Partager l'article ! Les gants du pouvoir: Aucune organisation sociale n'accepte de se transformer sans la pression de la rue. Nous le voyons en ce moment même dans ...
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Un
chemin, une réflexion, et la poésie pour le plaisir, au pied du Garlaban !
Aucune organisation sociale n'accepte de se transformer sans la pression de la rue. Nous le voyons en ce moment même dans les pays du nord de l'Afrique. Aucun pouvoir ne lâchera ses privilèges sans que le rapport des forces ne s'inverse.
C'est le moment privilégié où certaines vérités se déversent dans les esprits, où l'intérieur des gants de l'autorité se montre parce que les gorges serrées osent hurler la souffrance et l'injustice que les mains de fer tiennent prisonnières.
Nous assistons à un retournement de situation, et si les gestes manipulateurs des mains gantées tennaient en respect les sujets administrés, c'est maintenant l'inverse qui se produit, et le peuple tient en respect ces mains qui ont tant volé, ces mains qui ont tant humilié, ces mains qui ont tant trahi, gantées des apparences de la justice et de l'équité, quitte à couper s'il le faut ces mains maculées de sang.
Mais pour cela, il a fallu arracher les gants en les retournant pour que le sang apparaisse au grand jour. Et le pouvoir a montré, il montrera encore maintes et maintes fois que l'opération ne lui convient pas. Avant de lâcher quoi que ce soit, il cherchera par tous les moyens à garder ses poings serrés même s'il faut mettre le pays à feu et à sang. Il préfèrera pratiquer la "politique de la terre brûlée" plutôt que d'accepter sa déchéance.
Tant qu'il sera ganté, c'est à dire reconnu dans sa majesté, adoubé par des complices bien arrosés de nombreux avantages et de grands privilèges, corrompus par les cadeaux et les carrières honorifiques, mais engagés aussi par ces mêmes opérations dans la caste des privilégiés qui se soutiennent du secret et sont garants de la langue de bois, tant qu'on ne lui aura pas arraché ces gants jusqu'à mettre au grand jour ses exactions et ses méthodes criminelles ou mafieuses, il règnera, tenant avec respect le sceptre de l'honnêteté.
Sans détour, parler de" l'élite dirigeante" ne permet pas de modifier le rapport de forces. Ce n'est plus une élite. Ils ne sont plus des hommes politiques. Elles ne sont plus des femmes politiques. Les enjeux de l'accumulation des richesses ont eu raison de leur dignité. Ils ne méritent plus d'être respectés comme une élite.
Nommer ainsi des voyous qui se gantent d'éthique et de droiture, c'est leur reconnaître une supériorité qui n'est pas. Seul une grande absence les distingue du commun des hommes, c'est l'absence de moralité. Bien souvent d'ailleurs, cette absence s'accompagne d'un manque de décence dont le peuple devrait avoir honte.
La "caste" qui domine ne soutient sa force que du sang versé par les innocents sous le fracas maléfique de leur armement. Elle ne survit que par la force des liens soudés autour des secrets les plus monstrueux qu'ils entretiennent précisément pour garantir leur pérennité. Elle ne survit que par le détournement des richesses communes, détournements déguisés des gants de la "bonne gouvernance", cachés dans les comptes occultes et les cavernes paradisiaques. Elle ne survit que par l'instrumentalisation des besoins élémentaires du vivant, l'eau, l'énergie, les déplacements, les transports, et bientôt l'air, comme on l'a vu au Japon qui vend l'oxygène par les bornes à pièces de monnaie. Elle ira jusqu'à privatiser le vivant, en imposant des brevets sur le germe de la semence, sur le génome de la cellule.
Nous acceptons et nous accepterons toutes les perversions jusqu'à ce moment dramatique où nous n'aurons plus rien à perdre, jusqu'à ce temps privilégié qui nous rassemblera dans la rue, désoeuvrés au point de ne penser à rien d'autre que d'arracher les gants des nantis pour nous sentir exister.
La vie est violente. La vue est courte. Les gants se retourneront. Un jour !