Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 06:56

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Où es-tu, toi qui tant me manques ?

Descends-tu tout en bas des Calanques

Où se rejoignent roc et eau ?

 

Que fais-tu donc sur les restanques ?

Retiens-tu les fruits si murs tant que

Frémissent les feuilles d’été, là haut

Sur un barreau élevé de l’escabeau ?

 

Jouerais-tu à la pétanque

Sur la grand place de Salamanque

Sans te soucier du petit rien

Qui m'attache comme un lien ?

 

Ou bien restes-tu en planque

Tout près, tout près de la banque

D’un minuscule bistrot ?

 

Je te cherche en vain dans les bouleaux,

Je cours là-bas jusqu’au ruisseau,

Et chute à l’ombre de quelques os

Dont le temps sécha la peau.

 

Reviens ma belle que je te vois

Souris encore et serre tes doigts

Sur les pensées que je t’envoie

Te touchant là, là dedans moi.

 

Je te sais là...ma mie...

Ne parle pas...minuit !

Présence de toi ! Te voilà !

Par topotore - Publié dans : poème
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Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 22:33

L'urgentiste très médiatique dont vous avez souvent entendu les coups de gueule, Patrick Pelloux, nous a fait l'honneur de venir au théâtre Toursky pour nous brosser son analyse de la situation actuelle de la France, et surtout de la vision qui lui est propre depuis le centre même d'une institution des plus importantes de notre république. On peut lui donner comme terme générique "la santé".

 

Un point de son observation est particulièrement sensible. Il a pointé le désintérêt croissant du système de remboursement des soins au sujet des sens que sont la vue et l'ouïe. Un pays qui n'a cure des soins qui touchent spécialement les organes des sens est un pays qui signe son déclin. Combien de nos citoyens ne soignent plus leurs yeux ? Combien ne soignent plus leurs oreilles ? Combien se ruinent aussi pour ces organes qui servent tout spécialement à la communication et à la création des liens entre les humains? Nous savons comme la privation de l'ouîe et de la vue tend à isoler chacun dans son monde et comme il est délicat de communiquer avec ceux qui souffrent de la cessité ou de la surdité.

 

Le déremboursement progressif des médicaments et des soins ainsi que la taxation des mutuelles, l'abandon rapide des subventions qui soutiennent les centres mutualistes, laissent présager d'une démolition totale de notre principe de solidarité au profit des groupes privés dont les profits ne cessent d'augmenter.

 

Notre principe de solidarité qui soutient le droit aux soins et à la retraite décente pour tous est né du Conseil National de la Résistance en 1944, conseil clandestin qui a été payé de la vie de bon nombre de résistants. Ce principe a fait la fierté de la France et fut envié par tous les pays du monde. Il suffit de cinq années de dérégulation pour anéantir tout ce beau projet sous le contrôle d'un clan de carriéristes qui n'ont qu'un soucis, celui de collaborer avec les puissances financières.

 

Nous devons rechercher toutes les solutions qui remettent l'être humain au centre des préoccupations. A quoi serviront les richesses de quelques uns qui auront fait le vide autour d'eux ? Les parrains, les voyous, les mafieux qui ne s'encombrent pas de sentiments pour s'enrichir finissent toujours par faire un tel vide autour d'eux qu'ils en meurent. L'homme est définitivement le pire des prédateurs pour l'homme. Comment recréer du lien sinon à se mobiliser dans la résistance ?

 

On peut voir que nous sommes vraiment amorphes et déjà bien conditionnés au petit confort personnel, si nous considérons la lutte des peuples arabes qui se libèrent des dictatures. Peut-être marcherons-nous dans la rue quand nous n'aurons plus rien à perdre ! Ne sera-t-il par trop tard ?

Par topotore - Publié dans : coup de gueule
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 22:25

Les affaires sont à ce jour sur le devant de la scène. Les affaires sont à l'actualité ce que sont les bonnes soupes à l'hiver. Les affaires se glissent dans l'enveloppe médiatique et comme par magie n'en ressortent que sous forme de billets dans des petites valises dont on dit que ce sont des valises de cabine. Des cabines de l'avion jusqu'aux cabinets des élus, il faut toujours une petite main qui de l'innocence du secret passe un jour aux aveux. Ah ! Le vilain ! Trahi par son ex-épouse !

