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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 21:19

Chronique du 15/12/2014. Bonsoir aux auditeurs de Radio Galère.

Vous êtes bien sur 88, 4 Mhz, mais vous pourriez nous écouter depuis le mois de juin de cette année sur la Radio Numérique Terrestre qui offre plus de qualités sonores. Radio Galère en effet émet en DAB+, nouvelle norme européenne pour la RNT. Bravo à nos techniciens !

Si vous écoutez cette radio, ce n'est pas par hasard! Et c'est peut-être parce que vous savez que sur les ondes traditionnelles, celle qui font de la pub à tout va, l'information est biaisée de ce seul fait. Et ce qui nous est rabâché à longueur de journée ne peut plus satisfaire personne, tant le citoyen auditeur a conscience d'être manipulé par les médias.

Les auditeurs savent très bien que les dirigeants qui sont en train de transformer notre monde à leur profit possèdent les groupes de presse, les radios et les chaînes de télévision, en plus des outils de production…

Leurs méthodes de manipulation peuvent bien être analysées et décortiquées, ils s'en foutent. Comme le souligne Alain Badiou, dans ses nombreuses conférences, la puissance du système néolibéral n'a peur de rien tant que d'autre solutions ne sont pas proposées avec une mise en place efficace.

Il faut voir le dernier film de Marie Dominique Robin à ce sujet, "Les Moissons du futur". Elle nous révèle qu'il existe un grand nombre de monnaies alternatives dans le monde, une bonne trentaine rien qu'en France. Une monnaie alternative ou parallèle ne peut servir qu'aux échanges et non à une quelconque spéculation boursière. Ce qui est déjà beaucoup ! La vie reprend ses droits et l'espoir renaît.

En région Paca, la Roue se développe depuis 2011. C'est une association nommée SEVE qui l'a lancée et qui propose de venir en aide à tous ceux qui veulent en faire autant. Marseille ; Gap..,

Site : http://www.laroue.org

  • Contact : contact@laroue.org

  • Relais : Vivien LE TURCQ

  • Mail du relais : vivien.leturcq@laroue.org

Paca, d'autres monnaies locales.

Alpes-Maritimes (06)

Le Centifolia : projet des Communautés d’Agglomérations du Pays de Grasse et de Sophia-Antipolis : http://monnaie-locale-complementaire.net/?p=2945

Bouches du Rhône (13)

Le Nostra : Pays de Salon de Provence : http://monnaie-locale-complementaire.net/?p=1476

Bouches du Rhône (13) et Vaucluse (84)

La Roue : Carpentras : http://monnaie-locale-complementaire.net/?p=811

Var (83)

Projet du Haut-Var : http://monnaie-locale-complementaire.net/?p=2621

Le Cigalonde : La Londe les Maures : http://monnaie-locale-complementaire.net/?p=1309

Les auditeurs savent bien que la manipulation médiatique atteint des sommet dans son art. Mais le savoir ne suffit pas pour échapper à cette manipulation. Il faut faire un énorme travail de déconstruction pour trouver une autre vérité. Et c'est justement dans les détails qu'on peut se rendre compte de l'habileté des méthodes.

En relisant les recommandations du cahier N° 13 de l'OCDE, vous savez, cette belle organisation dont le siège est à Paris, ( à La muette), on peut savourer quelques uns de ces détails. Mais avant, un rappel sur les ambitions de cette « Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE)

Notre mission

La mission de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) est de promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde.

L’OCDE offre aux gouvernements un forum où ils peuvent conjuguer leurs efforts, partager leurs expériences et chercher des solutions à des problèmes communs. Nous travaillons avec les gouvernements afin de comprendre quel est le moteur du changement économique, social et environnemental. Nous mesurons la productivité et les flux mondiaux d’échanges et d’investissement. Nous analysons et comparons les données afin de prédire les tendances à venir. Nous établissons des normes internationales dans un grand nombre de domaines, de l'agriculture à la fiscalité en passant par la sécurité des produits chimiques.

Nous examinons également les questions qui affectent directement la vie des gens, comme le coût des impôts et de la sécurité sociale ou le temps libre dont ils disposent. Nous comparons la façon dont les systèmes éducatifs préparent les jeunes à la vie moderne et la façon dont les systèmes de retraite protégeront les citoyens plus âgés.

En nous appuyant sur les faits et l’expérience concrète, nous recommandons des politiques dont le but est d’améliorer la vie de tous. Nous travaillons avec les entreprises, à travers le Comité consultatif économique et industriel auprès de l’OCDE, et les syndicats, à travers la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE. Nous consultons d’autres organisations de la société civile, notamment en organisant chaque année le Forum de l’OCDE. Tous nos travaux ont pour point commun un engagement partagé en faveur du développement durable, de l’emploi et des échanges, reposant sur la coopération internationale et visant le bien-être de tous. Chemin faisant, nous nous efforçons aussi de rendre la vie plus dure aux terroristes, aux fraudeurs fiscaux, aux entrepreneurs véreux et à tous ceux qui sapent les fondements d’une société juste et ouverte. »

Les intentions décrites dans ce texte sont toutes louables et on ne peut que féliciter la mission sauf que : l'organisation ne remet pas du tout en cause les néolibéralisme et même adopte toutes les règles de la bonne gouvernance mondiale selon les intentions de cette pieuvre que représente le Groupe de la Banque Mondiale à Washington. Et si on ne remet pas en cause le système libéral, on le croit capable d'apporter le bonheur dans le monde, avec ce raccourci saisissant : le bonheur vient de la richesse. Pour moduler un peu le propos, le texte parle même « du développement durable » ce qui ressemble fort à une thèse impossible qu'est « la croissance soutenable », n'en déplaise aux écologistes.

