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  • : Le blog de topotore
  • : Les mots invitent à leur traduction afin d'entrevoir sur le mode singulier de chacun cet "au-delà de la langue" si étonnant. La poésie illumine cette frontière.
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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 21:57

Nous avons marché bien haut dans la montagne, marché, marché sans arrêt, juste pour arriver avant seize heures au refuge. Lui, guidé par le devoir et la responsabilité, regardait souvent sa montre pour se rassurer. "Nous serons dans les temps si l'orage de nous ralentit pas." Moi, touché par le merveilleux spectacle de la nature, étonné de nouer au présent la folie des contraintes, je n'avais qu'une envie, celle de faire un pas vers l'immortelle qui vit là, sans avoir besoin de nous. Je l'aurais sentie, car leur parfum singulier me rappelle la consultation de vieux bouquins reliés, tout au fond du grenier. Je l'aurais admirée dans sa parfaite candeur. Elle est tout simplement là, sans la peur de l'orage, sans appréhension face aux gelée qui viennent, sans eau, sans terre, juste accompagnée de sévères roches et de quelques grains de sable. Elle n'attend rien et vit de sa sècheresse, sage dans son destin.

"On presse le pas !" lance-t-il pour s'accrocher au concret. " Mieux vaut arriver en avance que pas du tout !"

C'est imparable ! Qui pourrait se mettre en travers ?

Adieu la rêverie ! Adieu la poésie ! Le devoir d'abord ! On aura tout le temps  de rêver demain, si nous arrivons à temps.

Mais demain, ce sera pareil ! L'homme de devoir se trouve toujours une bonne raison pour éviter de rêver. Alors que moi, je rêve pour fuir les contraintes et je trouve toujours une bonne raison pour avoir dérogé à la règle et manqué la cible.

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