Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 08:29

Retenir le temps, voici la tâche ardue qui tient le commun.

 

Il me revient alors cette image de mon grand-père, enfilant péniblement des chaussettes. "Tout acte et toute entreprise prennent de plus en plus de temps au fur et à mesure que les années passent !" Me disait-il lentement !

 

Je me souviens des moments de jeu ou de passion qui poussaient l'enfant à rechinier au changement et râler contre les contraintes. Le temps, déjà, en était une, et non des moindres. Mais l'homme mûre n'a-t-il plus le temps qu'il s'efforce de le retenir sans cesse, qui plus est, en vain ?

 

Il me semble avoir toujours voulu rester jeune, mais les articulations et les muscles ne suivent pas. Que faire de cette distance entre cet esprit sans âge et cette peau raidie ?

 

Pourquoi retenir le temps ? Et, serait-il même possible de prendre son temps pour le retenir ? Si je prends le temps, ne risque-t-il pas de me manquer ? A quoi bon se dire qu'enfin on a tout son temps puisqu'alors il s'échappe et finalement se perd ! Combien de temps ne sont-ils pas déjà perdus ? Le temps de la jeunesse où les corps pourraient s'ébattre dans leur fougueuse ardeur, bondir de découvertes en découvertes, d'amours en amours ! Le temps de l'été qui s'alanguit aux rayons ultra-violets ! Le temps de décider, de choisir, de lire, de prier, le temps de courir, de courtiser, d'aimer, de palabrer !

Combien de temps se perdent à n'être estimés que comme perte de temps ?

 

"Aller ! Dépèche-toi ! Il faut te presser ! Le temps presse !"

 

Je m'arrête là ! Je n'ai déjà plus le temps de continuer !

Par topotore - Publié dans : Errances ou vagabondages
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