Partager l'article ! La valise et l'enveloppe: Les affaires sont à ce jour sur le devant de la scène. Les affaires sont à l'actualité ce que sont les bonnes soupe ...
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Un
chemin, une réflexion, et la poésie pour le plaisir, au pied du Garlaban !
Les affaires sont à ce jour sur le devant de la scène. Les affaires sont à l'actualité ce que sont les bonnes soupes à l'hiver. Les affaires se glissent dans l'enveloppe médiatique et comme par magie n'en ressortent que sous forme de billets dans des petites valises dont on dit que ce sont des valises de cabine. Des cabines de l'avion jusqu'aux cabinets des élus, il faut toujours une petite main qui de l'innocence du secret passe un jour aux aveux. Ah ! Le vilain ! Trahi par son ex-épouse !
Je me saisis des deux mots qui servent au transport. Enveloppe et valise ! Chacun évoque, outre le voyage et l'expédition, le contenu protégé et intime qu'une main aura serré bien fort. On voit toute les précautions qu'il aura fallu pour arranger les objets ou les plis, ici plutôt les billets, afin que les contenants ne laissent aucun signe extérieur qui risquerait de confondre le voyageur au sujet du contenu.
"Je vous ai apporté une valise".
"Le voyage s'est-il bien passé ?"
"Aucun problème ! Avec mes documents diplomatiques..."
"Personne, au moins, n'a-t-il suspecté l'objet de votre visite ?"
"Vous savez ! Quoi de plus banal qu'une valise quand on voyage !"
C'est justement là que se glisse le doute et les questions. Ce n'est pas à cause de la valise banale. C'est à cause du voyage. Pourquoi cet homme a-t-il voyagé de Bombay à Paris, en classe affaire ?
Tiens le mot "affaire" prend un sens plus fin, plus affuté. Du coup, la valise n'as plus la même odeur. D'ailleurs n'est-elle pas toute neuve ? A-t-il seulement des bagages accompagnés ? Sans cette précaution, il serait flagrant que c'est le voyageur qui accompagne la valise de cabine. On va l'appeller la valise de cabinet. Je parle, bien sûr, du cabinet du ministre.
"J'ai un plis pour vous".
"Oh ! Merci bien ! Il ne fallait pas !"
"Mais si, mais si, vous êtes bien venu pour ça ?"
"Monsieur, je suis confus !"
"Prenez, prenez, c'est entre nous !"
"Amitiés à Madame"
C'est là tout le problème. "C'est entre nous !" Et entre nous, la cause du peuple ne se glissait pas entre les deux complices. Elle s'était déjà glissée dans l'enveloppe. Elle s'était glissée entre les billets, lesquels l'ont étouffée sans remords. Que vaut la cause du peuple, même dans une démocratie, en fasse des collections de billets ? Tout est affaire de goût !
Mais là maintenant, toute affaire est de mauvais goût, et je crains que le peuple n'ait finalement compris que le clan dominant aime les affaires, non les affaires de goût, mais surtout les affaires d'égo. Mais il faut envelopper tout ça et pousser au voyage. D'où la valise ! Souhaitons que le jugement ne soit pas trop vite expédié !