 

Je me saisis des deux mots qui servent au transport. Enveloppe et valise ! Chacun évoque, outre le voyage et l'expédition, le contenu protégé et intime qu'une main aura serré bien fort. On voit toute les précautions qu'il aura fallu pour arranger les objets ou les plis, ici plutôt les billets, afin que les contenants ne laissent aucun signe extérieur qui risquerait de confondre le voyageur au sujet du contenu.

 

"Je vous ai apporté une valise".

"Le voyage s'est-il bien passé ?"

"Aucun problème ! Avec mes documents diplomatiques..."

"Personne, au moins, n'a-t-il suspecté l'objet de votre visite ?"

"Vous savez ! Quoi de plus banal qu'une valise quand on voyage !"

 

C'est justement là que se glisse le doute et les questions. Ce n'est pas à cause de la valise banale. C'est à cause du voyage. Pourquoi cet homme a-t-il voyagé de Bombay à Paris, en classe affaire ?

Tiens le mot "affaire" prend un sens plus fin, plus affuté. Du coup, la valise n'as plus la même odeur. D'ailleurs n'est-elle pas toute neuve ? A-t-il seulement des bagages accompagnés ? Sans cette précaution, il serait flagrant que c'est le voyageur qui accompagne la valise de cabine. On va l'appeller la valise de cabinet. Je parle, bien sûr, du cabinet du ministre.

 

"J'ai un plis pour vous".

"Oh ! Merci bien ! Il ne fallait pas !"

"Mais si, mais si, vous êtes bien venu pour ça ?"

"Monsieur, je suis confus !"

"Prenez, prenez, c'est entre nous !"

"Amitiés à Madame"

 

C'est là tout le problème. "C'est entre nous !" Et entre nous, la cause du peuple ne se glissait pas entre les deux complices. Elle s'était déjà glissée dans l'enveloppe. Elle s'était glissée entre les billets, lesquels l'ont étouffée sans remords. Que vaut la cause du peuple, même dans une démocratie, en fasse des collections de billets ? Tout est affaire de goût !

 

Mais là maintenant, toute affaire est de mauvais goût, et je crains que le peuple n'ait finalement compris que le clan dominant aime les affaires, non les affaires de goût, mais surtout les affaires d'égo. Mais il faut envelopper tout ça et pousser au voyage. D'où la valise ! Souhaitons que le jugement ne soit pas trop vite expédié !

Par topotore - Publié dans : coup de gueule
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Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 22:21

Mensonges et manipulations ne cessent de croître alors que tout le monde sait bien que nous sommes assomés de publicités et d'informations tronquées.

 

Les experts se battent sur des chiffres pour savoir le nombre de décès consécutifs à l'accident nucléaire de Tchernobyl. Mais les mêmes experts ne s'inquiéteraient pas des chiffres si tout ou partie de leur propre famille avait dû subir la catastrophe. Les japonais déplacés de leur habitation à Fukushima, privés de tous leurs biens, déracinés de leur terre, savent bien qu'ils ne retourneront jamais dans ces lieux dèsormais maudits,et qui resteront pollués pendant des générations. S'intéressent-ils aux chiffres ? Les experts pourront-ils les soulager de leur malheur ?

 

A Fort Calhoun, dans le Minnesota, le Missouri à bien failli inonder une centrale nucléaire, au risque de provoquer la même catastrophe qu'au Japon. Mais les médias avaient reçu la consigne sévère de ne rien publier à ce sujet. Un lien vers l'information! "http://sciences.blog.lemonde.fr/2011/06/21/inondation-autour-une-centrale-nucleaire-americaine/"

 

Ne rêvons plus. Nos gouvernements sont complètement soumis aux pouvoirs financiers. Ni la gauche, ni la droite ne peuvent lutter contre ceux qui financent leurs campagnes présidentielles. Au niveau plus modeste des médias, quel groupe se permettrait de critiquer le plus gros fournisseur de devises, par la pub ou par les publications ? Connaissez-vous un journal qui fasse un article contre Auchan ou Carrefour, contre Ikéa ou Nestlé, contre Bouygues ou Dassault ? Bon ! J'exagère ! Peut-être parce que je suis en crise !

 

Ne rêvons plus. Le prix des carburants ne baissera plus jamais. Les prix du pain et du beurre non plus !