Après avoir écrit le cahier N° 1 : "Ajustement et équité". Le même auteur, Christian Morrison, rédige le cahier N° 13 dont nous allons parler, qui est son prolongement. En introduction, nous découvrons que l'OCDE a lancé cette recherche pour mieux adapter" les ajustements structurels" ,(autrement dit les réformes) à leurs conséquences sociales. Autrement dit, il faut faire des réformes en connaissant les risques sociaux qui s'en suivent. Comment faire pour éviter les troubles ? Et la méthode se targue de présenter une démarche scientifique afin de faire la distinction entre chaque problème. Au tout début « le succès économique de l'ajustement dépend de sa faisabilité politique ». Si des grèves interrompent le processus, c'est un échec. Si la répression fait des morts,c'est aussi un échec.

C'est pourquoi cette étude se titre : « La faisabilité politique de l'ajustement »

Dès l'introduction, on sent un malaise. Où se trouve la préoccupation de l'humain, dans ce discours politico-économique ? On a la confirmation de ce malaise dans le paragraphe « Les mesures peu dangereuses » « Nous raisonnons ici en fonction d'un seul critère : minimiser les risques de troubles. »

Il s'en suit les recommandations pour le succès dans le pragraphe « les facteurs politiques du succès »

"Un gouvernement peut difficilement stabiliser contre la volonté de l'opinion publique dans son ensemble. Il doit se ménager le soutien d'une partie de l'opinion, au besoin en pénalisant d'avantage certains groupes. En ce sens, un programme qui toucherait de façon égale tous les groupes (c'est à dire qui serait neutre du point de vue social) serait plus difficile à appliquer qu'un programme discriminatoire, faisant supporter l"ajustement à certains groupes et épargnant les autres pour qu'ils soutiennent le gouvernement."

La discrimination est à l'honneur. Il n'y avait pas besoin d'une étude pour dire ce que nous savons depuis des millénaires ; « diviser pour mieux règner. » Une autre phrase vient illustrer ce propos plus loin « la plupart de ces réformes frappent certains groupes tout en bénéficiant à d'autres, de telle sorte que le gouvernement peut toujours s'appuyer sur la coalition du groupe gagnant CONTRE les perdants. »

Un donnée précise nous est lancée comme une révélation : « le premier objectif pour certains partis politiques n’est pas le rétablissement de l’économie, mais la conquête du pouvoir, au moment même où celui-ci est fragilisé. » Elle nous ouvre l'esprit sur le paragraphe suivant : « les dangers du corporatisme. »

"Ainsi, toute politique qui affaiblirait ces corporatismes serait souhaitable : d'un point de vue économique, cela éliminerait des entraves à la croissance et, politiquement, le gouvernement gagnerait en liberté d'action qui peut lui être précieuse en période d'ajustement. On objectera que cette politique soulèvera des résistances, mais il vaut mieux que le gouvernement livre ce combat dans une conjoncture économique satisfaisante, qu'en cas de crise, lorsqu'il est affaibli. Cette politique peut prendre diverses formes : garantie d'un service minimum, formation d'un personnel qualifié complémentaire, privatisation ou division en plusieurs entreprises concurrentes, lorsque cela est possible."

Au paragraphe "Mesures de stabilisation dangereuses".

Certaines recommandations concernent surtoutles populations les plus pauvres. "On ne peut augmenter le prix des produits de base sans risquer des troubles importants". Et les détails sont croustillants comme ce dernier : « Enfin, il ne faut jamais augmenter les prix à des moments difficiles pour les ménages, comme les fins de mois ou les fêtes religieuses. »

"Au lieu de décider uniquement et brutalement une série de hausses des prix, en laissant ensuite le champ libre à l'opposition, le gouvernement doit mettre au point, puis appliquer, une stratégie sur plusieurs mois comprenant de nombreuses interventions et dans divers domaines."

Et là,il faut du pragmatisme. Il me semble avoir entendu souvent ce terme dans les déclarations récentes. - Etes vous socialiste ? -Je suis pragmatique. "Le gouvernement a toutefois les moyens de faire appel au pragmatisme des fonctionnaires. Il peut par exemple expliquer que le FMI imposant une baisse de 20 % de la masse salariale, le seul choix possible est de licencier ou de réduire les salaires, et qu'il préfère la seconde solution dans l'intérêt de tous."

Le mot n'est ni froid ni brûlant en soi. Mais nous savons maintenant qu'à chaque fois que nous l'entendons, il vient là pour nous faire croire à de bonnes intentions.

Pour finir ; la cerise sur le gâteau. Que se passe-t-il à l'école ? Juste un petit paragraphe du dit cahier :

« Le souci du détail ne connaît pas de limite : si les ménages pauvres consomment seulement du sucre en poudre, on peut augmenter le prix du sucre en morceaux pourvu que l’on garde la subvention au sucre en

poudre. »

« Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution des dépenses de fonctionnement ne comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles,

ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. »

Comme vous l'avez compris, bien que tout ce texte n'engage que son auteur, il fait autorité, et c'est au point que nos hommes politiques ne font que suivre ses recommandations à la lettre. Les discriminations dans le secteur de l'éducation sont nombreuses, comme vous avez pu l'entendre la semaine dernière. Ce qui veut dire que la création d'une Zone d'éducation Prioritaire n'a rien d'anodin.

Ce qui veut dire que la prime au mérite donnée aux enseignants selon des critères absolument irrationnels et subjectifs ne doit rien au hasard. On est dans l'inhumanité de l'ajustement.

Non vraiment rien n'est du au hasard dans la gestion des affaires du pays.

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