergie nucléaire que celle des combustibles fossiles.
Si tous les pays faisaient vraiment des efforts pour développer de nouvelles

technologies, je suis certain qu'il serait parfaitement possible, d'ici cinquante ans,

de couvrir tous nos besoins en énergie avec des énergies naturelles.
Au nom de l'humanité et de notre planète Terre, nous devons résolument nous

tourner vers le zéro nucléaire.
J'en suis fermement convaincu.

Naoto Kan

Traduit par Janick Magne et Mimi Mato.

Article original en anglais:

http://www.huffingtonpost.com/naoto-kan/japan-nuclear-energy_b_4171073.html

Par : Fukushima Information フクシマ情報

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 22:41

Indécrottable incurie,

Inimaginable incompétence,

Inadmissible incorrection,

Incommensurable iniquité,

Impensable imposture,

Impossible immobilisme,

Impassible immaturité,

Insoutenable incapacité,

Impressionnante indécence,

Ignominieuse ignorance,

Des ignobles investisseurs

Qui feignent d’ignorer

Qu’ils détruisent notre terre

Pour leurs dernières années

A profiter de leurs gains honteux !

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 15:17

Neuf petites minutes de dialogue avec Pierre Rabhi, jardinier philosophe. Les propos sont simples au point que chacun pense déjà tout savoir. Mais quel plaisir d'entendre que la joie, ça ne s'achète pas...

http://youtu.be/PVZjxKJb63c

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 15:06

Un petit hommage à rendre à Albert Jacquard qui vient de nous quitter. Je l'ai trouvé dans la toute nouvelle revue fort intéressante et réconfortante que lance l'association des Nouveaux Mondes (Cassis): le monde des bonnes nouvelles.

Vous avez écrit :" J’atteins l’âge où proposer une utopie est un devoir ” c'est même la première phrase de votre livre "Mon utopie". Il existe donc un âge où l’utopie devient une nécessité ?

Albert Jacquard - Nécessairement. Le fait de vieillir, d’avoir de l’expérience, a des conséquences sur les espoirs ou les inquiétudes sur l’avenir. Il est donc naturel, à mon âge, de ne pas se contenter du présent, mais de penser cet avenir. En effet, je constate que ce dernier est mal servi par les gens qui s’expriment actuellement. Les choses essentielles ne sont pas dites. Penser, par exemple, qu’au cours de la dernière campagne présidentielle 2012 on ait pu parler de choses insignifiantes sans pratiquement jamais aborder la question du conflit nucléaire qui se prépare prouve que nous passons à côté de la réalité. Jeune, il m’était difficile de dire cela. Je dois le faire aujourd’hui, à plus de 80 ans.

Votre constat sur le monde actuel est sombre. Pourtant, vous proposez des pistes pour un monde meilleur. D’où vous vient cet espoir ?

Albert Jacquard - De la logique ! Si je n’ai pas d’espoir, si je suis désespéré, alors ça ne vaut vraiment pas la peine de vivre.

Est-il possible que demain soit meilleur qu’aujourd’hui ? Ma réponse est en pure logique : oui, évidemment.

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 19:39

Concert exceptionnel Samedi soir sur le parvis de Notre Dame de Pitié, sur la colline de Sanary-sur-mer. Sous les étoiles, température idéale, scène privilégiée loin du tumulte touristique du port.

Oser se présenter hors des circuits professionnels, au delà des grands spectacles outrageusement médiatisés, nous paraît tout à fait anachronique. Pourtant il fut un temps où les orchestres de chambre agrémentaient les soirées privées ou parfois communales, un temps où les musiciens étaient nombreux, tous amateurs de ces délices du concert discret, en famille avec quelques proches. C'est ce qui nous est arrivé ce Samedi soir. J'avais personnellement le plaisir de côtoyer les soeurs du pianiste sur les chaises confortables du parvis, ce qui rendait la soirée presque intime malgré le nombre des spectateurs.

Oser commencer le concert par deux sonates de Scarlatti qui demandent beaucoup d'agilité, comme pour une mise en... doigts, réussir au delà de la technique à toucher les sentiments par la variation des rythmes et des sonorités, dans les dix danses hongroises de Brahms, Laurent Penalva l'a fait. Il a même présenté humblement son travail en prévenant l'assemblée qu'il "tentait cette rude tâche". Entre Scarlatti et Brahms, entre délicatesse ciselée pour l'un et puissance pour l'autre, puissance des mouvements envoûtants qui font danser les corps, Laurent nous enchantait avec Joseph Haydn dont une de ses dernières compositions laissait entrevoir les jeux joyeux de sa plus tendre enfance, la raison très justement avancée par l'artiste pour nous orienter sur une écoute particulière de cette oeuvre.

Le pianiste est un virtuose, qui, dans les retours sous les applaudissements, nous a offert le célèbre Asturias d'Albeniz que nous ne nous lasserons jamais d'entendre, et deux petits morceaux d'un auteur contemporain, pièces qui ne manque ni de charme ni de dissonances. Sensible et humble, discret pour rester confidentiel, Laurent Penalva choisit de rester votre ami et se propose de jouer chez vous, plutôt que le professionnalisme déshumanisé et hors de prix... Mais il vous faut un piano !

Bravo à l'artiste, bravo aux organisateurs, à l'année prochaine.

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