Quelque chose va baisser pourtant, c'est le prix de la viande. En effet, le taux de radioactivité "acceptable", d'après les autorités, va augmenter jusqu'à des doses dangereuses. Elle se vendra moins bien, et les prix seront à la baisse. C'est dire que les pollueurs sont les puissants et la loi leur appartient. Du jour au lendemain, tout peut changer pour chacun de nous. Cela nous fait dire que le choix de l'énergie nucléaire est un choix suicidaire par ce qu'il va décimer les riches comme les pauvres, mais les pauvres d'abord. 

 

C'est aussi un choix politique. Pour un oui ou pour un non, les "autorités", encore elles, pourront faire évacuer un site, pourront nous astreindre à garder les fenêtres fermées en interdisant toute sortie, pourrons faire de nous des réfugiés dans les gymnases voisins, (pas toujours voisins, d'ailleurs), pourrons interdire l'école comme la procréation.....

 

Sous le prétexte de la sécurité, nous sommes à la merci de n'importe quel président. Les grandes manoeuvres ont déjà été expérimentées en Palestine. Les peuples déplacés ne gênent plus. Ils sont trop faibles pour faire la révolution. Les riches peuvent encore s'enrichir dans la quiétude !

 

Si vous aviez l'habitude de rêver, il est temps de ne plus rêver. Nous sommes en danger. La facilité c'est d'attendre et de voir venir... Mais nous n'avons que faire de la facilité. On voit bien où elle nous a  menés. Résistons à la course folle. Réinventons la démocratie, la solidarité, Imposons la gratuité des services publics, des transports et des énergies domestiques. Ou mieux encore imposons les prix libres. Chacun se prend en charge et décide pour assurer la pérénité des services de donner en son âme et conscience, en fonction de ses revenus.

Par topotore - Publié dans : coup de gueule
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 10:10

Beaucoup ne comprennent pas pourquoi l'agression sexuelle est un crime. L'agresseur, tout particulièrement, ne voit pas pourquoi il est accusé de crime. Certains témoins confirment cette incompréhension "puisqu'il n'y a pas mort d'homme". D'autres minimisent les faits par le doute mis en avant quant aux intentions des victimes. Et d'ailleurs, pourquoi parler de "victime" ? Les plaisirs sexuels feraient-ils des victimes ?

Moins grave mais tout de même quelque peu traumatisant la violation de son domicile, ou l'intrusion dans les secrets de sa propriété, ou encore l'effraction de sa ceinture de protection, pourrait aider à saisir l'importance des faits.

 

Chacun peut un jour se sentir victime d'une agression, victime d'un vol, victime d'un chantage ou d'un racket. Mais on rechigne à considérer qu'un viol ou qu'une simple agression sexuelle puisse faire une victime. Pourtant, notre corps n'est-il pas au plus près de notre intimité ? Plus encore le sont nos orifices qui servent de frontières fragiles entre l'interne et l'externe.

Il en va tout autant de la parole qui ouvre le passage entre l'être et l'autre, de cette parole singulière, propre à chacun qui donne à voir sur ses sentiments et ses impressions. Et ce n'est pas un hasard si le mot est symbole qui se déchire entre l'un qui parle et l'autre qui entend. La parole est invitation, porte ouverte sur l'intimité, ou bien refus, porte fermée à l'intru, volet clos qui dit l'indisponibilté de l'être, verrou enclenché pour la sécurité des lieux protégés, mise à distance du visiteur.

 

La parole est si importante que la défense, au procès, en fera le premier rempart à faire tomber. Même si discréditer la parole de la victime, c'est la violenter une seconde fois. La parole est si importante que les agresseurs sexuels tentent de soumettre la victime au silence. "Ceci reste entre nous". "N'en parle à personne, c'est notre secret". L'adulte fait taire l'enfant par des menaces ou des chantages. "Si tu en parles, ta mère pourrait en mourir." Ne dis jamais rien, sinon je te tue". L'agresseur ajoute donc à la violation des orifices la confiscation de la parole, l'obturation de ce passage symbolique de l'un à l'autre. Il ajoute au crime du franchissement des barrières concrètes, la destruction de l'être même, de l'être social dont le principe premier est la parole.

