Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de topotore
  • : Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
  • Contact

Recherche

/ / /

Chercher Val Coucou anime déjà l'impatient, lassé de la braderie dominicale ou déçu de la rengaine des vide-greniers hebdomadaires. Chercher Val Coucou, c'est déjà penser que des possibles surgissent tout près de chez soi, que d'autres se rencontrent pour vivre et ne courent plus dans la direction donnée par les sorciers du bonheur coûteux, que le peu que l'on choisit vaut mieux que l'opulence imposée. Arriver à Val Coucou invite au sourire que la ville étouffe, libère le soupir qu’un petit effort a réservé, et relâche la souris que chacun tient cachée pour visiter la moindre parcelle du terrain où monstres et lutins attendent pour surprendre.

On se doute que les hôtes sortent de l’ordinaire. Mais l’omniprésence de la nature tient à rassurer. Chênes verts, pins ou épicéas, prairies et roches partagent leurs impressions avec les œuvres de fer qui posent et imposent, marquent et dansent les pleins et les creux d’un espace sans décor, font vert, cendre et ocre brun d’une clairière enchantée. Pour les chanceux, Val Coucou laisse écouter le dialogue des oiseaux, souligne l’appel de la chèvre qui aménage la prairie à sa façon, permet de parler au petit bouc dans une traduction mystérieuse, ose enfin l’écho des coucous qui feignent de s’être perdus.

Chacun s’étonne devant les sculptures où le fer bat les vides et tord les vents, où la pierre devient douce et duveteuse comme le sein, où la fontaine source d’une épave de l’industrie, où l’arbre se surpasse en secouant ses théières, où la cage se fait voluptueuse et accueillante, féline ou bondissante selon son œil. Quelques quarante formes contournent les chemins jusqu’à l’agora, petit théâtre de verdure ouvert à tous, dans le patient silence des animations qui se préparent et s’inventent. L’art domine sans oppresser, sur la mise en scène de Philippe Guidau qui se doit d’honorer la terre comme la source dont se nourrit l’homme créateur. Ses amis mécaniciens transforment des épaves de vélo pour une seconde vie de machines surprenantes, tricycle, chopper, side-bike…

La vie s'invente dans le fond d’un petit vallon sous le Garlaban. La Font de Mai promène ses visiteurs jusqu’au paradis éphémère d’un jour de repos que la petite marche et le pique nique auront rendus inoubliables. Si la Route d’Eoures permet l’évocation d’une journée de rêve, la Font de Mai se révèle comme le vécu de ce rêve et Val Coucou le signe comme le livre d’or de notre promenade.

 

Partager cette page
Repost0