poèmes des amis

Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 22:41

Claude Romashov                                                          2009

La poupée de porcelaine

A fermé ses yeux de verre

Lissé ses cheveux de paille tendre

Puis s’est enveloppée

D’un manteau craquant et doux

 

La poupée de porcelaine

Repose depuis des lunes.

Le matin opaque effleure

Les veines fines de ses paupières

Et la nacre rose de ses lèvres.

 

Les princes aux fières montures

Ne sont plus ceux des contes.

Les ogres et les monstres

Ont pipé les dés de l’enfance.

Les fées ont rangé leur magie.

 

Le ciel a chassé ses nuages

Pour la protéger de la pluie.

Les arbres déshabillés

Ont offert leurs tapis de feuilles.

Les insectes ont creusé un abri.

 

Et la poupée de porcelaine

S’est endormie.

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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 22:38

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Dégradés de feuilles

Feuille de papier glacé

Dis-nous vite tes secrets.

Que caches-tu en ton sein

Que tu ne livres pas sans chagrin?

 

Feuille de papier journal,

Que portait jadis le facteur à cheval,

Que dis-tu des maux de notre monde,

Et que caches-tu, ô mystère immonde?

 

Feuille de papier, feuille de cahier,

Que nous gribouillons de nos mains agitées,

Que sais-tu de nos coeurs,

Qu'effeuilles-tu de nous comme une fleur?

 

Feuille de papier d'emballage,

Que laisses-tu paraître, avec rage,

Des pains chocolatés, des macarons,

Des pains d'épice, des calissons?

 

Feuille de carton d'invitation,

De mariage, de naissance, de communion,

Que dis-tu du meilleur de nos vies,

De nos délices, et de nos coeurs ravis?

 

Feuille, feuille,

Vive comme l'écureuil,

Que livres-tu de nous,

Et que gardes-tu, secret, en dessous?

 

Le saura-t-on jamais?

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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 22:32

Lien vers le blog d'Anne Vidal                                                       2009

Feuillets d'automne

Quand la rentrée des classes a sonné,

Que les premières pluies sont tombées,

Au vent léger de l'automne,

Glissent les feuilles en couronne,

Virevoltant en tombant sur l'auvent

Des maisons de nos grands-parents.

 

Que reste-t-il alors de l'été,

De nos jeux, de nos rires, de nos secrets?

Un petit goût de regret demeurant

A l'abri du regard de nos parents,

L'ardeur de nos élans encore vifs,

La chaleur intérieure de nos coeurs actifs

Et puisant encore la vigueur de la nature,

Vibrant, dansant en valses pures,

Coeurs chatoyants de couleurs rousses et brunes

De l'automne le soir au clair de lune.

 

Nous courons encore dans les flaques d'eau,

Dans les campagnes, les chemins, tard ou tôt,

Nous goûtons, nous humons le vent léger,

Et les grappes de raisins chaudes et sucrées.

Le soir, au coin de la cheminée, nous réchauffons

Nos doigts mouillés et nos cheveux blonds;

Puis, épuisés, nous nous jetons dans nos draps,

Et nous rêvons de dragons et de chats.

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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 21:39

Patrice Crucy            11/2009

Du haut de ma falaise

Je te respire et je te souffle

Je t’espère et te redoute

Je veux savoir enfin…

 

Que sais-tu des milliers d’êtres silencieux

Et des étoiles sereines vivant dans tes fonds

Que t’inspire le ciel,

Toi qui t’élance vers lui

Frôlant les ailes des migrants

Que cherches-tu à terre

Abreuvant sable et galets

De ton écume généreuse

Sais-tu combien les hommes et les bateaux

Sont ivres de ton étoffe langoureuse

Qui habille voluptueusement

Leurs corps dénudés et leurs coques dures

 

Ô Déesse des nuées marines

Dénude-toi, fais-moi goûter jusqu’à la lie

L’écume suave de tes flots mystérieux

Le sel de tes ardentes lames dangereuses

 

Ô ma divine des mers, princesse des récifs

Toi qui m’aspire dans tes abysses

Je voudrais voguer sur tes ondes lascives

Au large des atolls, des lagunes et lagons

Me baigner de toi, Ô sirène danseuse

Toutes les fois que mon corps

Depuis cette falaise

Tente de s’y noyer


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