 

L'obturation de l'orifice, dans toute l'horreur du forcage de toute volonté et de l'intimité, se double de la fermeture de l'espace ouvert par le langage. L'événement détruit toute sociabilité. Quand il est incestueux, il rompt la distance qui sépare deux générations. Il casse les marches générationnelles de la construction sociale et familiale. L'enfant ne pourra plus jamais dire "Papa". Il ne saura pas même s'il faut dire son prénom. Et s'il arrive à parler, "il" suffira pour le désigner, comme s'il s'agissait de n'importe quel homme, de n'importe quelle génération, alors qu'"il" est bien celui qui a fait ça ! "Il" sera toujours l'événement !

 

J'ai entendu cette perception effrayante qu'une jeune femme de trente cinq ans me décrivait ! "Depuis les cuisses jusqu'au nombril, j'ai l'impression de n'être qu'un trou. Mon corps est coupé en deux. Qaund je cours, le buste suit les jambes sans même que je puisse sentir le lien entre les deux parties. C'est le vide. Et quand je touche, je n'ai qu'un mannequin froid et creux sous les doigts." (Je remarquais cette parole : "quand je touche". Toucher quelque chose !)

 

La victime le restera toute sa vie. Bien des femmes en ont témoigné. Mais l'agresseur ne comprend toujours pas pourquoi c'est un crime. Il a pourtant bien emmuré à vie un être parlant en le coinçant dans une oubliette sans paroles.

Par topotore - Publié dans : coup de gueule
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 10:00

La Charité sur Loire fermera bientôt son festival des mots sur ce choix inévitable du mot de l'année : « dégage ». Ce choix résonne en ouvrant les perspectives sur l'horizon de l'espoir, en précisant que les marches vers la liberté se confondent parfois aux points de fuite dont se sert l'architecte pour croquer un avenir urbain, un vivre ensemble.

 

Peu de liens entre le coup magique du crayon, dont la trace anime le papier, et le coup tragique du canon, dont la marque trahit toute l'horreur de l'ordre maintenu. Peu de liens, si ce n'est l'événement historique d'une ouverture, l'événement historique d'un dégagement vers autre chose. Comme l'architecte brosse un projet et dégage les allées sur un nouveau lieu de vie, le peuple créateur s'ouvre une fenêtre sur la liberté par cette injonction à l'adresse du dictateur : « dégage ».

Chacun peut entendre là son propre souffle. Il enfle et se dégage après le douloureux encombrement de ses bronches. Chacun peut entendre ici la clef tourner dans la serrure des entraves qui empèchaient sa marche.

On reprend son souffle. On reprend sa marche. On se sent libre !

 

La liberté, oui ! Mais aussi la mise à mort, l'ordre donné pour mettre fin aux souffrances ! Le prix qu'il faut payer pour se libérer de ses gages, pour se dégager de ses dettes.Il faudra payer. Et certains ont déjà payé de leur vie !

 

Dans le mot même, « dégage », il y a la chasse et la casse. Chasse à l'homme, prédateur immoral, et casse des contrats, casse des tirelires, casse de la structure financière de la société. Là, par contre, c'est une atteinte morale aux habitudes,  une déconstruction de ce qui soude la société marchande, une remise en cause de ses principes mêmes.

 

D'un trait tout est barré, mais par quels traits construire le nouvel horizon ?

La perspective du dessin s'appuie sur le point de fuite. Il en sera question tout autant dans la perspective des peuples à maîtriser leurs desseins. Souhaitons que nul ne tente de fuir devant ces bouleversements.

 

Nous serons plus précis je l'espère en 2012 en criant non pas « dégage » mais « casse-toi ... » quand bien même ce ne serait pas moral !

Par topotore - Publié dans : lettre
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Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 23:30

Arrêt sur image !

Il nous explique, l'historien, Emmanuel Todd, que les deux prérogatives majeures du Président de la République française sont :

1) Le droit de "démissionner" le premier ministre;

2) Le maintien et le contrôle de l'orientation de la France en matière de politique internationale.

 

Il est évident que tout récemment, le premier ministre a été imposé au Président de la République.Sacré François !

Il est évident aussi que notre ministre des Affaires étrangères ne laissera pas la main sur le sujet et gardera ses atouts.

 

Nous pouvons en conclure que le pouvoir a changé de main. L'acclamation de Monsieur Zémour devant le parterre des membres de l'UMP manifeste une dérive dangereuse, très dangereuse, sur une pente de plus en plus fascisante que le Président ne peut plus contrôler.

 

La question qu'il est possible de se poser : comment Nicolas devra-t-il pactiser avec cette droite putride pour s'accrocher aux wagons s'il veut toujours rester au poste de chef de train ?

 

Quant à ce professeur, expert en politique extérieure, nul ne peut nier qu'il a quelques comptes à règler avec son patron et qu'il ne lui fera sûrement pas de cadeaux. Ce que j'en conclue : c'est que malgré tout ce que peut imaginer le Président sortant, et malgré l'énergie qu'il n'économisera pas, il ne sera pas visible dans un second mandat.

 

Il a déjà perdu le pouvoir ! Good by , Monsieur le Président !

Par topotore - Publié dans : topologique
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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 14:00

Aucune organisation sociale n'accepte de se transformer sans la pression de la rue. Nous le voyons en ce moment même dans les pays du nord de l'Afrique. Aucun pouvoir ne lâchera ses privilèges sans que le rapport des forces ne s'inverse.

 

C'est le moment privilégié où certaines vérités se déversent dans les esprits, où l'intérieur des gants de l'autorité se montre parce que les gorges serrées osent hurler la souffrance et l'injustice que les mains de fer tiennent prisonnières.

Nous assistons à un retournement de situation, et si les gestes manipulateurs des mains gantées tennaient en respect les sujets administrés, c'est maintenant l'inverse qui se produit, et le peuple tient en respect ces mains qui ont tant volé, ces mains qui ont tant humilié, ces mains qui ont tant trahi, gantées des apparences de la justice et de l'équité, quitte à couper s'il le faut ces mains maculées de sang.

 

Mais pour cela, il a fallu arracher les gants en les retournant pour que le sang apparaisse au grand jour. Et le pouvoir a montré, il montrera encore maintes et maintes fois que l'opération ne lui convient pas. Avant de lâcher quoi que ce soit, il cherchera par tous les moyens à garder ses poings serrés même s'il faut mettre le pays à feu et à sang. Il préfèrera pratiquer la "politique de la terre brûlée" plutôt que d'accepter sa déchéance.

Tant qu'il sera ganté, c'est à dire reconnu dans sa majesté, adoubé par des complices bien arrosés de nombreux avantages et de grands privilèges, corrompus par les cadeaux et les carrières honorifiques, mais engagés aussi par ces mêmes opérations dans la caste des privilégiés qui se soutiennent du secret et sont garants de la langue de bois, tant qu'on ne lui aura pas arraché ces gants jusqu'à mettre au grand jour ses exactions et ses méthodes criminelles ou mafieuses, il règnera, tenant avec respect le sceptre de l'honnêteté.

 

Sans détour, parler de" l'élite dirigeante" ne permet pas de modifier le rapport de forces. Ce n'est plus une élite. Ils ne sont plus des hommes politiques. Elles ne sont plus des femmes politiques. Les enjeux de l'accumulation des richesses ont eu raison de leur dignité. Ils ne méritent plus d'être respectés comme une élite.

Nommer ainsi des voyous qui se gantent d'éthique et de droiture, c'est leur reconnaître une supériorité qui n'est pas. Seul une grande absence les distingue du commun des hommes, c'est l'absence de moralité. Bien souvent d'ailleurs, cette absence s'accompagne d'un manque de décence dont le peuple devrait avoir honte.

 

La "caste" qui domine ne soutient sa force que du sang versé par les innocents sous le fracas maléfique de leur armement. Elle ne survit que par la force des liens soudés autour des secrets les plus monstrueux qu'ils entretiennent précisément pour garantir leur pérennité. Elle ne survit que par le détournement des richesses communes, détournements déguisés des gants de la "bonne gouvernance", cachés dans les comptes occultes et les cavernes paradisiaques. Elle ne survit que par l'instrumentalisation des besoins élémentaires du vivant, l'eau, l'énergie, les déplacements, les transports, et bientôt l'air, comme on l'a vu au Japon qui vend l'oxygène par les bornes à pièces de monnaie. Elle ira jusqu'à privatiser le vivant, en imposant des brevets sur le germe de la semence, sur le génome de la cellule.

 

Nous acceptons et nous accepterons toutes les perversions jusqu'à ce moment dramatique où nous n'aurons plus rien à perdre, jusqu'à ce temps privilégié qui nous rassemblera dans la rue, désoeuvrés au point de ne penser à rien d'autre que d'arracher les gants des nantis pour nous sentir exister.

La vie est violente. La vue est courte. Les gants se retourneront. Un jour !

 

Par topotore - Publié dans : topologique
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Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 08:29

Retenir le temps, voici la tâche ardue qui tient le commun.

 

Il me revient alors cette image de mon grand-père, enfilant péniblement des chaussettes. "Tout acte et toute entreprise prennent de plus en plus de temps au fur et à mesure que les années passent !" Me disait-il lentement !

 

Je me souviens des moments de jeu ou de passion qui poussaient l'enfant à rechinier au changement et râler contre les contraintes. Le temps, déjà, en était une, et non des moindres. Mais l'homme mûre n'a-t-il plus le temps qu'il s'efforce de le retenir sans cesse, qui plus est, en vain ?

 

Il me semble avoir toujours voulu rester jeune, mais les articulations et les muscles ne suivent pas. Que faire de cette distance entre cet esprit sans âge et cette peau raidie ?

 

Pourquoi retenir le temps ? Et, serait-il même possible de prendre son temps pour le retenir ? Si je prends le temps, ne risque-t-il pas de me manquer ? A quoi bon se dire qu'enfin on a tout son temps puisqu'alors il s'échappe et finalement se perd ! Combien de temps ne sont-ils pas déjà perdus ? Le temps de la jeunesse où les corps pourraient s'ébattre dans leur fougueuse ardeur, bondir de découvertes en découvertes, d'amours en amours ! Le temps de l'été qui s'alanguit aux rayons ultra-violets ! Le temps de décider, de choisir, de lire, de prier, le temps de courir, de courtiser, d'aimer, de palabrer !

Combien de temps se perdent à n'être estimés que comme perte de temps ?

 

"Aller ! Dépèche-toi ! Il faut te presser ! Le temps presse !"

 

Je m'arrête là ! Je n'ai déjà plus le temps de continuer !

Par topotore - Publié dans : Errances ou vagabondages
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Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 08:03

"L'arabe est mort !"

 

En gros titre sur la Une de Valras Matin, le plus petit tirage de France. Le seul à survivre à la messagerie électronique imposée dans toute la région !


Chacun pourtant connait l'Arabe.Il restait souvent, le soir, parmi les vendangeurs saisonniers, pour leur courte veillée rituelle de fin de journée. Le jour, dans sa djellaba d'un blanc étincelant, il portait aux travailleurs le thé à la menthe, ventait ses mérites et racontait quelques anecdotes de son pays. Celles dont il se souvenait encore ! Il encourageait ainsi les plus fatigués.

 

Son nom ? "L'arabe !" Sa maison ? "La maison de l'arabe !" Celle qui est tout au bout de l'impasse qui descend derrière l'église en direction des vignes. Personne ne se risque à la visiter de peur se le surprendre dans ses ablutions, cinq fois par jour, avant la prière. Derrière le petit rideau de verdure que formait la treille devant sa terrasse, juste assez large pour la table bricolée avec des planches de palettes, il disposait une ancienne cuvette émaillée pour y verser l'eau tiédie sur le feu.

 

Son sourire avait tous les jours ce parfum de bonne humeur qui restait jusqu'au soir. Ne pas le rencontrer pourtant n'avait d'importance qu'après coup, à égrainer les quelques conflits de la journée. On pensait alors : "Tiens ! Je n'ai pas eu le sourire de l'arabe, aujourd'hui !"

 

Mais ce matin là, tout le village s'affairait à réparer les dégats ! Des pluies dilluviennes avaient engrossé la Mireille, et de se répendre à chacune des faiblesses de ses rives, elle avait inondé jusqu'au plus haut du parvis de Notre Dame des Eaux.

 

Formidable pour la vie, l'eau est aussi effrayante dans sa fureur. La Mirèle, comme disait l'arabe, avait tout emporté, sa cabane en premier. A trois kilomètres, au bout des vignes, dans un buisson d'aubépines, la djellaba séchait, toute rougie de l'argile où il était retourné. Mais son sourire est resté.

 

Sur la Une, on aurait pu lire : "Il est parti, mais il nous a laissé son sourire !"

 

Quelque part en banlieue, on se recueille pour l'enfant de la cité !

 

Par topotore - Publié dans : nouvelle
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